(Corsicainfurmazione.org, Unità Naziunale, Publié le 16 avril 2026) Face à l’urgence et à l’injustice, le STC Éducation hausse le ton. Derrière le débat technique sur la contractualisation de Scola Corsa, c’est en réalité une bataille politique et culturelle majeure qui se joue : celle de la reconnaissance pleine et entière de l’enseignement immersif en langue corse.
Maintenus dans une précarité juridique jugée « insupportable », enseignants, élèves et familles subissent les conséquences directes d’un blocage étatique dénoncé comme idéologique. Pour le syndicat, il n’est plus question de survivre : il s’agit désormais d’imposer une reconnaissance concrète, par la généralisation des contrats et la sécurisation du cadre légal.
Au-delà des écoles, c’est toute une vision de la société qui est défendue : une Corse ouverte, plurilingue, ancrée dans son identité mais tournée vers le monde. Face à ce qu’il qualifie d’« hypocrisie institutionnelle », le STC Éducation affirme sa détermination : faire de Scola Corsa un véritable service public reconnu, et non une exception tolérée.
Jean Rossi
Lors d’une conférence de presse volontairement combative, le STC Éducation a remis sur la table la question cruciale de l’enseignement immersif en langue corse, en exigeant un changement immédiat de cap de la part de l’État.
« Scola Corsa : la riposte s’organise face au mépris de l’État » – Revue de presse.
Dans une déclaration liminaire au CSA du 7 avril 2026, le STC Éducation défend fermement Scola Corsa, dénonçant les attaques idéologiques dont elle fait l’objet et réaffirmant la légitimité de son modèle immersif, présenté comme un vecteur d’excellence bilingue et d’ouverture.
« Scola Corsa en danger : l’État doit enfin assumer ses responsabilités »
Le texte de la conférence de presse de Mardi : Pour une contractualisation généralisée de Scola Corsa
Plaidoyer pour le devenir de Scola Corsa : de la précarité à la reconnaissance
Nous nous exprimons aujourd’hui au cœur d’un moment charnière : celui des négociations pour la contractualisation généralisée des postes de Scola Corsa. Face aux outrances et au mépris affichés par l’ancien ministre de l’Éducation Nationale Jean-Michel Blanquer, le STC Education oppose une solidarité indéfectible. Nous ne nous bornerons plus à défendre l’existence de Scola Corsa ; nous exigeons désormais les moyens nécessaires à la plénitude de sa mission.
Un modèle d’harmonie, loin des chimères de l’exclusion
Depuis son éveil, Scola Corsa ne se construit contre personne. Elle naît d’une urgence culturelle et d’une aspiration citoyenne profonde. Prétendre que son action tend vers un monolinguisme d’exclusion relève de l’imposture. Bien au contraire, Scola Corsa forge les citoyens de demain : des esprits ouverts à l’altérité, parés d’une complémentarité linguistique exemplaire.
L’excellence pédagogique pour seul étendard
Le réseau immersif associatif n’est pas un substitut de second rang. C’est un modèle de réussite dont l’efficacité a été éprouvée durant un demi-siècle au sein du réseau Eskolim. De la Bretagne aux terres alsaciennes, du Pays Basque à l’Occitanie, du pays catalan à la Corse, les fruits de cet enseignement sont admirables : ces élèves plurilingues obtiennent des résultats excellents, se hissant régulièrement parmi les plus brillants bacheliers de l’Hexagone.
Soutenir que l’immersion menace la langue de la République est une contre-vérité idéologique. L’enseignement immersif ne fragilise rien ; il édifie des ponts et transforme la maîtrise des langues en une force vive dans un monde globalisé.
Sous le joug de l’hypocrisie institutionnelle
Pourtant, malgré cette excellence manifeste et la validation de ses deux premières classes cette année par l’État, Scola Corsa demeure entravée dans une précarité juridique insupportable. Les résonances de la décision du Conseil Constitutionnel du 21 mai 2021 maintiennent nos établissements dans une insécurité qui menace leur survie même.
En ciblant ces premières contractualisations, l’ancien ministre a tenté de briser l’élan d’une reconnaissance globale. S’attaquer à Scola Corsa, c’est outrager l’ensemble du réseau Eskolim et, par extension, s’en prendre à un patrimoine reconnu par l’UNESCO comme une richesse de l’Humanité. Nous ne saurions tolérer cette posture qui ne consent qu’à un enseignement « au rabais », condamnant les élèves à n’être que des locuteurs de façade. Agiter le spectre de la loi contre le séparatisme pour museler l’immersion linguistique est un procédé indigne.
La contractualisation : une exigence de justice
L’excellence ne peut fleurir sur le terreau de l’incertitude. Notre revendication est centrale, ferme et non négociable : la généralisation de la prise en charge contractuelle de tous les enseignants de Scola Corsa.
Alors que onze postes attendent encore leur pérennisation, cette contractualisation apparaît comme l’unique rempart capable de garantir la stabilité des équipes et la pérennité de cette offre éducative. Nous refusons que les familles et les maîtres vivent plus longtemps sous l’épée de Damoclès d’un vide juridique. Contractualiser, c’est enfin reconnaître que Scola Corsa remplit une véritable mission de service public.
Nos Exigences
- Le dénouement immédiat des négociations pour l’intégration de l’ensemble du corps enseignant (11 postes restants) sous statut de contrat d’association.
- La sécurisation définitive du cadre juridique de l’enseignement immersif, afin de lever l’hypothèque qui pèse sur nos écoles, qu’elles soient associatives ou publiques.
- Le respect sacré du patrimoine linguistique en France, tel que sanctuarisé par l’article 75-1 de la Constitution. Celui-ci doit cesser d’être une pétition de principe pour devenir une réalité budgétaire et administrative.
L’opinion publique qui s’est exprimée suite au post dévastateur de Jean-Michel Blanquer nous soutient, les textes internationaux nous protègent — fussent-ils ignorés — et la détermination du STC Education demeure totale. S’attaquer à un maillon d’Eskolim, c’est s’attaquer à l’édifice tout entier. Il est temps d’ancrer Scola Corsa dans le paysage corse par des actes concrets.
Le STC Education a demandé une audience auprès du Premier Ministre Sébastien Lecornu ainsi que du Ministre de l’Éducation Nationale Edouard Geffray car la voix syndicale de la langue doit être entendue.
Le STC Education première organisation syndicale de l’Académie de Corse pèsera de tout son poids pour faire aboutir la contractualisation généralisée pour Scola Corsa.
Jean-Pierre Luciani
Secrétaire National du STC Education

