(Corsicainfurmazione.org, Unità Naziunale, Publié le 16 avril 2026) À Bruxelles, l’avenir de la Corse se joue dès maintenant. Alors que l’Union européenne redéfinit ses priorités budgétaires pour l’après-2027, la Collectivité de Corse engage un véritable bras de fer politique pour faire reconnaître une réalité trop longtemps ignorée : l’insularité.
Derrière les négociations techniques, ce sont des enjeux concrets pour les Corses — coût de la vie, transports, agriculture, logement, pouvoir d’achat — qui sont directement menacés. Dans un contexte de recentralisation inquiétante au profit des États, la Corse refuse d’être reléguée au second plan et entend imposer sa voix. Ce combat européen dépasse les seuls financements : il s’inscrit pleinement dans une ambition politique plus large, celle d’une autonomie capable de garantir des décisions prises ici, pour et par le peuple corse.
Antoine Poli
Le communiqué de la Présidence de l’Assemblée de Corse : In Bruxelles, a Presidente di l’Assemblea di Corsica s’impegna per fà ricunnosce l’isulanità è difende l’interessi di a Corsica.
Alors que l’Union européenne prépare son futur budget pour la période 2028–2034, une bataille décisive est en cours à Bruxelles. Une bataille qui aura des conséquences directes sur la vie quotidienne des Corses et des territoires pour les années à venir.
Dans ce contexte, la Présidente de l’Assemblée de Corse, Marie-Antoinette Maupertuis, présidente de la Commission des îles de la CRPM et membre du Comité européen des régions, est pleinement mobilisée, dans le cadre de ses mandats européens, pour faire entendre la voix de la Corse et défendre les intérêts de l’île au plus haut niveau. Pour rappel, la Corse ne dispose plus de député européen dans la mandature actuelle.
Dans un contexte de redéfinition des priorités stratégiques et des nouvelles politiques de l’Union européenne post-2027, c’est en étroite collaboration avec le Conseil exécutif de Corse et les services de la Collectivité de Corse que la Présidente poursuit le travail de défense des intérêts insulaires sur la scène européenne.
Face aux propositions actuelles de la Commission européenne qui font peser un risque réel, notamment sur la politique de cohésion et sur la politique agricole commune post-2027, la Collectivité de Corse est donc mobilisée. Une stratégie complète a été mise en place : élaboration d’une ligne de négociation claire pour défendre les intérêts du territoire, rédaction d’amendements tant politiques que techniques aux nouveaux règlements européens, transmission de ces propositions aux groupes politiques du Parlement européen, échanges directs avec la Commission européenne et les représentants des États membres, contribution à l’appel à consultation pour la future stratégie des îles et défense du positionnement de la Corse dans l’espace méditerranéen, notamment dans le futur Pacte pour la Méditerranée.
L’objectif est clair : peser réellement sur les processus décisionnels en cours et ne pas subir des choix faits sans les territoires.
Vivre sur une île n’est pas vivre sur le continent. La Corse fait face à des contraintes permanentes telles que des surcoûts plus élevés pour les entreprises et les ménages, une dépendance aux transports et aux importations, un marché intérieur plus restreint, des difficultés d’accès aux marchés extérieurs, une forte saisonnalité touristique et un accès difficile au logement. Pourtant, ces réalités restent encore insuffisamment prises en compte dans les politiques européennes.
Le combat central consiste à faire reconnaître pleinement l’insularité. La priorité portée par la Présidente est d’obtenir une prise en compte effective de cette réalité dans toutes les politiques européennes. Concrètement, cela implique l’instauration d’une véritable clause d’insularité dans les textes européens, l’adaptation des critères de financement, des règles plus souples et équitables, ainsi qu’une prise en compte durable des enjeux de transport, d’énergie, de continuité territoriale, mais aussi des spécificités de l’agriculture et de la pêche.
Derrière ces négociations, ce sont des réalités très concrètes qui sont en jeu pour les Corses : le coût des transports, le maintien d’une agriculture et d’une pêche durables, les capacités d’investissement des collectivités locales, l’emploi, le logement, le pouvoir d’achat et la transition énergétique dans un territoire isolé. Autant de sujets qui nécessitent des réponses adaptées à la réalité insulaire.
Les propositions actuelles de l’Union européenne font également peser un risque de recentralisation des décisions au sein des États membres, avec une perte de pouvoir pour les régions. La Corse refuse cette évolution. La Présidente défend une ligne claire : maintenir un rôle fort de la Collectivité de Corse dans la gestion des fonds, garantir des décisions prises au plus près du terrain et préserver la capacité de l’île à définir ses priorités.
Le travail mené aujourd’hui à Bruxelles s’inscrit dans une dynamique politique plus large, en lien avec la demande d’un statut d’autonomie dont bénéficient déjà de nombreuses régions européennes, notamment insulaires. Faire reconnaître l’insularité, adapter les politiques européennes et renforcer la capacité de décision des territoires constituent des leviers concrets pour renforcer ce projet.
À travers cette mobilisation, la Présidente de l’Assemblée de Corse agit directement auprès des institutions européennes, travaille avec les autres territoires insulaires et méditerranéens et construit des alliances pour faire avancer des propositions concrètes. L’ambition est claire : faire en sorte que la Corse soit traitée équitablement dans le futur cadre financier pluriannuel 2027–2033 et puisse décider de ses propres priorités stratégiques.
A Corsica vole cuntinuà à cresce è svilupassi incù l’Auropa.
Présidente de l’Assemblée de Corse, Marie-Antoinette Maupertuis.

