(Corsicainfurmazione.org, Unità Naziunale, Publié le 14 avril 2026) Lors d’une conférence de presse volontairement combative, le STC Éducation a remis sur la table la question cruciale de l’enseignement immersif en langue corse, en exigeant un changement immédiat de cap de la part de l’État. Au centre de cette prise de parole : la généralisation de la contractualisation de Scola Corsa, présentée comme une urgence politique et éducative.
Le syndicat met en avant un paradoxe qu’il juge inacceptable. D’un côté, Scola Corsa porte un projet structurant pour la société corse, avec un enseignement gratuit visant un bilinguisme réel et maîtrisé. De l’autre, ce modèle reste maintenu à la marge, faute de reconnaissance pleine et entière : quelques écoles seulement, une part infime des élèves concernés, et surtout une contractualisation encore très partielle. Pour le STC, cette situation traduit un manque de volonté politique clair. Dans un climat institutionnel tendu, notamment marqué par les tensions entre l’État et la Collectivité de Corse, le syndicat affirme néanmoins que des marges de discussion existent avec le rectorat. Il appelle donc à ouvrir sans délai de véritables négociations, avec des objectifs précis : sécuriser juridiquement l’enseignement immersif et obtenir les moyens humains nécessaires à son développement, à commencer par la création de nouveaux postes.
Mais au-delà du seul cas corse, le STC Éducation inscrit son combat dans une réalité plus large. Partout sur le territoire, des réseaux immersifs se structurent et scolarisent déjà des milliers d’élèves. Pourtant, ces initiatives restent régulièrement contestées au plus haut niveau de l’État. Le syndicat dénonce ainsi des positions politiques hostiles, perçues comme des tentatives de freiner, voire d’étouffer, ces dynamiques linguistiques. En réponse, le STC Éducation assume une posture offensive : faire de Scola Corsa un pilier reconnu du système éducatif, et non plus une expérience tolérée. Pour ses représentants, il ne s’agit pas seulement d’enseignement, mais d’un enjeu fondamental de transmission culturelle et de survie linguistique. Sans engagement concret de l’État, préviennent-ils, c’est tout un modèle d’avenir pour la Corse qui risque de rester entravé.
Dans une déclaration liminaire au CSA du 7 avril 2026, le STC Éducation défend fermement Scola Corsa, dénonçant les attaques idéologiques dont elle fait l’objet et réaffirmant la légitimité de son modèle immersif, présenté comme un vecteur d’excellence bilingue et d’ouverture. Le syndicat met en avant les résultats probants du réseau Eskolim et rejette toute accusation de menace envers la langue française. Il souligne surtout la précarité juridique persistante depuis la décision du Conseil constitutionnel de 2021 et exige une réponse claire de l’État. Au cœur de ses revendications : la généralisation de la contractualisation des enseignants, considérée comme indispensable pour garantir la stabilité, la reconnaissance de la mission de service public et la pérennité de Scola Corsa dans le paysage éducatif corse.
Jean Rossi
« Scola Corsa en danger : l’État doit enfin assumer ses responsabilités »
(Corse Matin) (Rcfm) (Corse Net Infos) (France 3 Corse)

