(Corsicainfurmazione.org, Unità Naziunale, Publié le 15 avril 2026) À Aiacciu, la polémique enfle autour des choix budgétaires de la majorité municipale. Entre hausse brutale de la taxe foncière (+19 %), suppression du carnaval et finances dans le rouge, le collectif Stintu Aiaccinu dénonce une gestion qu’il juge incohérente, tardive et injuste pour les habitants.
Selon eux, les Ajacciens sont aujourd’hui appelés à payer les conséquences directes de décisions politiques accumulées depuis plus d’une décennie, sans amélioration visible des services publics. L’annulation du carnaval, symbole populaire et fédérateur, cristallise cette rupture entre priorités budgétaires et attentes de la population.
Le collectif fustige également une forme de « tromperie politique », accusant la majorité d’avoir dissimulé la réalité financière avant les élections. Face à cette situation, il défend une autre voie : assainir les comptes sans pression fiscale supplémentaire, restaurer la sincérité budgétaire et protéger le pouvoir d’achat des Ajacciens.
Pour Stintu Aiaccinu, une chose est claire : les Ajacciens méritent mieux qu’une facture politique et financière qu’ils n’ont pas choisie.
Scrianzatu
Le communiqué avec prière d’insérer : Hausse de la taxe foncière de 19%, carnaval annulé, budgets dans le rouge : la majorité municipale, face à l’équation insoluble de l’héritage de sa propre gestion calamiteuse lors des précédentes mandatures, condamne les Ajacciens à payer les droits de succession.
Dès le lendemain de leur réélection, les élus de la majorité sortent de leurs manches deux annonces lourdes : une hausse de 19% de la taxe foncière pour chaque propriétaire et l’annulation du carnaval, événement populaire attendu par toutes les familles ajacciennes, supprimé au nom de la « rigueur budgétaire ».
La justification officielle ? « Faire preuve de sérieux budgétaire, redresser la barre assez vite ».
Si la situation était si grave, pourquoi ne l’évoquer qu’après l’élection et non lors de la campagne comme le fait si bien Edouard PHILIPPE dans sa course à la présidentielle 2027 ?
Après 12 ans d’exercice des responsabilités, la situation budgétaire actuelle ne peut être raisonnablement placée sous le joug de la découverte. Des élus responsables ont pour mission d’administrer correctement l’institution qui leur est confiée. S’ils échouent dans cette tâche, ils doivent l’assumer, à minima le reconnaître.
Alors que tout allait pour le mieux et que l’on nous présentait, sur des fascicules distribués massivement ainsi que dans les réunions publiques, un bilan de mandature flatteur, augmenter les impôts et supprimer la fête des familles le lendemain d’une réélection relève de la tromperie organisée. D’autant que l’ampleur du sinistre était visible année après année, à chaque présentation budgétaire.
On peut entendre que la gestion du denier public, dans le contexte actuel et des dernières années, devient toujours plus complexe. Raréfaction des ressources, dépenses subies par des décisions extérieures, poids de la dette… L’Etat français traverse une crise importante, la Collectivité de Corse fonce dans un mur, les institutions ajacciennes ne font pas exception. L’essentiel étant de prendre en compte la problématique et d’y répondre plutôt que de rester dans le déni jusqu’à atteindre le point de non-retour.
En 2023, la Chambre Régionale des Comptes, dans son rapport relatif à la gestion financière de la commune sur les exercices 2017 à 2021, ne condamnait pas Aiacciu mais alertait fortement, qualifiant la situation de préoccupante, et émettant des recommandations sur plusieurs points. La majorité sortante n’a pas su réagir correctement. Bien que reconnaissant, au moins partiellement, les constats, aucune suite concrète n’a été apportée.
Aujourd’hui, le contribuable est appelé à la rescousse pour éponger les errements politiques et financiers des dernières années. Tout ceci, malheureusement, sans voir augmenter la qualité des services publics qui lui sont proposés.
Pire encore, cela se dégrade. Nous ne partageons pas le sens des priorités proposé par la majorité municipale. Le carnaval en est un indicateur. L’annulation de cet événement populaire relancé depuis une dizaine d’années, attendu chaque année par les familles et les enfants cristallise la brutalité de la méthode et du sens des priorités. Cette charge, à hauteur de 180000 euros, est effacée alors qu’elle représente moins que le coût annuel, à hauteur de 297768 euros et pointé par la CRC, de non-conformité au temps de travail légal. Avec elle, une journée de partage et de joie pour nos enfants s’envole également.
Les Ajacciens méritent mieux que ça !
De notre côté, le programme que nous avons présenté faisant foi, nous avons étudié les documents budgétaires de la ville. Nous savions que la tâche ne serait pas aisée pour assainir la situation. Nous avons travaillé et émis des propositions concrètes là où d’aucuns se contentent du constat et de la critique sans lendemain.
Dans les grandes lignes, notre approche s’articule autour de plusieurs éléments, développés plus précisément dans le programme que nous tenons toujours à disposition des Ajacciens :
- Assainir les comptes sans matraquage fiscal
- Maîtriser la masse salariale avec méthode, pas brutalité
- Générer de nouvelles recettes sans taxer les familles
- Rétablir la sincérité budgétaire
Gouverner, c’est prévoir. Obtenir la confiance des citoyens, c’est travailler pour défendre leurs intérêts et trouver des solutions adaptées.
Stintu Aiaccinu

