Je sais, je reprends le titre de l’article sur Furiani, mais Furiani, je l’ai vécu avec toi et avec tous les autres.
Et puis, l’avantage de gérer ce site, c’est que je fais ce que je veux ; l’indépendance commence dans la vie de tous les jours.
Depuis cette nuit, je vois sur les réseaux sociaux les hommages que te rendent les personnes qui t’ont aimé, connu, apprécié. Un simple partage d’un article, d’un hommage, un « j’aime »… C’est aujourd’hui la façon la plus rapide et la plus simple de marquer notre tristesse.
Et ce soir, en toute discrétion, nous irons boire un coup dans ce bar qui, lui aussi, a cinq ans d’existence : U Di’Vinu, lieu de vie nustrale, sulinzarincu, qui est une partie de toi, une partie de nous. Là où tu nous as accompagnés pendant 5 ans à travers ton portrait, à chacune de nos soirées, à chacune de nos discussions politiques, de nos débats sur les sulinzarinchi, les Corses, la façon de définir l’amitié, ses niveaux, et surtout le casgiu merzu…
Tout a changé il y a cinq ans dans nos vies, pour moi comme pour les autres. Tout va changer cette année aussi.
Même en politique, en lien avec ton métier de pompier, les hommages continuent sur la toile. Et c’est marqué dans le marbre (façon de parler).
Sris Stc · YANN PINI 5 anni dighjà. U 29 di ghjugnu 2021 si n’andava u nostru amicu è delegatu spinghjifocu di u STC. Ùn ci scurdemu di u militante sinceru, di a so lota suciale è naziunale, di ciò ch’ellu riprisentava per noi. Yann, per sempre à fianc’à noi.

À tè, Yannucciu, I cinque Anni, Ò Conù
Il y a des personnes dont on pourrait raconter la vie à travers des dates, des fonctions, des engagements. Ce que je fais régulièrement sur ce site, dans les hommages à nos « frères de lutte ».
Et puis il y a celles qu’on raconte à travers les souvenirs, les éclats de rire, les discussions qui n’en finissent pas, les moments traversés ensemble. Tu fais partie de celles-là.
Je te connaissais depuis les années 80. Tu étais plus jeune que moi de quelques années, mais je t’ai toujours regardé comme un aîné. Peut-être parce que tu avais cette façon d’être entier, de t’engager sans compter, de ne jamais faire semblant. Tu avais des convictions, du caractère, parfois un peu trop, mais toujours de la sincérité.
Nous avons partagé beaucoup de choses : les pompiers, la politique, Furiani, les longues discussions jusqu’au bout de la nuit, les désaccords aussi. Nous avons connu les mêmes enthousiasmes, les mêmes colères, les mêmes drames, les mêmes situations tendues en politique, les mêmes espoirs et parfois les mêmes désillusions. Et malgré les années, malgré les chemins qui prennent parfois des directions différentes, il y avait toujours ce lien.
Tu étais un homme de fidélité. Fidèle à tes amis, fidèle à ta famille, fidèle à tes idées et surtout fidèle à toi-même. Tu n’avais pas besoin de grands discours pour montrer ton attachement aux autres. Tu étais là quand il le fallait, simplement.
Tu faisais le salvaticu, tu donnais parfois l’impression de te tenir un peu à distance, mais ceux qui te connaissaient savaient qu’il y avait derrière cela une immense générosité et une vraie sensibilité. Les gens t’aimaient parce qu’ils savaient qu’ils pouvaient compter sur toi.
Toute ta vie, tu as été au service des autres. Ce n’était pas une posture. C’était ta nature. Aider, défendre, protéger, transmettre… tu l’as fait dans tous les domaines de ta vie, souvent discrètement, sans rien attendre en retour.
Je pourrais raconter des dizaines d’anecdotes. Les soirées au Bar Jean, les déplacements, les mobilisations, les années 90, les moments d’amicizie, de scimie, les fous rires, les discussions sérieuses et celles qui l’étaient beaucoup moins. Je pourrais écrire pendant des heures sur ces années que nous avons traversées ensemble.
Tu m’as ouvert les yeux sur la situation politique actuelle, bien avant qu’elle n’arrive.
Mais au fond, ce que je retiens de toi est beaucoup plus simple.
Tu étais un homme vrai.
Et dans un monde où l’on rencontre tant de gens de passage, tant de masques et tant de faux-semblants, de farzi, de mezi mezi, pour ne pas dire des merzi merzi, avoir croisé un homme sincère comme toi est une chance.
Tu manques à beaucoup de monde, Yannucciu.
À tes proches, à tes amis, à tous ceux qui ont partagé un morceau de leur vie avec toi.
Et tu me manques aussi. Ce soir au Di’Vinu, c’est planteurs, frites et charcuteries, seuls les présents comprendront.
Parce qu’au-delà des engagements, des combats et des souvenirs, j’ai simplement perdu mon meilleur ami. (bon il me reste des amis d’enfances, qui ne comprennent toujours pas la sémantique)
Anthony Simonpoli

Si n’hè andatu Yann Pini, omu di bè è di stintu corsu – #Corse
