« Le mouvement NAZIONE réaffirme ses objectifs lors de son assemblée générale »

(Corsicainfurmazione.org, Unità Naziunale, Publié le 14 juin 2026) Le mouvement nationaliste corse NAZIONE tienait ce dimanche une assemblée générale à Corte.

À cette occasion, l’organisation a réaffirmé sa ligne politique et sa stratégie, qu’elle présente comme un moyen de renforcer son combat en faveur de la libération nationale corse.

Plus d’une centaine de personnes étaient présentes dans l’amphithéâtre

Dans son appel à la mobilisation, le mouvement insiste sur la nécessité de maintenir ses objectifs politiques et sa solidarité face à ce qu’il qualifie de colonialisme français. NAZIONE invitait ses militants, sympathisants et toutes les personnes se reconnaissant dans la lutte nationale corse à participer à ce rendez-vous, placé sous le mot d’ordre de la résistance.

Un nouvel executif a été élu avec la composition suivante : 

  • Thierry Casolasco
  • Éric Simoni
  • Paul-Antoine Susini
  • Petr’Antone Tomasi
  • Alain Simoni
  • Ghjiseppu Verdi
  • Jean-Noël Frediani
  • Louis Martinetti
  • Charles Finidori
  • Jean-Daniel Cortopassi
  • Dr Fanfan Benedetti
  • Jean-Guy Talamoni
  • Anto Simoni
  • Manu Peru
  • Christophe Ceccaldi
  • Élodie Pieri
  • Alexandra Casamarta
  • Mathieu Pinzuti
  • Pierre-Paul Chiarasini
  • Saveriu Mortini
  • Jean-Yves Leandri
  • Mario Annoot

POUR UNE CLARIFICATION POLITIQUE
DU COMBAT NATIONAL CORSE – 14.06.2026

Le mouvement national corse traverse aujourd’hui une phase déterminante de son histoire politique.

À l’heure où se multiplient les discussions institutionnelles et constitutionnelles, il apparaît indispensable de réaffirmer avec clarté les fondements historiques, politiques et idéologiques de notre combat national.

Contexte politique

Notre engagement s’inscrit dans la continuité de la lutte de libération nationale et dans la défense des droits historiques du peuple corse.

La reconnaissance politique du peuple corse, la coofficialité de notre langue, la protection de notre identité collective ainsi que le droit de notre nation à décider librement de son avenir demeurent des revendications fondamentales et non négociables.

Le peuple corse ne saurait être réduit à une simple « communauté » administrative ou culturelle.
Il constitue une réalité historique, nationale, linguistique et politique qui doit être reconnue comme telle.

Parce que notre combat dépasse largement les circonstances politiques du moment, nous affirmons que la question nationale corse demeure entière.

Nous rappelons également que le mouvement national corse n’a jamais oublié celles et ceux qui ont engagé leur vie, leur liberté ou leur avenir personnel dans la défense du Peuple Corse et de ses droits nationaux.

Cette mémoire appartient pleinement à notre histoire collective et à notre conscience politique.

À l’heure où nous commémorons les 50 ans du FLNC, Nazione rappelle que ce combat n’appartient toutefois pas uniquement à l’Histoire. Il est également une réalité de lutte actuelle. À cet égard, Nazione réaffirme sa pleine solidarité politique avec le FLNC et nous avons ici une pensée pour les prisonniers politiques actuellement déportés et incarcérés.

Dans le contexte actuel, seule une véritable unité stratégique des forces patriotiques et des forces vives de notre peuple permettra de construire un rapport de force crédible face à l’État français.

Mais cette nécessaire unité ne saurait se bâtir au prix du renoncement idéologique, de l’effacement de notre réalité nationale ou de l’abandon progressif de nos revendications historiques.

Nous refusons catégoriquement toute tentative visant à nier la reconnaissance politique et linguistique du peuple corse.

La reconnaissance expresse des droits nationaux du peuple corse ainsi que la coofficialité de la langue corse constituent des bases indispensables à toute solution politique sérieuse et durable.

Nous alertons également sur les conséquences démographiques, sociales, économiques et culturelles des mécanismes actuels de dépossession qui fragilisent progressivement notre peuple sur sa propre terre. Cette situation impose la mise en œuvre de dispositifs de protection adaptés afin de préserver notre identité, notre langue, notre culture et notre capacité collective à maîtriser notre avenir.

Notre combat s’inscrit également en opposition totale et frontale avec le processus d’assimilation et de normalisation qui accompagne la politique de colonisation menée par l’État français en Corse.

La mise en place ces derniers mois, d’une formation à la délation des fonctionnaires en Corse, par les services du renseignement intérieur opérant sur l’île n’est que la partie visible de cette politique.

Elle s’accompagne depuis des années d’une stratégie de pacification (« francisation ») de toutes les composantes de la société corse par la mise en place de règles et d’obligations toujours plus répressives et coercitives.

Cette stratégie de l’État alimente depuis des décennies une culpabilisation collective du Peuple Corse afin de le maintenir dans un sentiment d’infériorité et susciter ainsi auprès de la population un mea culpa collectif favorable à l’accentuation du tout répressif et à la mise en place de législations et de juridictions d’exception.

Nos militants et tous les Corses sincères et lucides doivent à tous les niveaux s’opposer à ces manœuvres et participer à chaque instant de leur quotidien à contrecarrer cette politique de francisation diffuse et insidieuse.

La collaboration avec les services de l’État et/ou avec ceux qui aujourd’hui s’auto-proclament les chevaliers blancs de la connivence avec les procureurs et les délateurs doit être rejetée avec force et conviction par les organisations du mouvement national.

La solidarité politique de notre organisation s’appliquera systématiquement lorsque nos militants seront l’objet, par les différents services de l’État, de manœuvres malveillantes et diffamantes ainsi destinées à créer volontairement l’amalgame et la confusion.

Le banditisme en Corse ne doit pas oublier lui non plus, qu’il ne peut légitimement prétendre à diriger ce pays : il bénéficie depuis des décennies de l’acharnement étatique à traquer les patriotes corses ainsi que de la complaisance et de l’impunité des services de l’État avec lesquels il collabore.

Il n’est guidé que par l’appât du gain et la logique du profit là où doivent prévaloir le bien commun et l’intérêt national.

Analyse du processus institutionnel en cours

Les discussions engagées dans le cadre du processus dit de « Beauvau » ont progressivement conduit à un affaiblissement politique des revendications historiques portées par le mouvement national corse.

Nous considérons que ce processus repose sur une logique institutionnelle qui refuse de reconnaître l’existence même du peuple corse comme sujet politique titulaire de droits collectifs.

À aucun moment les discussions engagées avec l’État français n’ont permis d’aborder sérieusement les fondements du conflit politique qui oppose depuis des décennies le peuple corse à l’État français.

Au contraire, le cadre imposé par l’État a progressivement conduit à écarter les questions essentielles que sont :

  • la reconnaissance politique du peuple corse ;
  • la coofficialité de la langue corse ;
  • le statut de résident ;
  • la maîtrise foncière ;
  • la corsisation des emplois ;
  • la protection démographique ;
  • le droit à l’autodétermination.

Le texte aujourd’hui présenté comme une avancée historique ne constitue en réalité qu’un aménagement limité du cadre institutionnel existant.

Il ne reconnaît aucunement les droits historiques du peuple corse.

Il ne crée aucun pouvoir législatif véritable.

Il ne permet pas au peuple corse de décider librement des politiques essentielles concernant son avenir.

Il ne garantit aucune protection efficace face aux mécanismes de dépossession démographique, foncière, économique et culturelle actuellement à l’œuvre.

Nous considérons dès lors que ce projet ne saurait être présenté comme une solution politique durable à la question nationale corse.

Au contraire, il risque d’enfermer durablement la Corse dans un statut intermédiaire destiné à neutraliser les revendications nationales sans jamais répondre aux causes profondes du conflit politique.

Cette situation exige aujourd’hui une clarification politique.

Le mouvement national corse doit être capable de dire clairement ce qui relève d’une amélioration administrative du fonctionnement institutionnel et ce qui relève d’une véritable reconnaissance politique du peuple corse.

La confusion entretenue autour de ces deux notions contribue à désarmer politiquement notre peuple et à brouiller les objectifs stratégiques poursuivis depuis plusieurs décennies.

Pour une réaffirmation des fondamentaux du combat national

Face à cette situation, Nazione réaffirme avec force que les revendications historiques du mouvement national corse demeurent pleinement d’actualité.

Aucune évolution institutionnelle ne saurait se substituer à la reconnaissance politique du peuple corse.

Aucune réforme administrative ne saurait remplacer la nécessaire reconnaissance de nos droits nationaux.

La question nationale corse ne pourra être résolue durablement qu’à travers un processus politique fondé sur la reconnaissance :

  • du peuple corse ;
  • de ses droits collectifs ;
  • de son identité nationale ;
  • de sa langue ;
  • de son droit à décider librement de son avenir.

Dans cette perspective, nous considérons que les revendications suivantes demeurent incontournables :

  • la coofficialité de la langue corse ;
  • le statut de résident ;
  • la maîtrise du foncier ;
  • la corsisation des emplois ;
  • la protection du peuple corse face aux déséquilibres démographiques ;
  • la reconnaissance politique du peuple corse ;
  • le droit à l’autodétermination.

Ces revendications ne constituent pas des éléments accessoires ou secondaires.

Elles représentent les conditions minimales permettant d’assurer la survie politique, culturelle et démographique du peuple corse sur sa terre.

Nous refusons toute logique consistant à hiérarchiser ou à abandonner certaines de ces revendications au nom d’une stratégie d’adaptation aux exigences de l’État français.

L’expérience historique démontre que chaque recul politique conduit inévitablement à un affaiblissement supplémentaire de notre capacité collective à défendre nos intérêts nationaux.

Nous affirmons donc la nécessité d’un discours politique clair, cohérent et fidèle aux fondements du combat national.

Cette clarification constitue aujourd’hui une condition indispensable à la reconstruction d’une dynamique nationale crédible.

Orientations stratégiques

Afin de répondre aux défis actuels, Nazione entend poursuivre le renforcement de son organisation politique ainsi que son implantation au sein de la société corse.

Nous considérons que la reconstruction d’un rapport de force favorable passe nécessairement par :

  • le développement de l’organisation militante ;
  • la formation politique des militants ;
  • l’élaboration d’un projet de souveraineté nationale crédible ;
  • le renforcement des contre-pouvoirs ;
  • l’ancrage dans les réalités sociales, économiques et culturelles du pays.

La défense des intérêts nationaux corses implique également une présence active sur l’ensemble des grands enjeux auxquels notre peuple est confronté :

  • logement ;
  • foncier ;
  • emploi ;
  • langue ;
  • culture ;
  • environnement ;
  • développement économique ;
  • justice sociale.

Nous affirmons également que l’action institutionnelle ne constitue qu’un outil parmi d’autres du combat national.

Elle ne saurait devenir une finalité en soi.

L’objectif demeure la défense des intérêts fondamentaux du peuple corse ainsi que la construction progressive des conditions permettant l’exercice effectif de sa souveraineté.

Dans cette perspective, nous appelons l’ensemble des patriotes corses attachés aux droits nationaux de notre peuple à participer à la reconstruction d’une stratégie nationale fondée sur la clarté politique, la cohérence idéologique et la fidélité à nos engagements historiques.

Cette démarche ne vise pas à diviser le mouvement national mais au contraire à lui permettre de retrouver la force politique nécessaire pour faire face aux défis qui s’annoncent.

Rejet du statut issu de Beauvau

Nazione considère que le projet actuellement soumis au débat politique et institutionnel ne répond pas aux exigences minimales permettant de résoudre la question nationale corse.

Ce texte ne reconnaît ni le peuple corse, ni ses droits historiques.

Il ne garantit ni la coofficialité de la langue corse, ni la mise en place d’un statut de résident, ni la maîtrise du foncier, ni la corsisation des emplois.

Il ne prévoit aucun mécanisme permettant au peuple corse de contrôler durablement son développement démographique, économique ou culturel.

Il ne crée pas davantage un véritable pouvoir législatif susceptible de permettre à la Corse de définir librement ses politiques publiques.

En conséquence, Nazione refuse de considérer ce projet comme l’aboutissement du combat national.

Nous refusons également que ce texte puisse servir de point final à la revendication nationale corse.

L’avenir politique de la Corse ne peut être réduit à un simple ajustement institutionnel négocié dans les limites fixées par l’État français.

Il doit au contraire s’inscrire dans une démarche de reconnaissance politique du peuple corse et de ses droits collectifs.

Nous réaffirmons que seule une solution fondée sur cette reconnaissance permettra de construire une paix politique durable et une relation équilibrée entre la Corse et l’État français.

Nous appelons en conséquence les patriotes corses, les élus, les militants et l’ensemble des forces vives du pays à poursuivre le combat pour la reconnaissance des droits nationaux du peuple corse.

La clarification politique aujourd’hui nécessaire doit permettre de redonner une perspective stratégique claire au mouvement national.

Motion

Réunie en Assemblée Générale le 14 juin 2026, l’organisation Nazione :

  • réaffirme son attachement aux fondements historiques, politiques et idéologiques du combat national corse ;
  • réaffirme la nécessité de la reconnaissance politique du peuple corse et de ses droits nationaux ;
  • réaffirme son attachement à la coofficialité de la langue corse ;
  • réaffirme son attachement au statut de résident, à la maîtrise du foncier, à la corsisation des emplois et à la protection démographique du peuple corse ;
  • considère que le projet issu du processus de Beauvau ne répond pas aux exigences minimales permettant de résoudre la question nationale corse ;
  • refuse que ce projet puisse être présenté comme l’aboutissement du combat national ;
  • appelle à une clarification politique au sein du mouvement national corse ;
  • appelle à la reconstruction d’une stratégie nationale fondée sur la clarté politique, la cohérence idéologique et la fidélité aux engagements historiques ;
  • confirme que le droit à l’autodétermination du peuple corse demeure le cadre politique de référence pour toute évolution institutionnelle future ;
  • mandate les instances dirigeantes de Nazione pour mettre en œuvre les orientations définies par la présente motion.

Adoptée par l’Assemblée Générale de Nazione
14 juin 2026

Scrianzatu

Assemblée générale de NAZIONE ce dimanche 14 juin à 14h à l’Università di Corti : le mouvement appelle militants et sympathisants à se mobiliser afin de réaffirmer une ligne politique claire et renforcer son engagement en faveur de la lutte nationale corse. (Crédit Photos Laetitia Leca, Alexandre Santerian)

CORSICAINFURMAZIONE.ORG
Retrouvez-nous aussi sur Telegram
Actualités, archives, dossiers historiques et publications relayés directement sur votre téléphone.
Rejoindre le canal Telegram →
bandeauribelluteeshirt (1)

Produits à partir de 13e