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La bible raconte que huit siècles av. J-C, Josué devant Jéricho fit donner les trompettes et les murailles tombèrent.

L’écroulement des trois circonscriptions fait écho au récit biblique. Un rêve peu imaginable même après la prise de la Bastille PRG de Bastia temple d’un culte jacobin anti-natio sans concession. Il s’agit d’un basculement historique. Ma tamanta strada da fà nanzu à a vittoria : pòpulu corsu fora di perìculu è maestru di u so destinu.

Pour gagner, chaque victoire doit être exploitée sans retard pour être efficace, en regroupant leurs forces pour la prochaine bataille des territoriales d’ici six mois.

Sans ôter le moindre once de mérite aux militants valeureux, on peut dire que le contexte à été favorable: l’énorme raz de marrée qui a emporté les états-majors de Paris et leurs relais patentés régionaux.

C’est pour moi le même phénomène de ras-le-bol qui se manifeste d’abord en Corse où les carriéristes clanistes ne sachant plus où se raccrocher convulsent.

Camille prend la roue de Fillon pour distancer ses coéquipiers qui se raccrochent à celle de Juppé ou à d’autres primaristes. Ils crèvent sur les clous des scandales, ils s’obstinent… un désastre, Camille sur le bord de la route continue à pied.

Quant à la gauche insulaire, Giacobbi dans les viseurs de la Justice laisse le terrain, Tatti conteste l’héritage Zuccarelli et coince Jean dans le donjon, le pont-levis tombé, derrière le panache blanc de Gilles les natios unis et quelques alliés investissent l’espace fortifié. Plus sérieusement, les contextes peuvent changer, l’avenir peut réserver de moins bonnes surprises (conflits, guerres, terrorisme islamique…). Enivrés comme les troupes d’Hannibal dans les délices de Capoue n’est plus un scénario possible. Chacun est persuadé que la victoire aux législatives annonce la venue du second souffle. Possible si on remplit certaines conditions.

La première pour livrer la bataille dans six mois des territoriales, fusionner les trois modérés par une assemblée constituante pour donner un nom à la nouvelle entité, des garanties à chacun, des statuts démocratiques, une charte… et tout doit être rendu public de ce mouvement dans sa mise en place, son fonctionnement, ses débats, ses choix tactiques, et ceux de ses responsables ou de ses candidats à des élections. La transparence est indispensable à la démocratie qui elle-même est vitale pour l’émancipation du Peuple Corse si on prétend lui faire comprendre que dans les institutions actuelles même avec un majorité absolue rien de fondamental ne peut changer. On se heurtera toujours à Paris centraliste et filtre européen. On ne peut pas se satisfaire de petits pas, ni attendre des trompettes qui feront s’écrouler les palais sacralisés de la République des jacobins. On sait qu’un Peuple ne peut pas donner de procuration pour survivre. Il ne trouve d’alliés qu’en combattant.

Il nous faut passer des pratiques « traditionnelles » clanistes à la pratique démocratique toujours la meilleure possible car toutes les conditions de déclin du Peuple Corse persistent. Les flux de populations de la mondialisation incontrôlés, l’émigration des jeunes formés à l’université, sur place la recherche d’emplois «sûrs» publics, la pêche à toutes les « aides », à la moindre des subventions, etc., tout ce qui indique que le glissement sur la pente du déclin économique et démographique n’est pas enrayé… il en faut beaucoup plus pour prendre celle du renouveau de notre Peuple.

Notre culture, notre langue elle-même qui semble encore vigoureuse par les chants, les groupes, les écrivains une poignée d’écoles saupoudrées de bilinguisme, peut n’être qu’un chant du cygne polyphonique.

Une langue non parlée au sein des mères, leurs enfants devenus parents ne sont pas en état de la transmettre même s’ils la comprennent et la pratique de temps à autre.

La langue et la culture, celle du rapport entre soit, sont confinées de nos jours de plus en plus aux grands parents et pour les experts de l’Unesco, c’est le signe de la fin d’une langue qui interviendra plus ou moins vite selon d’autres données comme l’importance démographique du Peuple. Sans coofficialité, sans liens avec l’économie, sans nécessité sociale ou administrative, sans reconnaissance des droits d’un Peuple, elle continuera à dépérir inexorablement.

Les parents âgés disparaissent, ils sont les dépositaires de la langue et de la culture de la ruralité devenue un désert. Leurs descendants changent de paramètres en vivant dans les villes d’un littoral en ceinture urbanisé, banlieusard à voies rapides encombrées avec un Piémont mité de résidences secondaires desservies par l’enveloppe de la continuité territoriale.

Ils vivent à « l’usu francese» et du consumérisme occidental. Ils conservent quelques liens distendus avec la Corse de leurs parents, facilités pour les vacances… ils y sont attachés mais leurs vies se fait ailleurs individuellement. Ils ignorent trop qu’ensemble, ceux qui se sentent corses ou qui veulent en être, ils possèdent un trésor incomparable: la beauté naturelle de leur île pour l’heure affligée du mauvais maquillage de prostituée d’un développement dit économique mais il est encore possible de le corriger.

Quel est le destin rêvé par les natios pour l’île. Ils veulent la sauver des prédateurs pour la doter du meilleur, de tous les meilleurs : qu’elle produise et consomme bio?

Elle le peut avec la volonté et la constance. Préserver sa belle nature? Qui peut être indifférent, personne mais il faut se doter de moyens institutionnels suffisants à la hauteur de l’enjeu. Développer sans abîmer c’est de plus évident à l’heure de la révolution des nouvelles techniques. Bien accueillir sans céder la place, ou se voir digérer, qui peut crier à la faute?

Les natios voudraient sauver île et Peuple pour en faire un paradis, terrestre certes donc jamais fini, jamais parfait où les mots de bien être, de solidarité, d’ouverture, de modernité prennent corps, deviennent réalité au sein d’une nature belle et enviable qui a été baptisée Kallisté il y a bien longtemps et leurs habitants toujours vilipendés, dénoncés comme des sauvages, des archaïques par tous les conquérants, les dominants où les ignorants. Si les Corses parviennent à y croire et à œuvrer ensemble pour un tel destin, ils donneront raison à Jean-Jacques Rousseau, ils étonneront le monde parce qu’ils auront résister à toutes les agressions pour un dernier et long effort : devenir un petit Éden. Ces législatives sont le second souffle mais il faut tout faire pour qu’il soit puissant, pour qu’on avance de victoire en victoire sur la pente de notre histoire de Peuple, une épopée.

MAX SIMEONI
ARRITTI de fin juin ici

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