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Richard Ferrand a dû quitter ses fonctions suite à ses déboires financiers révélés par le presse, particulièrement le Canard Enchaîné.

Dans le gouvernement nommé après la victoire des macroniens aux élections législatives, il a été remplacé par Jacques Mézard, sénateur « radical de gauche » à la longue carrière parlementaire. Il était notamment intervenu pour son groupe autour de la proposition de loi soutenue par le gouvernement (en l’occurrence Christiane Taubira) visant à ratifier enfin cette charte telle qu’elle avait été signée par Lionel Jospin en 1999.

Ecoutons Jacques Mézard, s’opposant à une Ministre de sa propre majorité :

« Le débat était déjà ouvert en 1999 entre, d’un côté, Jacques Chirac, Président de la République, et Jean-Pierre Chevènement, alors ministre de l’intérieur, et, de l’autre, Lionel Jospin, Premier ministre, apôtre, déjà, de la ratification… ».

D’emblée on comprend que le nouveau Ministre se range sans hésiter derrière Jean Pierre Chevènenement.

Il enchaîne : « Tout cela participe d’une idéologie de destruction des États-nations pour construire une Europe de grandes régions. L’exemple de la Catalogne est là pour nous le rappeler ! »

Puis, il déroule les lieux communs des opposants les plus jacobins :

« Pourquoi, avec plusieurs de nos collègues, ne voterons-nous pas ce texte ? Parce qu’il est totalement irrecevable, incohérent au regard du droit constitutionnel et du droit tout court. Parce qu’il est contraire aux intérêts fondamentaux de la Nation. Parce que, sous couvert de respect de la diversité, il remet en cause l’égalité devant la loi, ce qui est tout simplement contraire à l’essence même de la République, de cette grande nation, qui, depuis deux cent vingt-trois ans, se veut « indivisible, laïque, démocratique et sociale » au sens de l’article 1er de notre Constitution, laquelle précise dans son article 2 que « la langue de la République est le français ».

Ce que Jacques Mézard a énoncé là est une injure aux instances européennes qui ont élaboré ce texte, qui ont fait en sorte que sa ratification soit obligatoire dès l’instant qu’un nouveau pays souhaite intégrer l’Union Européenne, et aux 27 Etats qui ont procédé à la ratification à laquelle la France des Jacobins se refuse. Cette large majorité de pays européens et de responsables politiques auraient donc décidé, « sous couvert de respect de la diversité de remettre en cause l’égalité devant la loi » ! Mais en France le ridicule ne tue pas puisque Jacques Mézard est aujourd’hui ministre !

En fait, l’argumentation de M. Mézard nous instruit sur les véritables motivations politiques qui poussent l’Etat français à refuser cette ratification.

« Le Conseil constitutionnel, se fondant sur l’article 1er de la Constitution, a considéré que ces principes fondamentaux s’opposaient à ce que soient reconnus des droits collectifs à quelque groupe que ce soit, défini par une communauté d’origine, de culture, de langue et de croyance ».

Là est toute la question qui nous concerne : nous nous battons pour les droits collectifs du peuple corse et M. Mézard est de ceux qui bétonnent l’ordre juridique français pour que notre revendication, et le statut d’autonomie qui en découle, ne soit jamais accepté. Il l’explique lui-même : « en votant ce texte, nous introduirions, pour reprendre les termes du Conseil d’État, « une contradiction interne génératrice d’insécurité juridique ». S’il n’y avait qu’une raison de continuer le combat pour la ratification de la Charte Européenne des Langues Régionales, c’est bien celle-là : fissurer le mur constitutionnel français qui s’oppose à la reconnaissance du peuple corse.

L’intervention de M. Mézard au Sénat n’a pas oublié de reprendre les arguments les plus démagogiques, du genre « au moment où plus de 10 % des jeunes recensés sont en situation de quasi-illettrisme, où la priorité est d’améliorer la pratique d’au moins une langue étrangère, est-il raisonnable de proposer un bouleversement constitutionnel de nature à fragiliser les principes fondamentaux de la République ? »

Ou encore : « Est-il aujourd’hui opportun d’alimenter une querelle sur une question qui n’est manifestement pas primordiale aux yeux d’une très grande majorité de nos concitoyens, préoccupés par les vrais sujets ? »

On résume : la question de la langue corse n’est pas un « vrai sujet », et, « sous couvert de respect de la diversité », les élus nationalistes corses menacent « l’égalité des citoyens devant la loi ».

On ne peut que souhaiter « bon courage » à nos élus qui devront débattre avec ce nouveau Ministre de la Cohésion Territoriale !

François ALFONSI

 

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