(Corsicainfurmazione.org, Unità Naziunale, publié le 5 juin 2026) Les juges d’instruction parisiens chargés de l’enquête sur la Cellule de coordination des actions de terrain (CCAT) ont prononcé un non-lieu général en faveur des militants indépendantistes kanaks mis en examen, parmi lesquels figure leur dirigeant, Christian Tein.
Cette décision met un terme à une procédure judiciaire ouverte dans le contexte des émeutes qui avaient secoué la Kanaky–Nouvelle-Calédonie à partir de mai 2024. À l’époque, les autorités avaient attribué à la CCAT un rôle central dans l’organisation des mobilisations et des violences ayant provoqué plusieurs morts, des centaines de blessés et d’importants dégâts matériels. Quatorze personnes avaient été mises en examen dans ce dossier, transféré à Paris en janvier 2025 en raison de sa sensibilité.
L’annonce du non-lieu suscite de nombreuses réactions au sein des mouvements indépendantistes et anticolonialistes. L’association Sulidarità estime que cette décision rappelle qu’un engagement politique ne doit pas être assimilé à une activité criminelle et souligne les conséquences humaines de plusieurs mois de détention, d’éloignement et de mise en cause publique pour les militants concernés et leurs familles.
De son côté, l’Union Populaire pour la Libération de la Guadeloupe (UPLG) voit dans cette décision un désaveu des accusations portées contre Christian Tein et les militants de la CCAT. L’organisation dénonce ce qu’elle considère comme une tentative de criminalisation du mouvement indépendantiste kanak et réaffirme sa solidarité avec le FLNKS et le peuple kanak.
Au-delà du volet judiciaire, cette décision relance le débat politique autour de la situation en Kanaky et des relations entre l’État français et les mouvements indépendantistes. Pour les organisations de soutien, ce non-lieu constitue un événement majeur qui pourrait marquer un tournant dans la lecture politique et judiciaire des événements de 2024.
Jean Rossi

Le communiqué de l’UPLG: La vérité finit toujours par triompher de l’arbitraire colonial ! Près de deux ans après le déclenchement des émeutes de 2024 en Kanaky (Nouvelle-Calédonie), les juges d’instruction parisiens viennent de prononcer un non-lieu général en faveur des militants indépendantistes de la CCAT, dont le leader Christian Tein. Une affaire politique montée de toutes pièces ! Cette décision est le désaveu cinglant d’une machination d’État orchestrée par le gouvernement Macron pour museler un dirigeant politique et briser la résistance d’un peuple. La justice française a dû admettre ce que nous dénoncions dès le premier jour : Christian Tein est totalement innocent. L’UPLG dénonce avec la plus grande fermeté le traitement indigne et criminel qui lui a été réservé par le pouvoir colonial : Kidnappé et déporté : Transféré secrètement sur près de 17 000 kilomètres, loin de sa terre et des siens, dans des conditions indignes d’un prétendu « État de droit ». Emprisonné arbitrairement : Placé en détention provisoire pendant près d’un an sur la base d’accusations mensongères et de fantasmes policiers. Exilé de force : Maintenu sous une interdiction révoltante de fouler le sol de sa propre patrie, la Kanaky, pour l’empêcher d’exercer ses droits politiques. Tout cela pour quoi ? Pour qu’aujourd’hui, les juges d’instruction prononcent un non-lieu général, effaçant d’un trait de plume des mois de torture psychologique et d’acharnement judiciaire. La méthode est connue : criminaliser la lutte sociale et politique pour masquer les échecs de la politique coloniale de la France. L’Union Populaire pour la Libération de la Guadeloupe (UPLG) apporte tout son soutien fraternel et militant au camarade Christian Tein, au FLNKS et à l’ensemble du peuple Kanak. Leur répression ne fera jamais reculer notre soif commune de liberté et de souveraineté. De la Guadeloupe à la Kanaky, les peuples opprimés restent debout ! Solidarité Internationale contre l’arbitraire colonial ! Kanaky vivra, Kanaky vaincra ! L’Associu Sulidarità prend acte du non-lieu général prononcé en faveur des militants indépendantistes kanaks de la CCAT, dont Christian Tein. Cette décision rappelle qu’aucun combat politique ne devrait être criminalisé et qu’une justice digne de ce nom doit demeurer fidèle à ses principes fondamentaux, loin des pressions et des considérations politiques. Si ce non-lieu met aujourd’hui un terme à cette procédure, il ne saurait faire oublier les conséquences humaines qu’elle a entraînées. Des hommes et des femmes kanaks ont vu leur vie profondément bouleversée, arrachés à leur terre et éloignés de leurs proches à des milliers de kilomètres. Leurs familles ont dû supporter l’épreuve de l’éloignement, de l’incertitude et de la stigmatisation, avec des conséquences parfois irréversibles. Cette affaire illustre une nouvelle fois les effets d’une répression politique et procédurale dont l’impact est immédiat : avant même tout jugement, la mise en cause publique agit souvent comme une condamnation de fait, laissant des traces durables dans les vies de celles et ceux qui en sont victimes. Nos pensées vont aux familles des victimes qui ont marqué la Kanaky, ainsi qu’à toutes celles et ceux qui en portent encore les stigmates. Cette décision renforce l’espoir que la même justice soit rendue à nos prisonniers politiques. Nous continuerons à défendre le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et à dénoncer toutes les formes de répression exercées contre les militants engagés dans la défense de leur terre, de leur identité et de leurs droits.
