(Revue de presse – Corsicainfurmazione.org – Publié le 13 Mai 2026) Dix jours après les révélations du STC concernant la découverte d’un dispositif de géolocalisation et d’écoute dissimulé dans un véhicule syndical, une nouvelle affaire relance les accusations de surveillance politique en Corse.
Cette fois, ce sont le mouvement indépendantiste NAZIONE et l’Associu Sulidarità qui dénoncent publiquement la découverte de plusieurs dispositifs clandestins placés dans les véhicules de militants engagés dans des activités politiques, associatives et professionnelles.
Réunis en conférence de presse à Bastia, les représentants des deux organisations ont affirmé que six véhicules privés ou professionnels avaient été concernés par ces découvertes. Selon eux, ces dispositifs, comprenant des balises GPS et des systèmes d’écoute, auraient été installés de manière clandestine afin de surveiller les déplacements, les relations et les activités quotidiennes des militants visés. Les deux structures considèrent que ces pratiques dépassent largement le cadre d’une éventuelle procédure judiciaire classique et constituent une véritable attaque contre les libertés fondamentales.
Dans leur déclaration, les responsables de NAZIONE et de Sulidarità dénoncent des « pratiques barbouzardes » et évoquent une volonté de surveillance politique, d’intimidation et de fichage visant des militants engagés pour la cause corse. Ils estiment que cette surveillance ne cible pas uniquement l’activité militante mais touche également la vie personnelle, professionnelle et familiale des personnes concernées. Selon eux, l’objectif serait d’exercer une pression permanente sur des femmes et des hommes impliqués dans les mouvements patriotiques et les contre-pouvoirs politiques de l’île.
Pour Petr’Antò Tomasi, porte-parole de NAZIONE, cette affaire constitue un signal extrêmement grave pour la démocratie et la liberté d’expression politique en Corse. Il replace ces découvertes dans un contexte politique sensible, à quelques jours de l’examen parlementaire du projet de loi constitutionnelle lié au processus de Beauvau sur l’avenir institutionnel de la Corse. Selon lui, tous les grands moments de dialogue entre la Corse et l’État français se sont historiquement accompagnés de débats sur la question de la répression. Or, il estime qu’au lieu d’un apaisement, les dernières semaines témoignent au contraire d’une intensification des méthodes sécuritaires et des pratiques de surveillance.
Les organisations établissent également un lien direct avec la récente Ghjurnata Internaziunale di i Prigiuneri Pulitichi organisée à Aiacciu par Sulidarità. Lors de cette journée, militants, avocats, familles de prisonniers et défenseurs des droits humains avaient dénoncé les violences policières, les juridictions d’exception et les dispositifs de surveillance visant les militants indépendantistes corses. Pour NAZIONE et Sulidarità, la découverte de ces balises quelques jours seulement après cet événement ne relève pas du hasard mais confirmerait l’installation progressive d’un système de surveillance renforcée contre les mouvements patriotiques corses.
Au cours de la conférence de presse, Nicolas Pinzuti, militant de NAZIONE, a affirmé avoir surpris lui-même l’installation d’un dispositif sur son véhicule personnel. Il explique avoir entendu un véhicule arriver sur son parking avant de filmer plusieurs individus restés selon lui près d’une heure autour de sa voiture. Après avoir démonté certaines parties du véhicule, il dit avoir découvert une balise qui aurait été en place depuis environ un mois. Il dénonce une intrusion extrêmement grave dans sa vie privée et affirme que si les autorités souhaitent interroger des militants, elles devraient le faire de manière officielle plutôt que par des méthodes clandestines.
Le président de Sulidarità, Thierry Casolasco, évoque pour sa part un « bafouement total des libertés ». Sans désigner formellement les auteurs des installations, il affirme que des demandes d’explications ont été adressées aux parquets de Bastia et d’Ajaccio mais qu’aucune réponse n’a été apportée jusqu’à présent. Cette absence de clarification alimente, selon lui, les inquiétudes autour d’éventuelles pratiques de police politique exercées contre les militants corses.
Dans leurs prises de parole, les deux organisations dénoncent plus largement une logique de criminalisation systématique des forces militantes engagées pour la défense des droits nationaux corses. Elles accusent l’État français de maintenir en Corse des méthodes de contrôle, de pression et de déstabilisation qu’elles jugent incompatibles avec les principes démocratiques affichés dans le cadre du dialogue institutionnel en cours. Elles rappellent également plusieurs épisodes historiques marquants, notamment l’affaire des paillotes et la période du préfet Bernard Bonnet, pour illustrer ce qu’elles considèrent comme une continuité des pratiques de tension et de manipulation politique sur l’île.
NAZIONE et Sulidarità affirment refuser que l’engagement politique devienne un motif de surveillance clandestine et dénoncent l’utilisation de dispositifs d’exception contre des militants engagés. Selon elles, aucune solution durable à la situation corse ne pourra émerger à travers la répression ou les logiques purement sécuritaires. Elles considèrent qu’une véritable solution politique devrait passer par la reconnaissance des droits nationaux du peuple corse, le respect des libertés fondamentales et la fin des méthodes de surveillance dénoncées.
À l’issue de cette conférence de presse, les deux organisations ont indiqué qu’aucune plainte n’avait été déposée à ce stade. Elles ont néanmoins présenté publiquement l’un des dispositifs retrouvés, dissimulé derrière le poste radio d’un véhicule. Enfin, elles ont réaffirmé leur solidarité totale avec les militants concernés ainsi que leur volonté de poursuivre leur engagement politique, dénonçant ce qu’elles considèrent comme des tentatives d’intimidation destinées à faire taire les mouvements patriotiques corses.
A Squadra d’Unità Naziunale
Revue de Presse
(Alta Frequenza)
(FR3Corse)
(Corse Matin) Balises de surveillance dans les véhicules de militants nationalistes corses : Sulidarità et Nazione montent au créneau.
(Corse Net Infos) Après le STC, l’Associu Sulidarità et Nazione dénoncent à leur tour des dispositifs de surveillance.
(RcfM) Nazione et Sulidarità dénoncent une « dérive sécuritaire » après la découverte de balises sur des véhicules de militants.
(Stampa Paese)
(Journal de la Corse)

