(Corsicainfurmazione.org, Unità Naziunale, Publié le 17 aout 2026) Lors des 44e Ghjurnate Internaziunale di Corti, Sania Assoumani, présidente de Mabedja Panafricanistes, a porté depuis la Corse un discours centré sur l’unité des peuples confrontés au colonialisme, à l’occupation et à la domination.
Invitée par le mouvement indépendantiste Nazione dans le cadre des rencontres internationales, elle a réaffirmé son attachement au droit des peuples à l’autodétermination, à la souveraineté et à la liberté, estimant que le colonialisme demeure incompatible avec les principes de dignité et de liberté au XXIe siècle. Sa présence à Corte s’inscrivait ainsi dans la dynamique du Front International de Décolonisation, aux côtés de différentes organisations engagées dans les revendications de souveraineté.
Cette participation a toutefois suscité une vive réaction de la fédération Les Républicains de Mayotte, relayée par Mayotte La Première. LR Mayotte a contesté la présentation d’une représentation mahoraise aux Ghjurnate, dénonçant une « imposture politique » et une « confiscation de la parole mahoraise ». Le parti estime que les personnes défendant le rattachement de Mayotte aux Comores ne peuvent se présenter comme représentantes de Mayotte, rappelant que les habitants de l’île ont, à plusieurs reprises, choisi de rester français. L’article évoque également les liens supposés de la représentante avec le Comité Maoré et rappelle la participation d’organisations comoriennes à des initiatives internationales dénonçant la présence française à Mayotte.
Dans son droit de réponse, Mabedja Panafricanistes réfute directement cette présentation et affirme que Mayotte était bien représentée à Corte par des Mahorais, qu’elle décrit comme des « Mahorais libres », présents aux côtés des autres peuples et territoires membres de la dynamique internationale de décolonisation. La structure conteste également la prétention de LR Mayotte à parler au nom de l’ensemble du peuple mahorais et affirme que la question de Mayotte ne peut être réduite au seul choix institutionnel de rester française. Pour Mabedja, ce statut doit être replacé dans l’histoire de la colonisation française, les rapports de force et les enjeux du droit international.
Sania Assoumani réaffirme enfin, dans cette réponse, sa propre position en tant que Comorienne, en déclarant vouloir défendre la fin de la présence française à Mayotte et en revendiquant son droit à porter cette position malgré les divergences existant au sein du peuple comorien. Mabedja rejette par ailleurs les critiques liées à l’épisode de Bakou et affirme que la question de Mayotte s’inscrit dans une problématique plus large de souveraineté, de dignité et de décolonisation. Le débat né des Ghjurnate oppose ainsi deux lectures radicalement différentes de la représentation de Mayotte : celle d’une île dont la population a choisi de rester française, défendue par LR Mayotte, et celle d’un territoire comorien maintenu sous domination française, défendue par Mabedja Panafricanistes et sa présidente.
Jean Rossi

