(Corsicainfurmazione.org, Unità Naziunale, publié le 31 juillet 2026) À travers cette mobilisation, l’occupation symbolique des locaux d’Erilia à Montesoro, Nazione appelle à une refonte de la politique du logement social en Corse.
Le mouvement estime que, dans un contexte de difficultés d’accès au logement et de forte proportion de résidences secondaires, les Corses rencontrent des obstacles croissants pour se loger et accéder à la propriété.
Le parti réaffirme sa revendication d’un statut de résident, présenté comme une première réponse à la spéculation immobilière, tout en dénonçant un parc de logements sociaux qu’il juge insuffisant ainsi que des critères d’attribution défavorables aux Corses. Nazione annonce vouloir ouvrir un dialogue avec les bailleurs sociaux afin de défendre ses propositions et prévient qu’en l’absence d’échanges, il poursuivra ses actions sur cette question.
Il y a six ans, presque jour pour jour, Corsica Libera (Nazione) avait occupé Erilia Aiacciu et avait sommé que le bailleur social mène une politique pour les corses gérées en Corse.
AnTo FpcL
Revue de presse
(Alta Frequenza) Logement en Corse : le parti indépendantiste Nazione se mobilise pour une politique sociale.
(FR3Corse) Logement social : Nazione réclame une politique en faveur des Corses.
(Corse Matin) « Les Corses ne seront jamais locataires de leur propre pays » : à Bastia, Nazione réclame une politique sociale du logement.
(Corse Net Infos)
(RcfM)
Action « coup de poing » de Corsica Libera dans les locaux d’Erilia à Ajaccio ce matin

Le texte : NAZIONE, par cette action entend poser le problème de la politique du logement social en Corse. Dans la « région la plus pauvre de France » et où le droitdes Corses à se loger devient pratiquement impossible à faire respecter, une politique différente du logement social s’impose à tous les acteurs de la question, aux plans politique, stratégique, financier et technique. En une quinzaine d’années les prix de l’immobilier ont parfois doublé, voire triplé dans notre pays du fait, entre autres facteurs, d’une demande extérieure importante avec des acquéreurs étrangers disposant d’un pouvoir d’achat supérieur à celui des ménages corses. Le statut de résident que nous préconisons comme mesure immédiate et urgente ne résoudra pas tout mais constitue une première digue face à cette déferlante que rien ne semble pouvoir contenir, et qui participe à la dépossession de plus en plus systématique des Corses et à leur marginalisation dans leur propre pays. Près de 3 logements sur 10 ici sont des résidences secondaires (3 fois plus qu’en France): combien appartiennent à des Corses? Dans ce contexte il convient de préciser quelle doit être la place des logements sociaux sachant que, paradoxalement, la Corse dispose de 449 logements sociaux pour 10000 habitants, un niveau très inférieur à la moyenne française. Et, là aussi, les Corses sont souvent défavorisés sur leur propre sol par des mécanismes d’attribution dont nous ne pouvons que contester la validité. Nous rappellerons ici non seulement les quelques principes qui sont censés régir l’action des bailleurs sociaux, mais aussi la nécessité de faciliter l’accès des Corses à un logement social conforme aux besoins des familles et surtout de permettre l’accession à la propriété de ces mêmes locataires. Nous sommes disposés à rencontrer les bailleurs sociaux présents en Corse afin de leur soumettre nos propositions dans ce domaine. Nous leur faisons donc une demande officielle via cette conférence de presse afin de faire évoluer dans le sens de l’intérêt général la question du logement social en Corse et des dispositifs d’accession à la propriété. Si notre demande devait ne pas être acceptée, nous nous réservons le droit d’intervenir à notre niveau pour que dans ce domaine aussi, justice sociale et dignité puissent avoir une traduction concrète à l’avenir. LES CORSES NE SERONT JAMAIS LES « LOCATAIRES » DE LEUR PROPRE PAYS La crise du logement n’est pas une fatalité c’est la conséquence directe de non développement, d’injustice sociale et de mauvais choix politiques à l’œuvre depuis des décennies. « 𝙪𝙣 𝙖𝙡𝙡𝙤𝙜𝙝𝙟𝙪 𝙥𝙚𝙧 𝙩𝙪𝙩𝙩𝙞 𝙞 𝘾𝙤𝙧𝙨𝙞 »
Le tract

Le texte du tract distribué sur place
POUR UNE POLITIQUE SOCIALE DU LOGEMENT EN CORSE
Aujourd’hui, les Corses sont souvent défavorisés sur leur propre sol par des mécanismes d’attribution contestables. Cela doit cesser. Il faut faciliter l’accès des Corses à un logement social conforme aux besoins des familles et leur permettre l’accession à la propriété. Il est donc nécessaire :
- de définir une stratégie patrimoniale à long terme,
- de cibler les territoires où la demande en accession sociale est forte pour les résidents,
- de sécuriser les parcours des acquéreurs (garanties, accompagnement),
- de développer des produits abordables, notamment grâce au Bail Réel Solidaire (BRS) et à la location-accession (PSLA),
- de réinvestir les recettes issues des ventes dans la construction de nouveaux logements.
Il faudra également :
- Instaurer des procédures identiques d’attribution pour l’ensemble des bailleurs sociaux,
- Renforcer les prérogatives des communes, notamment en leur qualité de réservataires, dans les instances d’attribution,
- Exiger que le « contingent préfectoral » en matière de relogement ne soit pas exclusivement supporté par l’Office de l’Habitat de la CDC,
- Alléger les charges par leur intégration généralisée dans le calcul des aides octroyées.
- Pratiquer une politique du « zéro loyer » à partir de la retraite sous certaines conditions.
La crise du logement n’est pas une fatalité, c’est la conséquence directe de non développement, d’injustice sociale et de mauvais choix politiques à l’œuvre depuis des décennies.
LES CORSES NE SERONT JAMAIS LES « LOCATAIRES » DE LEUR PROPRE PAYS
« UN ALLOGHJU PER TUTTI I CORSI »
Tout d’abord, il faut développer davantage de programmes en accession sociale en augmentant la part des opérations en location-accession (PSLA).
Il convient de développer le bail réel solidaire (BRS) via un organisme de foncier solidaire (OFS) qui permet de réduire le coût d’achat en dissociant le foncier du bâti et réserver une part significative des nouveaux programmes à l’accession maîtrisée.
Une partie du patrimoine existant doit être vendue en accélérant ces ventes de logements HLM à leurs occupants après dix années d’occupation continue.
La vente de certains logements vacants dans des secteurs où la demande locative serait moins forte peut être une option supplémentaire.
Surtout, il doit être imposé que les produits de la vente et leurs bénéfices soient réinvestis dans la construction de nouveaux logements sociaux.
Le foncier doit être mobilisé plus efficacement en négociant avec les collectivités des réserves foncières dédiées à l’accession sociale.
La densification des opérations doit être systématique sur les terrains déjà maîtrisés et les secteurs en tension.
Pour faciliter l’accès des ménages, il est impératif de renforcer l’accompagnement des locataires vers l’achat.(Simulation financière, conseil, sécurisation du parcours).
Des garanties de rachat et de relogement en cas de difficultés doivent être contractualisées.
Des partenariats avec les établissements bancaires situés en Corse sont à développer pour faciliter le financement de l’achat des logements.
Pour cela la diversification des montages économiques passe par la production d’opérations mixtes combinant logements sociaux, accession sociale et accession libre.
Les coûts d’aménagement et de construction entre les différentes catégories de logements doivent être mutualisés. De plus l’utilisation des marges dégagées par l’accession peut soutenir la production locative sociale.
Il faut renforcer les partenariats avec les collectivités pour intégrer les objectifs d’accession sociale dans les opérations d’aménagement.
La mobilisation des aides locales (subventions, TVA réduite, aides à l’accession) peuvent abonder financièrement les projets.
Nous sommes conscients que ces orientations vertueuses sont susceptibles de rencontrer des écueils dont les principaux sont:
– la hausse des coûts du foncier et de la construction,
– les difficultés d’accès au crédit pour les ménages,
– l’ équilibre économique parfois difficile entre location sociale et accession,
– les contraintes réglementaires et les objectifs du maintien du parc locatif social.
Mais des solutions existent et elles font justement l’objet de nos propositions:
pour que les bailleurs sociaux en Corse augmentent la part de l’accession à la propriété, il est nécessaire
– de définir une stratégie patrimoniale à long terme,
– de cibler les territoires où la demande en accession sociale est forte pour les résidents,
– de sécuriser les parcours des acquéreurs (garanties, accompagnement)
– de développer des produits abordables, notamment grâce au Bail Réel Solidaire (BRS) et à la location-accession (PSLA)
– de réinvestir les recettes issues des ventes dans la construction de nouveaux logements.
Cette approche permet de concilier plusieurs objectifs : favoriser l’accession des ménages modestes, fluidifier le parcours résidentiel des locataires, renouveler le parc immobilier et renforcer la capacité d’investissement des bailleurs sociaux en Corse.
D’autres mesures très concrètes sont à envisager:
– Instaurer des procédures identiques d’attribution pour l’ensemble des bailleurs sociaux,
– Renforcer les prérogatives des communes, notamment en leur qualité de réservataires, dans les instances d’attribution,
– Exiger que le « contingent préfectoral » en matière de relogement ne soit pas exclusivement supporté par l’Office de l’Habitat de la CDC
– Alléger les charges par leur intégration généralisée dans le calcul des aides octroyées
– Pratiquer une politique du « zéro loyer » à partir de la retraite sous certaines conditions. Le principe d’un « loyer zéro » à la retraite, pour les locataires de logements sociaux est facile à mettre en œuvre sous la forme d’une sorte de « leasing social », par le biais d’un « compte d’accès au logement »; lorsque les sommes versées à ce compte (issues des loyers antérieurs) atteignent le coût du logement, le cotisant retraité acquiert le droit de l’habiter gratuitement, comme le ferait un primo accédant à la propriété. Il ne pourra, par contre, ni léguer, ni vendre ce bien.
Nous rappelons ici que la collectivité de Corse a mobilisé depuis 2020 65 millions d’euros plus les aides de l’Etat.
Ce qui représente 40 % des projets en Corse pour Erilia, premier bailleur social de l’île.
Erilia gère ici 10 000 logements, ce qui représente 42 % du parc estimé à 2 milliards d’euros.
La valeur d’un logement de 65 m2 est évaluée à 160 000 euros.
Les terrains sont souvent acquis à moindre coût ou mis à disposition gratuitement. Erilia s’est constitué un patrimoine énorme estimé entre 1,5 et 2 milliards d’euros.
Les flux financiers alimentant les projets sont très importants sans pour autant que les Corses puissent en profiter en accédant à la propriété et à la stabilisation sociale.
Rappelons que les loyers encaissés s’élèvent à plus de 66 millions d’euros annuellement.
Ces loyers doivent être pris en compte pour les résidents afin d’accéder à la propriété dans un modèle économique qui à l’évidence le permet. Cela permettrait que les Corsespuissent se constituer un patrimoine auquel ils ont droit et la réduction de fait de la pression spéculative sévissant sur la construction corse.
Au-delà du bailleur Erilia et des acteurs concernés par cette question, les habitants des logements sociaux doivent se saisir de cette problématique qui les touche directement et agir en conséquence.
La crise du logement n’est pas une fatalité c’est la conséquence directe de non développement, d’injustice sociale et de mauvais choix politiques à l’œuvre depuis des décennies.
« 𝙪𝙣 𝙖𝙡𝙡𝙤𝙜𝙝𝙟𝙪 𝙥𝙚𝙧 𝙩𝙪𝙩𝙩𝙞 𝙞 𝘾𝙤𝙧𝙨𝙞 »
