« Nazione propose un système bancaire corse et une banque publique pour financer l’économie »

(Corsicainfurmazione.org, Unità Naziunale, Publié le 3 juillet 2026) Nazione occupe actuellement la société générale à Lupinu à Bastia :  Le mouvement Nazione présente une feuille de route pour la mise en place d’un système bancaire au service des Corses.

Le document propose de renforcer le rôle de l’ADEC et de la CADEC, de créer un microcrédit pouvant atteindre 50.000 euros, de simplifier l’accès au crédit pour les résidents corses et de réinvestir une partie de l’épargne collectée en Corse dans l’économie productive. À plus long terme, Nazione défend la création d’une banque publique corse destinée à financer les secteurs stratégiques comme l’agriculture, l’industrie et l’innovation.

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Crédit Photos : Alexandre Santerian

Le texte du tract :

Nous demandons que le rôle de l’ADEC et de la CADEC soit mieux encadré et renforcé par une autonomie de financement (fonds propres).

Création d’un micro crédit élargi à la somme de 50.000€.

Révision des critères d’attribution des crédits aux Corses par la simplification des démarches administratives et des critères de garantie exigés (Statut de résident).

L’objectif visé est la relance des TPE (commerce, artisanat) en priorité dans le rural.

Qu’une part significative de l’épargne collectée en Corse soit réinvestie dans le secteur productif avec les garanties pour les épargnants par des dispositions d’ordre public. Ce modèle existe dans des territoires de certains pays nordiques.

À terme la création d’une banque publique corse où l’épargne des Corses servirait à financer véritablement les secteurs stratégiques, dont l’agriculture, l’industrie, l’innovation à l’instar des banques (régionales) allemandes.

Ces propositions s’inscrivent dans notre projet de société, qui sera popularisé dans les mois à venir par une stratégie de convergence des forces vives et le renforcement des luttes au quotidien.

NAZIONE

Le texte de la conférence de presse :

Pour un système bancaire au service des Corses
Nazione par cette action entend aborder le problème posé par la politique des banques menée en Corse.
Les banques jouent un rôle majeur dans notre vie quotidienne et constituent un rouage essentiel pour les investissements, l’emploi et le bon fonctionnement de l’économie.

Nous citerons quelques éléments de contexte :

❖ Les encours de dépôts (argent placé en banque en Corse), l’épargne des ménages représente 7 à 8 milliards d’euros. Les entreprises et les collectivités contribuent à hauteur de 3 milliards d’euros pour un total de 9 à 11 milliards.

❖ Les encours de crédit (l’argent prêté en Corse) s’élèvent à 6 milliards d’euros dont 85 % en crédit immobilier. Les prêts aux entreprises s’élèvent à 3 milliards d’euros.

❖ Les flux entrants (2024/2026) représentent en dépôt 11 milliards d’euros. Les flux en circulation annuellement s’élèvent à près de 60 milliards dus principalement aux activités touristiques et largement tributaires de l’extérieur.

Une grande partie de ces flux ne sont pas injectés dans notre économie et remontent vers les banques étrangères à l’île. Une infime partie des recettes générées par le tourisme reste en Corse.

De fait, peu d’investissements sont dirigés vers la production et de surcroît les excédents ne sont pas réinvestis en Corse.
L’épargne collectée en Corse est peu mobilisée dans le secteur productif et finance surtout l’immobilier et le crédit à la consommation. Une grande partie de cette épargne échappe ainsi à l’économie corse.

Par ailleurs, les banques sont contrôlées par l’ACPR (Autorité de contrôle prudentiel et de résolution) qui bénéficie de moyens fournis par la Banque de France et qui a la charge de la mission de supervision et de protection de la clientèle des banques. Elle est ainsi partie prenante notamment de la lutte contre le blanchiment.

Le contrôle des banques ne s’effectue plus seulement à l’échelle de la France mais également au niveau européen. Des contrôleurs évaluent les risques, constatent les dérives et peuvent prendre des sanctions contre les établissements bancaires en particulier contre les créances douteuses (crédits présentant un risque avéré de non-remboursement).

L’ACPR, rattachée à la Banque de France, est l’organe central de supervision du secteur financier en France. L’ACPR contrôle le respect des réglementations, encadre les usages et sanctionne les manquements constatés au même titre qu’une juridiction administrative. Elle organise des contrôles et des inspections et le secret bancaire ne lui est pas opposable. Associée à la Banque de France, l’ACPR est censée travailler en étroite collaboration avec TRACFIN, l’autorité des marchés financiers (AMF) et la BCE. L’ACPR informe et forme les professionnels assujettis aux dispositions du code monétaire et financier sur les obligations en matière de lutte contre le blanchiment et le financement d’activités illégales. Les acteurs concernés par l’ACPR sont les banques commerciales, d’investissement et les banques en ligne.

En dehors de l’ACPR d’autres autorités réglementaires et législatives sont responsables de la protection des clients des banques et de la prévention contre les pratiques illégales, en particulier TRACFIN qui est directement rattaché au ministère des finances et des comptes publics.

Nous constatons que les services de la Banque de France et les autres services ne font jamais état des contrôles, des enquêtes et des sanctions concernant le système bancaire et ses activités en Corse. Ce qui contraste singulièrement avec la grande publicité qui est faite autour de manipulations médiatiques visant à criminaliser en permanence la lutte nationale et les patriotes corses.

Dans la « région la plus pauvre de France », les flux financiers ne cessent de croître chaque année et ne correspondent plus à un développement équilibré, une économie de production et à un accès équitable au crédit.

Une « économie » spéculative s’est mise en place avec l’appui et le financement des banques en Corse dans une opacité totale sur les investissements et leur origine.

Dans ce cadre comment concevoir un développement réel ou les moyens financiers sont captés par des « intérêts particuliers » au détriment de l’intérêt général ?

Que font les pouvoirs publics concrètement pour combattre ces pratiques contraires aux intérêts essentiels de la majorité des Corses ?

A titre d’exemple, les jeunes corses sont exclus de la possibilité d’obtenir un crédit pour l’accession à la propriété ; ils deviendront ainsi « les locataires de la Corse » avec à terme une marginalisation sociale dans leur propre pays.

Nous ne pourrons tolérer plus longtemps des pratiques qui sous couvert de normes et de « légalité » excluent les corses du développement économique et social de la Corse.

Nous en appelons au sursaut collectif afin de redéfinir et bâtir un système bancaire axé sur le développement économique et social de la corse adossé aux valeurs de justice, de solidarité et de dignité.

CORSICAINFURMAZIONE.ORG
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