(Corsicainfurmazione.org, Unità Naziunale, Publié le 28 juin 2026) Une vive émotion traverse l’Alta Rocca après les révélations du père Pio, curé de Levie, qui affirme avoir été victime d’une agression au presbytère dans la soirée du samedi 27 juin.
Le père Pio, curé de Levie, affirme avoir été victime d’une agression au presbytère dans la nuit de samedi à dimanche. Selon son témoignage, trois jeunes extérieurs au village auraient tenté à plusieurs reprises de défoncer la porte de son domicile à coups de pied avant de prendre la fuite.
Le religieux inscrit cet incident dans un contexte plus large de dégradations qui touchent la commune depuis plusieurs mois, évoquant notamment des véhicules incendiés et d’autres actes de vandalisme. Il estime que cette nouvelle affaire marque un tournant inquiétant et dénonce une forme d’indifférence collective.
Dans un long message adressé aux habitants de Levie, le prêtre pointe la responsabilité de l’ensemble de la communauté villageoise. Il s’interroge sur les causes profondes de ces comportements, évoquant l’immaturité, d’éventuelles addictions, mais aussi une perte de repères, un recul de la pratique religieuse et une fragilisation de la cohésion sociale.
Le père Pio estime que les enfants présents lors des faits connaissent l’identité des auteurs et regrette que ces événements se soient produits alors qu’une partie du village participait à une soirée festive. Pour lui, cette agression symbolise « l’échec de la cohésion du village » et le sentiment que certains jeunes grandissent désormais sans véritable attachement aux valeurs et à l’identité de leur communauté.
Le religieux établit enfin un parallèle avec les atteintes visant les lieux de culte et les représentants religieux ailleurs en France, craignant que de tels comportements, autrefois perçus comme éloignés de la réalité corse, ne gagnent désormais l’île.
Dans un communiqué, la mairie de Levie a condamné avec la plus grande fermeté ces actes d’intimidation et de dégradation, apportant son soutien au religieux et rappelant son attachement aux valeurs de respect et de vivre-ensemble. La municipalité a toutefois tenu à préciser qu’il serait injuste d’assimiler l’ensemble de la jeunesse levianaise aux agissements de quelques individus.
L’affaire a suscité de nombreuses réactions de soutien. Le PNC a dénoncé des actes inacceptables visant un homme d’Église engagé au quotidien au service de son village, tandis que Jean-Christophe Angelini a estimé que « ce pays, dont chacun connaît l’histoire et les valeurs, ne peut dériver ainsi », exprimant son entier soutien au père Pio.
Le groupe Fà Populu Inseme a apporté son entier soutien au père Pio, victime d’une agression au presbytère de Livia. Le mouvement condamne fermement tout acte de violence, d’intimidation ou de dégradation, estimant que de tels comportements n’ont pas leur place dans les villages et les villes de Corse, en particulier lorsqu’ils visent un homme d’Église engagé au service de sa communauté.
Le maire de Granace, Jean-Yves Leandri, et l’ensemble du conseil municipal ont condamné avec la plus grande fermeté la tentative d’intrusion au presbytère de Levie et les faits visant le père Pio. Dans leur communiqué, les élus estiment que de tels agissements sont indignes et inacceptables, rappelant que s’en prendre à un homme d’Église et à un lieu de culte constitue une atteinte grave aux valeurs de respect, de paix et de fraternité qui fondent la société corse.
Le député de la 2e circonscription de Corse-du-Sud, Paul-André Colombani, a réagi aux dégradations commises contre le presbytère de Livia et aux actes d’intimidation visant le père Pio, affirmant ne pas pouvoir rester silencieux face à des faits qui ont suscité une vive émotion. Le parlementaire a exprimé son plein soutien au curé de la paroisse ainsi qu’à l’ensemble des paroissiens, saluant le dévouement du religieux et le rôle de repère qu’il exerce au sein de la communauté. Il estime qu’une telle épreuve, qui touche à la fois l’homme de foi et sa mission, mérite une attention particulière.
A ghjuventù Indipendentista a apporté son soutien total au père Pio après les actes de dégradation et d’intimidation visant le presbytère de Levie. Elle condamne fermement ces agissements, estimant que rien ne peut justifier qu’un homme d’Église et un lieu de culte soient pris pour cible par la violence ou les menaces.
Scrianzatu

Le message du Petre Pio sur ses réseaux sociaux : Chers frères et sœurs, Hier soir j’ai été personnellement agressé au presbytère. Trois jeunes, n’habitant pas le village, sont venus défoncer ma porte à coup de pieds. Ils sont revenus trois fois. J’ai failli en attraper un, et heureusement, il a pu s’échapper, car la situation n’aurait pas été la même. Cet incident fait suite aux nombreuses voitures brûlées et autres dégradations. Je voudrais passer un message fort aux habitants de Levie, notre village. Les enfants savent très bien qui a fait cela, car ils étaient présents. Cela s’est passé dans l’indifférence générale du village, qui était en train de passer un temps de festivité au bar, pendant que les enfants, à partir de 7 ans, étaient dans la rue à faire leurs bêtises habituelles. Mais ce soir nous sommes passé à un autre niveau. On critique le continent et les églises saccagées. Mais nous n’en sommes plus loin en Corse : on s’en prend à un prêtre ce soir, demain ce sera au tour des fidèles. C’est ce qui arrive à présent sur le continent, dans l’indifférence générale. Alors, est-ce que c’est la drogue ? Ou juste la bêtise et l’immaturité? Je ne sais pas. Mais mon intuition est que la responsabilité est totalement collective. D’abord les hommes du village. Puis les parents. Puis enfin les jeunes. Peu de pratique religieuse. Pas de connaissance de l’enfer, du purgatoire, du paradis. Peu de crainte de Dieu. Nous sommes proche du paganisme. L’idole de l’alcool gagne du terrain. D’autres vices font alors leur apparition: tout va bien dans le meilleur des monde, sans l’évangile. Le démon s’amuse avec les âmes. J’avais passé une journée pastorale intense mais belle: un baptême, un enterrement et une messe anticipée. Cette soirée, pour moi, représente l’échec de la cohésion du village. Nous n’arrivons pas à être unis dans un projet commun: et les enfants, qui sont des éponges, le ressentent et agissent comme s’ils n’étaient pas levianais. On est loin des « enfants sans soucis » des années 80.
Dégradation du presbytère de Livia : Des actes « inacceptables »
