« Départ de Rémi-François Paolini : des inquiétudes pour l’avenir de la langue corse »

(Corsicainfurmazione.org, Unità Naziunale, Publié le 27 juillet 2026) La décision du Conseil des ministres de mettre fin aux fonctions de Rémi-François Paolini, recteur de l’académie de Corse, suscite de vives interrogations.

Nommé en juillet 2024 avec pour mission de renforcer l’enseignement de la langue corse et de poursuivre le développement du bilinguisme, il laisse derrière lui un bilan largement salué.

Au cours de son mandat, la progression de l’enseignement immersif et bilingue s’est traduite par l’ouverture de 70 classes immersives dans le premier degré et par une hausse du nombre d’élèves inscrits dans les filières bilingues, qui concernent désormais plus de la moitié des écoliers de Corse. Cette dynamique est présentée comme le résultat d’une politique volontariste en faveur de la transmission de la langue corse.

Dans ce contexte, son remplacement, décidé quelques mois seulement avant la fin du mandat présidentiel, nourrit des inquiétudes quant à la poursuite des engagements pris en faveur du bilinguisme.

Le député Paul André Colombani estime qu’un tel changement intervient à un moment clé et appelle l’État à garantir la continuité de la politique menée jusqu’à présent, afin que le développement de l’enseignement immersif et de la langue corse ne soit pas remis en cause.

Jean Rossi

La position du député Paul André Colombani : La décision prise en Conseil des ministres de mettre fin aux fonctions de Rémi-François Paolini à la tête de l’académie de Corse suscite incompréhension et inquiétude. Nommé en juillet 2024 recteur de Corse, il était venu dans l’île avec une mission claire, dans le prolongement des engagements pris par le président de la République : renforcer l’enseignement de la langue corse et donner une nouvelle impulsion au bilinguisme. De l’avis général, le recteur s’est distingué par son implication constante et l’excellence de son bilan. Les résultats obtenus en témoignent concrètement : à la rentrée 2025, 70 classes immersives ont été ouvertes dans le premier degré et plus d’un élève du primaire sur deux – 52 % selon l’académie – était inscrit dans une filière bilingue. Une dynamique forte, portée par une ambition pleinement assumée : faire de la langue corse un savoir fondamental et permettre à toujours davantage d’enfants de l’apprendre, de la pratiquer et de la transmettre. Dans ce contexte, son départ, décidé à seulement six mois de la fin du mandat présidentiel, ne peut être considéré comme anodin. Si l’on voulait fragiliser la dynamique engagée en faveur de la langue corse et de son enseignement, on ne s’y prendrait pas autrement. Je demande donc toutes les garanties soient apportées dès aujourd’hui quant à la poursuite du bilinguisme, de l’enseignement immersif et de la politique ambitieuse conduite jusqu’à présent.

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