« Core in Fronte réaffirme son engagement pour l’autodétermination du peuple corse »

(Corsicainfurmazione.org, Unità Naziunale, Publié le 24 juin 2026) Core in Fronte considère le vote de l’Assemblée nationale française en faveur d’un statut d’autonomie pour la Corse comme une avancée politique significative, soixante ans après les premières revendications autonomistes et cinquante ans après Aléria et la création du FLNC.

Le mouvement estime qu’un pas institutionnel a été franchi et s’en félicite, tout en appelant à la prudence.

Le parti souligne que rien n’est encore acquis : le parcours parlementaire reste long, le calendrier demeure incertain, l’adoption définitive du texte par le Congrès est loin d’être garantie et le contenu de la future loi organique n’est toujours pas défini.

Core in Fronte rappelle également que les débats à Paris ont révélé de profondes divisions au sein de la classe politique française entre partisans d’un jacobinisme centralisateur et défenseurs d’une évolution institutionnelle de la Corse. Le mouvement réaffirme qu’une véritable autonomie ne peut se réduire à une simple décentralisation administrative et doit répondre aux principes de réparation historique et de solution politique.

Le parti se montre par ailleurs réservé sur l’amendement relatif au principe d’égalité, estimant qu’il pourrait, à l’avenir, servir de verrou juridique contre des mesures concernant notamment l’emploi local ou la protection du foncier. Il appelle donc à ce que la future loi organique affirme clairement le principe de dérogation, à l’image de certains statuts d’autonomie existants outre-mer.

Core in Fronte rappelle que les débats et divergences au sein du mouvement national autour des évolutions institutionnelles ne sont pas nouveaux et ont accompagné toutes les grandes étapes politiques depuis les années 1980. Quelles que soient les compétences finalement accordées à la Corse, le mouvement réaffirme que son objectif demeure le droit à l’autodétermination et la construction de la nation corse.

J.R Balzano

Le Communiqué : PÀ UNA VERA SOLUZIONI PULITICA L’Assemblée nationale française a adopté, mardi 23 juin 2026, un texte constitutionel sur un statut d’autonomie pour la Corse. 60 ans après les premières revendications autonomistes de l’ARC, et 50 ans après les événements d’Aleria et la création du FLNC, ce vote est une avancée politique pour la lutte institutionnelle. C’est un pas indéniable qui a été franchi par une partie de la représentation élue française et c’est de cela dont nous nous félicitons. Pour autant, nous ne pouvons, toutefois pour l’heure, employer des adjectifs superlatifs, pour qualifier ce vote favorable. En effet, le chemin parlementaire reste encore long et sinueux, le calendrier incertain, l’obtention d’un vote favorable au 3/5 du congrès est hypothétique et la loi organique non définie. Rien n’est acquis à ce stade, loin de là. Le débat à l’Assemblée Nationale française a, d’ailleurs, mis en relief combien le projet d’autonomie pour la Corse a exacerbé les contradictions, de la Droite à la Gauche, de l’extrême Gauche à l’extrême Droite, entre les tenants d’une centralisation butée et dominante et les défenseurs d’une évolution institutionnelle vers l’autonomie. Core in Fronte l’a, déjà, souligné lors de sa dernière conférence de presse : l’autonomie ne peut se confondre avec une simple décentralisation, qui ne répondrait pas aux principes, de la réparation historique et de la solution politique, auxquels la Corse aspire. La Corse n’a pas vocation à être et à demeurer un laboratoire d’une France, d’essence jacobine, qui cherche à se réformer dans son organisation politique et administrative. Dans ce contexte, nous restons quelque peu circonspects concernant l’amendement 111, du député Bernalicis, qui pourrait s’inscrire dans une logique contre productive pour l’avenir de la Corse. Pour Core In Fronte, la redite de l’article 1 sur l’égalité, dans un article d’exception pour la Corse, était inutile. Dans les dispositions des deux principaux statuts d’autonomie de la Kanaky et de la Polynésie, il n’y a pas cette référence. Elle ne doit pas constituer, demain, un verrou opportun, pour le Conseil Constitutionnel ou le Conseil d’Etat, afin de repousser une loi édictée par la Corse en matière, par exemple, d’emploi local ou de protection du foncier. La loi organique à venir ne complètera pas la Constitution mais un article en particulier, en l’occurrence le 72-5 de la Corse. Core In Fronte souhaite qu’elle énonce, de manière très claire, le principe de dérogation comme cela est le cas pour la Polynésie. C’est dans cette perspective que se situe l’étape d’un véritable statut d’autonomie. Mais, dans tous les cas, le futur statut de la Corse ne saurait être une fin en soi ou un aboutissement final de la lutte. À ce titre, depuis quelques jours, l’opinion publique nationaliste s’exprime, publiquement ou sur les réseaux sociaux, pour approuver la démarche, émettre des doutes ou être en opposition. Cela est légitime et est un signe de démocratie interne à l’ensemble du Mouvement National. Cette situation n’est d’ailleurs pas nouvelle. Ces mêmes débats, pour ou contre, ont eu lieu : – En 1982 avec le statut Defferre, qualifié par certains de « A trappula »; – Avec le statut Joxe en 1991 et la notion controversée de « peuple corse composante du peuple français », sur fond de divisions des nationalistes; – Lors du processus de Matignon en 2000, lorsque des organisations de la coalition Unità qualifiaient les pourparlers avec Lionel Jospin “d’enterrement de première classe”. La même défiance s’est manifestée, ensuite, au référendum de 2003; – Au cours des discussions et du projet d’écritures constitutionnelles, en 2018-2019, avec la ministre Jacqueline Gourault et la majorité territoriale Per A Corsica de l’Assemblée de Corse. Pour Core In Fronte, quel que soit le contenu du statut d’autonomie et les compétences dévolues à la Corse, notre combat pour la Nation corse continuera : Nous sommes un mouvement indépendantiste qui milite pour le droit à l’autodétermination du peuple corse dans le cadre du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. À toutes celles et ceux, adversaires et ennemis de la Corse, qu’ils se situent en France ou ici même, sur la terre corse, nous rappelons avec détermination cette phrase de A Cispra en 1914 : « A Corsica un hè micca un dipartimenti francesu, ma una nazioni vinta chì hà da rinascia».

CORSICAINFURMAZIONE.ORG
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