(Corsiscainfurmazione.org, Unità Naziunale, publié le 23 juin 2026) Voce Naziunale considère que la réforme constitutionnelle concernant la Corse constitue une évolution institutionnelle importante, mais insuffisante pour répondre aux aspirations nationales du peuple corse.
Selon le mouvement, le texte ne reconnaît pas juridiquement le peuple corse, n’instaure ni statut de résident, ni corps électoral propre, ni priorité d’accès au logement ou à l’emploi. Il ne confère pas non plus de coofficialité à la langue corse et ne garantit pas de véritables pouvoirs législatifs à la Collectivité de Corse.
Face aux défis démographiques, culturels, sociaux et fonciers, le mouvement estime que seule la reconnaissance du peuple corse et son droit à l’autodétermination permettraient de mettre en œuvre des outils de protection et de développement adaptés aux réalités de l’île.
Voce Naziunale annonce poursuivre son engagement politique et appelle à une prise de conscience collective ainsi qu’à un renouveau de la lutte institutionnelle et nationale en faveur de l’autodétermination de la Corse.
Scrianzatu

Le communiqué : Notre groupe, dans un esprit d’honnêteté intellectuelle et loin de toute polémique ou enchère politicienne, tient à revenir sur le contenu du projet d’écriture constitutionnelle relatif à la Corse validé par l’assemblée nationale française aujourd’hui. Nous le disons très clairement, si ce texte est définitivement validé par le parlement français il s’agirait effectivement d’un moment notable tout comme les évolutions institutionnelles obtenues en 1982 et 1991 qui dotent l’île d’un statut particulier. En revanche, si la démarche peut représenter un pas significatif vers l’autonomie (sous réserve de l’adoption d’une loi organique conférant à la Collectivité de Corse un pouvoir normatif dans un large champ de compétences non régaliennes), elle n’est en rien une avancée majeure en faveur de l’autodétermination du peuple corse. Dans un contexte de tension démographique, de recul de la culture corse, de spéculation immobilière, de difficultés sociales et économiques, nous pensons que le peuple corse doit se doter des outils nécessaires à sa sauvegarde et à son développement. En ce sens, nous rappelons que nos revendications ne sont ni des fantasmes ni des propositions hors sol mais des mesures fondamentales. La seule voie vers l’autodétermination est la reconnaissance du peuple corse qui nous ouvrirait la possibilité de jouir du droit international des peuples à disposer d’eux-mêmes. Cet acte serait fondateur d’une démarche de protection et d’émancipation de la Corse et de son peuple. Cela se traduirait dans un temps relativement court par la composition d’un corps électoral propre, des mesures de priorisation d’accès au logement et à l’emploi, mais également une politique de réappropriation culturelle. Dans un esprit de responsabilité, nous avons suivi attentivement les débats à l’assemblée nationale française. Nous avons noté sans surprise une présence forte de forces jacobines voire coloniales, mais également des forces progressistes en faveur du respect des droits des peuples. NON les termes de « communauté insulaire, historique, linguistique, culturelle, ayant développé un lien singulier à la terre corse » n’ouvrent pas les mêmes droits que la reconnaissance du peuple corse. Cela a d’ailleurs été souligné à de nombreuses reprises par des spécialistes du droit constitutionnel et par les députés mêmes. NON, ce texte ne permettra pas de mettre en place des mesures en faveur de la protection du peuple corse telles qu’un statut de résident, un corps électoral propre ou des mécanismes de priorité d’accès au logement ou à l’emploi car à défaut d’inscription en ce sens, la constitution française n’ouvre pas la possibilité de différencier la population présente sur l’île. NON, la langue corse n’est pas reconnue et ne dispose pas d’un statut de coofficialité. NON, cette proposition d’écriture constitutionnelle ne garantit pas que la Corse disposera de pouvoirs législatifs pour un large panel de compétences (condition pour une réelle autonomie) comme l’alinéa 4 l’indique clairement « Dans les conditions définies par une loi organique, lorsque les intérêts propres mentionnés au deuxième alinéa le justifient, les lois et règlements peuvent faire l’objet d’adaptations applicables en Corse. La Collectivité de Corse peut également être habilitée à fixer elle-même les règles applicables sur son territoire dans certaines matières déterminées par la loi organique ». Voce Naziunale, dans l’intérêt de la Corse et des Corses mais aussi dans le cadre de ses prérogatives à l’Assemblea di a Ghjuventù, continuera à pointer les faiblesses du processus de Beauvau et des temps parlementaires associés. En cohérence avec la session extraordinaire du 1er juin et la motion adoptée à l’unanimité « Lotta istituzionale », nous appelons à la prise de conscience collective et à un renouvellement de la Lutte de Libération Nationale pour ouvrir un chemin vers l’autodétermination. Per a pace, Per a demucrazia, Per a libertà. VOCE NAZIUNALE
