Réunis à Paris autour de Françoise Gatel, les parlementaires corses ont dû encaisser une nouvelle douche froide : l’examen du projet de loi constitutionnelle, pourtant annoncé pour mai au Sénat, est repoussé sans date précise. Motif invoqué : l’engorgement législatif. Traduction politique : la Corse passe encore après tout le reste.
Quatre ans après le lancement du processus, initié dans un contexte de crise majeure après l »assassinat commandité d’Yvan Colonna, l’État continue de temporiser. Le texte, validé par l’Assemblée de Corse en mars 2024 et adopté en Conseil des ministres en 2025, devait marquer une avancée historique. Il devient aujourd’hui le symbole d’un enlisement organisé.
Même les scénarios les plus optimistes évoqués par Jean-Jacques Panunzi repoussent l’échéance à l’automne, voire au-delà. Et derrière, c’est tout le processus qui glisse : Congrès incertain, loi organique reportée, application réelle renvoyée à 2027 ou 2028. Autrement dit : l’autonomie, oui… mais plus tard. Toujours plus tard.
Face à ce nouveau report, Michel Castellani et Paulu-Santu Parigi haussent le ton. Ils dénoncent clairement un retard imputable à l’agenda gouvernemental et exigent un calendrier “clair” et “transparent”. Leur message est limpide : on ne peut plus se contenter de promesses sans échéance.
De son côté, Paul-André Colombani propose d’inverser l’ordre parlementaire en commençant par l’Assemblée nationale pour gagner du temps. Une manière de contourner l’inertie… mais qui souligne surtout une réalité : rien n’avance sans pression.
Pendant ce temps, même ceux qui s’opposent au fond du texte, comme François-Xavier Ceccoli, s’inquiètent du blocage et réclament simplement… un débat. C’est dire le niveau de paralysie.
Au final, ce nouvel épisode confirme une mécanique désormais bien rodée : annonces, espoirs, puis reports. L’autonomie de la Corse reste suspendue à un calendrier sans cesse repoussé, diluée dans les priorités nationales, et renvoyée — une fois de plus — aux calendes grecques.