(Corsicainfurmazione.org, Unità Naziunale, Publié le 11 mars 2026) C’est en substance ce que propose Jean Pierre Santini, ancien responsable du FLNC dans les années 70 sur son réseau social.
En pleine période électorale loin de toute lutte institutionnelle, et pendant la temporisation d’un statut d’autonomie à minima par l’état du pays ami, l’ancien dirigeant clandestin propose 38 principes pour ne pas disparaitre.
Les 38 principes formulés par Jean-Pierre Santini dans Indipendenza (et sur son réseau social Méta/Facebook) (<–lien ici) constituent une réflexion politique structurée sur la question nationale corse et sur les conditions nécessaires à la sauvegarde du peuple corse. Leur point de départ est une analyse claire : la situation de la Corse relève d’un rapport colonial entre l’État français et le peuple corse, dans lequel les évolutions institutionnelles proposées au fil du temps n’ont jamais remis en cause la domination politique, économique et démographique exercée sur l’île.
Selon cette lecture, le colonialisme moderne ne se limite pas à une domination administrative. Il s’exprime également par une transformation profonde de la société corse, notamment à travers la pression foncière, la colonisation de peuplement et l’intégration progressive de l’économie insulaire dans les logiques du capitalisme extérieur. Dans ce cadre, les réformes institutionnelles successives apparaissent comme des ajustements du système, qui améliorent parfois la gestion locale mais ne répondent pas à la question fondamentale : celle du droit du peuple corse à disposer de lui-même.
Face à cette situation, Santini affirme que la nation corse existe par la conscience collective de celles et ceux qui refusent sa disparition. La lutte de libération nationale vise donc à restaurer les droits politiques de ce peuple et à lui permettre d’exercer pleinement sa souveraineté. L’indépendance politique n’est pas présentée comme une fin idéologique en soi, mais comme la condition de la liberté collective, permettant au peuple corse de choisir son propre modèle économique, social et culturel.
Dans cette perspective, l’un des axes majeurs proposés est la reconstruction d’une unité nationale forte. Cette unité devrait dépasser les divisions politiques et organisationnelles pour rassembler l’ensemble des patriotes autour d’un objectif commun : la restauration de la nation corse dans tous ses droits.
Pour concrétiser cette démarche, Santini propose la création d’un corps électoral corse volontaire, constitué par celles et ceux qui se reconnaissent dans l’existence de la nation corse et dans son droit à l’indépendance. Ce corps électoral aurait vocation à élire une Assemblée nationale provisoire, chargée d’incarner la représentation politique légitime du peuple corse et de porter sa volonté souveraine.
Une telle démarche viserait à structurer politiquement la nation corse, à éviter les divisions internes qui ont marqué l’histoire du mouvement national et à établir un rapport de force politique clair avec l’État français.
Ainsi, les principes avancés par Jean-Pierre Santini se présentent comme un appel à la cohérence stratégique et à l’unité nationale, fondé sur l’idée que la survie du peuple corse passe par la reconnaissance de son existence politique et par la reconquête de sa souveraineté. Ils invitent les patriotes corses à se rassembler autour d’une stratégie commune capable de redonner au peuple corse la maîtrise de son destin collectif.
Ghjacumu Petru

