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(Unità Naziunale – 09h00 – 23 octobre 2017Pour des raisons que la grande histoire éclaircira sans doute, il flotte sur notre Europe inachevée un parfum de Restauration.

Comme chaque fois qu’y souffle un vent libertaire, on assiste au retour de la réaction. Les français connaissent bien ce phénomène, eux qui, après avoir supporté Pétain et ses sanglantes grenouilles de bénitier, n’ont pas gagné au change en héritant d’un régime imposé par les tanks du Champ de Mars et les féodaux , chantres d’une résistance dont les véritables héros avaient eu le bon goût de se faire discrets.

En 1944, l’état-major américain considérait à juste titre la France comme une nation vaincue et avaient décidé de la mettre sous tutelle. Ce qui explique le discours de De Gaulle à son entrée dans Paris libéré et son empressement à blanchir une haute administration dont il avait un besoin impérieux. On fit donc du neuf avec du vieux, et les français héritèrent des collabos « retournés », procureurs, préfets et gendarmes. Ceci expliquant cela, la France eut droit à mai 68, qui ne fut pas seulement une salutaire révolution de mœurs mais fut aussi la tentative avortée d’un véritable chamboulement politique.

Et la France entra dans la construction européenne exactement comme elle l’avait fait pour la décolonisation : à reculons !

En 1973 disparaissait le sanglant despote d’une des plus longues dictatures de l’histoire de l’Europe. Les Espagnols manifestaient leurs désirs de renouveau et les nations ibériques qui la constituaient jouèrent le jeu. Las, elles eurent à subir la pérennité de la culture politique castillane qui prétendait représenter les peuples d’Espagne: fondée sur l’obscurantisme, sur l’intégrisme religieux et sur la coercition sadique des esprits et des corps des conservateurs castillans , de gauche comme de droite, elle sous-tend le fonctionnement du nouveau régime espagnol, faisant croire au monde libre que l’Espagne est une démocratie.

Comme si la démocratie consistait à contrôler les moyens de communication, qu’ils s’appellent ORTF ou TVE ! Comme si la démocratie consistait à remettre en cause un statut légal, à nier une aspiration légitime, à frapper des femmes désarmées ou à mettre des gens en prison pour leurs opinions politiques en les traitant de délinquants, comme à Madrid , à Paris ou à Ankara…Et il est curieux de constater que le seul état-nation à essayer de résoudre ses problèmes centrifuges selon des règles démocratiques, c’est l’Angleterre qui a quitté l’Europe…

En poursuivant le mirage d’une grandeur perdue qui fonde le répugnant nationalisme castillan comme l’insupportable impérialisme français, les dirigeants madrilènes, comme leurs homologues parisiens, hypothèquent l’accomplissement de l’union des européens.
Dans ces conditions plutôt que d’appliquer à l’Europe cet étrange syllogisme si souvent entendu : «  l’Europe n’a pas de politique commune, elle ne peut donc rien faire, ne rien faire est une mauvaise chose , donc l’Europe est une mauvaise chose ! », mieux vaut dire :
l’Europe doit se faire avec tous ceux qui pensent que nous serons mieux organisés ensemble pour affronter les défis de ce siècle. S’il faut pour cela rogner les ailes aux establisments nationaux qui parlent pour tous mais n’agissent que pour leurs intérêts lobbyistes, il faut le faire.

La voix d’un Rajoy ne saurait porter plus loin que celle de 500 millions d’européens.

Ghacumu faggianelli

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