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Trois victoires éclatantes avec des scores très larges, y compris là où on ne l’attendait pas forcément grâce à Paul André Colombani qui bat largement Camille de Roca Serra à Portivechju. Et le « grand chelem » était à portée de main, car à Aiacciu, comme ailleurs en Corse, le potentiel était là pour une quatrième victoire !

Pè a Corsica a réussi un incontestable tour de force lors de ces élections législatives. Le message envoyé aux nouveaux dirigeants de l’Etat français est puissant et exaltant. La Corse vit un basculement historique.

Le héros de ce scénario magnifique s’appelle le peuple corse !

Il a apporté une triple preuve dans ce scrutin : la preuve de son existence en tant que peuple historique qui aspire à une reconnaissance institutionnelle ; la preuve de sa maturité qui a balayé avec une force inattendue les forces clanistes qui étouffaient jusqu’alors son expression démocratique ; et la preuve de son « désir d’avenir », de son projet national, qui prend forme jour après jour autour de l’action menée à la Collectivité Territoriale de Corse.

À pòpulu fattu, bisogn’à marchjà ! Cette devise est plus que jamais d’actualité : le peuple corse est en marche !

Cet élan s’est manifesté dimanche de façon irrésistible. Le premier tour était une première étape, le second tour a été un vrai tsunami.

Michel Castellani, 60,81% des voix sort en tête dans 35 communes sur 45. A Bastia, il l’emporte haut la main (63,83%), et à Siscu, Patrimoniu, Olmeta di Tuda et Ugliastru, il dépasse 8O%.

Jean Félix Acquaviva, 63,05% des voix, sort en tête dans 141 communes sur 191. Il cartonne en Balagna (75,71% à Calvi, 74,23% à Lìsula, plus de 80% à Calinzana, Belgudè, Galeria, Lavatoghju, Mansu, Olmi-Cappella, Montegrossu, Pigna) et il accumule les scores impressionnants dans l’intérieur, notamment bien sûr dans le Niolu (83,56% des voix !).

Paul André Colombani, 55,22%, sort en tête dans 46 communes sur 76. Il devance largement Camille de Rocca Serra à Aiacciu, à Sartè et il le bat même à Portivechju. Dans 10 communes il obtient 75% et plus, avec des pointes à 85%, y compris dans des grosses communes comme Vighjaneddu, ou Eccica-Suaredda.

Dimanche dernier la Corse a voté pour elle-même, et ce vote est en soi une affirmation démocratique, un acte constitutif d’une démarche d’autodétermination. La route est encore longue, mais après la victoire de Bastia en mars 2014, la victoire à la CTC en décembre 2015, l’élection des trois députés nationalistes ce 18 juin 2017 restera une date essentielle de l’Histoire de la Corse. Le peuple corse a fait son choix. Il est en route pour son autonomie et son émancipation.

Que trouvera-t-il sur sa route ?

Il trouvera des soutiens, en Europe, dans les Territoires ultra-marins, et parmi ceux qui dans l’hexagone, respectent son expression démocratique. Il trouvera aussi des adversaires, directs ou plus sournois. L’Etat français admettra très mal de concéder une autonomie à la Corse, mais le rapport de forces aujourd’hui créé rend cette perspective tellement naturelle et évidente qu’il aura le plus grand mal à l’empêcher.

Dans une telle phase de progression, le plus important quand on est le « David » du rapport de forces, c’est de valoriser au maximum les avancées obtenues. Nos députés devront être soutenus et actifs au sein d’un Parlement qui cherchera à les marginaliser, au nom de règlements , au moyen du couvercle médiatique, en multipliant les obstructions. Mais, dans la complémentarité ave l’Exécutif de la Collectivité de Corse, il se construit désormais une force politique prête à relever tous les défis.

Sunate lu cornu !

François Alfonsi

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