L’actualité des blogs politiques, @F_Alfonsi « RPS aux régionales – En Alsace Unserland sonne la révolte ! »
« La réforme de la carte des régions de Manuel Valls a rayé de la carte, d’un simple trait de plume, la région Alsace. Un peu comme si on recréait ici « PACAC », la défunte région Provence-Alpes-Côte d’Azur-Corse, en supprimant brutalement l’Assemblée de Corse. La révolte corse des années 70 a fait voler en éclat la construction technocratique parisienne. Avec Unserland, le parti alsacien qui monte, l’Alsace pourrait faire de même pour obliger l’Etat à rétablir son identité territoriale.
En les obligeant à se présenter pour le scrutin régional dans la nouvelle région ACAL (Alsace-Champagne-Ardennes
Le mouvement autonomiste alsacien a traversé un demi-siècle de difficultés. Pourtant l’Histoire de l’autonomisme alsacien est riche d’un passé glorieux, quand Bismarck avait, entre les deux guerres où l’Alsace était repassée sous contrôle allemand (entre 1870 et 1914), établi l’autonomie pleine et entière du territoire, créé la première sécurité sociale européenne dont l’Alsace et la Lorraine alémanique bénéficient encore, comme d’autres dispositions d’un « droit local » bénéfique que les Alsaciens ont conservé alors que, nous autres Corses, nous avons perdu les Arrêtés Miot.

Mais la guerre de 39-45 est arrivée et le sentiment germanique culturellement très puissant de la société alsacienne a été refoulé au plus profond des consciences. Politiquement, la moindre velléité autonomiste était taxée au mieux de pan-germanisme, le plus souvent de néo-nazisme. L’étouffoir a failli aller à son terme et asphyxier toutes les démarches autonomistes, mais la flamme a quand même été maintenue, et la solidarité de RPS a joué un rôle notable pour cela. Une relève s’est fait jour en 2006, quand notre Université d’Eté s’est tenue à Mulhouse, et c’est elle désormais qui est à la tête de la protestation unanime des Alsaciens contre la réforme de Manuel Valls.
Aux départementales, malgré une organisation balbutiante, ils ont atteint 15% des voix dans la moitié des cantons où ils ont réussi à se présenter faute de cadres en nombre suffisants pour couvrir tout le territoire. Leur liste aux régionales s’inscrit dans la même dynamique : le nombre de militants a quadruplé en un an, les nouveaux cadres affluent, les meetings font salle pleine, le drapeau alsacien, banni il y a un demi-siècle, fleurit partout dans les manifestations et le paysage, jusqu’à un groupe de jeunes militantes qui, à la manière des Femen, arborent la coiffe traditionnelle de façon provocatrice.
L’Alsace est debout, et elle fera parler d’elle !
En Bretagne, La liste Troadec change la donne
A l’UDB ça a été un débat douloureux et une décision difficile à prendre. Après un compagnonnage traditionnel avec le PS, un relais pris par l’alliance avec les écologistes jusqu’à la rupture des dernières européennes où la liste UDB a « ramé » pour rassembler l’étiage de son audience (2%), le parti s’est divisé sur la suite de son action. Une minorité a voulu rétablir l’alliance avec un Parti Socialiste dont les cadres bretons restent l’ilot de résistance au courant jacobin qui désormais domine la gauche en France, et une majorité emmenée par les plus jeunes a pris la décision de rejoindre le courant « bretonnant » incarné par Christian Troadec, le Maire de Carhaix dans l’intérieur du Finistère, ville-symbole depuis deux décennies de la Bretagne qui résiste et de la Bretagne qui construit. A Carhaix, sous son impulsion, on a implanté le premier lycée Diwan, sauvé l’hôpital local que l’ARS voulait fermer, sauvé les emplois dans l’agro-alimentaire en allant chercher des investisseurs et des marchés en Chine, et même créé ce qui est devenu le plus grand festival de musique de France, les Vieilles Charrues, né pour contrer ceux qui pullulaient sur le littoral touristique.
Cette alliance est une première pour une Union Démocratique Bretonne dont l’ancrage à gauche est l’ADN, car, même si Christian Troadec est classé au centre gauche, les Bonnets Rouges qu’il a animé sont en fait un mouvement transversal et trans-partis, sorte de creuset de la contestation bretonne. Mais là est la voix de la Bretagne, et là était donc la place de l’UDB.
Dans les sondages la liste Troadec est à 9%. Il lui faut 10% pour pouvoir se maintenir au second tour et imposer une entrée en force au Parlement breton. C’est possible ; et c’est éminemment souhaitable !
*J’ai eu le plaisir de participer à leur meeting de Mulhouse, sous la conduite de Thierry Kranzer, fonctionnaire de l’ONU venu exprès de New-York pour la campagne, en soutien à la liste conduite par Jean-Georges Trouillet, Andrée Munchenbach et Nadia Hoog.

