(Corsicainfurmazione.org, Unità Naziunale, Publié le 15 octobre 2026) À la suite des déclarations de François-Xavier Ceccoli dans l’émission Puliticamente sur RCFM, le STC, Jean-Félix Acquaviva et la Chambre d’agriculture de Corse ont pris publiquement position pour contester les propos du député de Haute-Corse.
Si leurs interventions portent sur des sujets différents, elles expriment toutes un désaccord avec sa manière de présenter leurs engagements, leurs décisions et leur indépendance. Les trois réactions mettent ainsi en cause une approche qu’elles jugent davantage tournée vers la polémique que vers la défense concrète des intérêts corses.
Le STC s’élève contre les déclarations visant son organisation et l’intégrité de ses militants, rappelant qu’il représente près de 8 000 adhérents et que son histoire s’inscrit dans les luttes de libération nationale et sociale. Le syndicat souligne les risques pris par celles et ceux qui ont participé à sa construction, certains ayant payé leur engagement de leur liberté ou de leur vie. Il conteste également la légitimité de François-Xavier Ceccoli à lui donner des leçons de morale politique, en évoquant les circonstances de son élection en 2024 et le retrait de la candidate d’extrême droite au second tour. Pour le STC, sa légitimité ne dépend pas d’un mandat électif, mais de décennies de présence sur le terrain et de défense des travailleurs corses. Il affirme vouloir poursuivre son combat en toute indépendance et demande au député de se concentrer sur ses responsabilités politiques plutôt que de remettre en cause son histoire.
Jean-Félix Acquaviva répond, pour sa part, aux déclarations concernant la fiscalité environnementale des transports maritimes et les quotas d’émissions de gaz polluants, dits ETS. Il rappelle que son vote portait sur la transposition d’orientations européennes dans le droit français, alors que les modalités d’application et les conséquences financières précises n’étaient pas encore connues. Il affirme avoir ensuite dénoncé l’application de ce dispositif sans adaptation suffisante aux contraintes de l’insularité, susceptible d’augmenter les tarifs du transport de passagers et de marchandises et de fragiliser les entreprises. Il détaille les démarches conduites par l’Office des transports de la Corse avec les acteurs économiques, les syndicats et les représentants du monde agricole, touristique et commercial pour obtenir une exemption temporaire de cinq ans et affecter en Corse les recettes des quotas aux investissements de décarbonation. Il rappelle également qu’environ 11,5 millions d’euros ont été budgétés pour atténuer les hausses tarifaires de 2024 et 2025, tandis que 8 millions ont été provisionnés pour 2026, sans financement de l’État sécurisé à ce stade. Acquaviva reproche enfin à Ceccoli de n’avoir, selon lui, joué aucun rôle dans ces démarches et de privilégier les interventions médiatiques à la défense des intérêts concrets de l’île.
La Chambre d’agriculture de Corse rejette fermement l’affirmation selon laquelle elle serait « sous l’obédience de Gilles Simeoni ». Elle rappelle que son équipe rassemble trois syndicats agricoles ainsi que des agriculteurs non syndiqués, issus de sensibilités politiques diverses, et qu’elle a travaillé avec plusieurs parlementaires de différents courants pour défendre les intérêts du secteur. L’institution affirme que ses décisions sont prises collectivement, au terme de débats et dans la recherche du consensus, sous la responsabilité de son président, Arena. Elle demande à François-Xavier Ceccoli d’apporter des preuves à ses accusations ou de cesser de chercher à discréditer son fonctionnement et ses élus. Face aux difficultés rencontrées par les agriculteurs corses, elle estime qu’un député doit contribuer à faire avancer les dossiers et proposer des solutions plutôt que de mettre en cause l’indépendance de l’institution.
Au-delà de ces trois dossiers — l’engagement syndical, la fiscalité des transports et la représentation du monde agricole —, ces prises de parole font apparaître une même ligne de confrontation. Le STC défend son héritage militant, Jean-Félix Acquaviva insiste sur les démarches engagées pour adapter les règles européennes aux réalités insulaires, tandis que la Chambre d’agriculture revendique son autonomie de décision. Tous trois contestent la présentation de leurs actions par François-Xavier Ceccoli et affirment que la défense des intérêts corses doit reposer sur des engagements vérifiables, une connaissance des dossiers et des résultats concrets. Leurs communiqués traduisent ainsi un affrontement politique qui dépasse la seule polémique médiatique et porte sur la légitimité de ceux qui prétendent parler au nom des travailleurs, des agriculteurs et de la population corse.
Tuninu

