(Corsicainfurmazione.org, Unità Naziunale, Publié le 15 octobre 2026) À l’approche de l’examen du projet de loi constitutionnelle sur l’autonomie de la Corse par la commission des lois du Sénat, le 21 octobre, sa présidente, Muriel Jourda, a rencontré le 15 octobre à Aiacciu plusieurs élus insulaires afin de recueillir leurs positions.
Ces échanges interviennent avant le dépôt des amendements, prévu jusqu’au 23 octobre, puis le débat en séance publique fixé au 26 octobre. Alors que certains élus privilégient un renforcement du pouvoir d’adaptation sans aller jusqu’à la reconnaissance d’un véritable pouvoir législatif, d’autres défendent une autonomie plus ambitieuse, capable de renforcer les compétences de la collectivité et des institutions locales.
Lors de cette rencontre, les élus de Core in Fronte, représentés par Paul-Félix Benedetti, ont réaffirmé que l’autonomie devait constituer une véritable capacité d’action politique et législative. Ils ont notamment souligné que l’exercice de l’autonomie implique nécessairement de pouvoir faire la loi et demandé que la future loi organique détaille l’ensemble des compétences à transférer et définisse précisément les contours techniques du statut. Pour étayer leur position, ils ont mis en avant les résultats qu’ils attribuent aux gestions autonomes dans les domaines économique, social, environnemental et agricole, en citant notamment les Açores et la Sardaigne.
Core in Fronte a également insisté sur la nécessité d’un statut de résident, présenté comme un mécanisme de protection du peuple corse face à la pression démographique et immobilière. Paul-Félix Benedetti a évoqué un solde migratoire positif d’environ 5 000 personnes par an, chiffre attribué à l’INSEE dans le communiqué, et mis en cause les effets des arrivées depuis la rive nord de la Méditerranée, notamment celles de retraités disposant de moyens financiers importants. Pour les élus de Core in Fronte, le processus d’autonomie doit ainsi permettre à la Corse de disposer de leviers législatifs effectifs, mais aussi de moyens de préserver sa population et de mieux maîtriser son avenir économique, social et foncier.
Jean Robert Balzano

Le communiqué des élus de Core in Fronte à l’Assemblée de Corse : Rencontre avec Murielle Jourda (présidente LR de la commission des lois du Sénat), Julien Fradel (Administrateur principal du Sénat à la direction de la législation et du contrôle) et Isabelle Florennes sénatrice MoDem. Paul-Felix Benedetti a réitéré l’importance de l’autonomie qui reste la norme de 300 millions d’européens, en particulier les îles de l’arc latin. L’accent a particulièrement été mis sur des exemples précis, en particulier les bons résultats des gestions autonomes en matière de développement économique, social environnemental et agricole (notamment aux Açores et en Sardaigne). Nous avons rappelé que l’autonomie implique nécessairement la capacité de faire des lois. Core in Fronte souhaite que la loi organique liste, détaille l’ensemble des compétences à transférer et organise les contours techniques du statut. Sur le statut de résident, Paul-Felix Benedetti a dit que notre peuple, tout en ayant toujours existé et intégré des personnes extérieures, a aujourd’hui plus que jamais besoin de mécanismes de protection en particulier face à l’explosion démographique hors norme que connait la Corse. La Corse, selon les statistiques de l’INSEE, a un solde positif annuel de population de près de 5000 personnes. Une progression due essentiellement aux flux migratoires de la rive nord et souvent le fait de retraités très aisés, dont on connait la facilité à acheter du foncier et de l’immobilier.
