« Sécurité intérieure, Fijait, Finiada » : Patriotti in Lotta dénonce la continuité de la répression.

(Corsicainfurmazione.org, Unità Naziunale, Publié le 1er septembre 2028) Patriotti in Lotta lors de sa conférence de presse à Aiacciu le lundi 21 aout 2026, revient sur la question des prisonniers et anciens prisonniers politiques corses dans le contexte du débat institutionnel sur l’autonomie de la Corse.

L’organisation estime que l’annonce faite par le ministre français de la Justice, Gérald Darmanin, en février 2025 concernant notamment le Fijait, ainsi que la prise en compte des mesures Finiada et des amendes, constituaient des signes d’ouverture importants. Elle inscrit ces avancées dans la continuité du combat mené contre la répression politique, notamment à travers la mobilisation de Patriotti puis de Patriotti in Lotta.

Pour l’organisation, ces gestes doivent s’inscrire dans un processus politique plus large, comparable aux périodes de 1981 et 1990, durant lesquelles les évolutions institutionnelles avaient été accompagnées de mesures de libération et d’amnistie. Elle considère que la question des prisonniers et anciens prisonniers politiques ne peut donc être dissociée du débat actuel sur l’autonomie. Les démarches engagées sont également présentées comme un moyen de rétablir les personnes victimes de la répression dans leurs droits politiques, civils, sociaux et professionnels, tout en faisant du droit et des libertés des références essentielles.

Mais Patriotti in Lotta dénonce la persistance de mécanismes qu’elle considère comme répressifs, malgré les ouvertures et les engagements annoncés. L’organisation cite notamment le cas d’Olivier Sauli, dont le classement au Finiada aurait été supprimé avant d’être remplacé par une mesure relevant de la « sécurité intérieure », ainsi que celui de Julien Duclos et d’autres personnes liées à un Mouvement Patriotique. Pour Patriotti in Lotta, ces nouvelles mesures contredisent les engagements pris par le ministre français de la Justice et sont incompatibles avec la logique d’une résolution politique de la question corse.

Dans cette conférence de presse, Patriotti in Lotta appelle ainsi les autorités concernées à mettre fin à ce qu’elle considère comme une continuité de la répression et à respecter les libertés et les droits des personnes concernées. L’organisation affirme vouloir poursuivre les initiatives nécessaires à la défense de ces droits et appelle les forces patriotiques et progressistes à refuser le « renoncement », « l’assujettissement » et la « mise au pas » de la société corse. Sa conclusion est sans ambiguïté : « Tempu di chjarificazioni hè ! (…) A lotta cuntinughja. »

Jean Robert Balzano

Le texte de la conférence de presse : CIÒ CHÌ NO SIMU HÈ CIÒ CHÌ UN VOLINI MICCA Lors de la venue du Ministre français de la justice à la Collectivité Territoriale de Corse, celui-ci, dans la lignée des débats qui ont nourri la Corse quant à son évolution institutionnelle, et selon la suite des propos du Président de la République française sur l’inscription de la Corse dans la Constitution française, a abordé la question des prisonniers politiques et des anciens prisonniers politiques. Cette question revêt une importance. À l’instar des contextes politiques de 1981 et de 1990, ou des processus institutionnels ont été accompagnés – à juste titre – de libérations et de votes d’amnistie, le débat actuel portant sur l’autonomie de la Corse ne peut faire l’impasse sur cette question ci-dessus soulignée. L’annonce alors portée par Monsieur Darmanin prend donc place dans ce schéma. Elle se veut gage donné par le gouvernement français pour démontrer sa volonté de participer à ce cheminement pour sortir la Corse de l’ornière. Elle est aussi la conséquence de la continuité du combat anti – répressif, de la justesse des revendications posées, de la détermination politique à aboutir, au moment ou cette question a été pendant des années, y compris à partir de 2015, paradoxalement relativisée par des mandatures circonspectes sur ce sujet. Il a fallu la création de « Patriotti » puis de « Patriotti in lotta » et une mobilisation de tous les instants, avec d’autres, pour recentrer et poser de manière concrète le problème de la répression politique, des poursuites en cour, du sort et des conditions des victimes qui revendiquent réparation et reconnaissance. L’annonce faite par Monsieur Darmanin en février 2025, particulièrement sur le « Fijait » avait donc une portée. Elle s’accompagnait tout autant de la prise en considération des mesures « Finiada » et des amendes. Les échanges officielles de la représentation ministérielle avec une délégation d’anciens prisonniers politiques, de membres d’une association de défense, d’élu(e)s et du président de l’exécutif de la Collectivité de Corse sont allées dans ce sens. Ces gestes pour symboliques qu’ils soient participent à la protection des libertés citoyennes, au refus de l’autoritaire et de l’arbitraire dans la société. Ils participent également à remettre le droit comme référence sociétale. Ils participent enfin à rétablir sur les champs politiques, civils, sociaux, professionnels l’ensemble des victimes de la répression politique alors touchées par l’isolement et l’exclusion. Malgré des gestes d’ouverture, malgré des promesses tenues, malgré les débats sur l’avenir de la Corse en cour, des mécanismes répressifs sont toujours en fonction, infirmant l’esprit du dialogue, et la nature historique de l’intention d’autonomie. Du « Fijait » encore en vigueur au « Finiada », des pratiques s’inscrivent dans la continuité… Ainsi, après le cas d’Olivier Sauli qui a vu son inscription au « Finiada » certes effacée mais rapidement remplacée par une dénommée « sécurité intérieure », d’autres anciens prisonniers politiques, à l’instar de Julien Duclos, et même des personnes relevant d’une adhésion à un Mouvement Patriotique, subissent le même sort. Cette nouvelle disposition nous interpelle : Elle vient à contrario des engagements pris par le Ministre français de la justice. Elle infirme la projection du débat institutionnel en cour, aux antipodes du principe de résolution politique. Elle participe à interdire une pratique culturelle, sociale, coutumière et accroit la déstructuration de la société corse. Elle met en évidence un ciblage précis de militants politiques. Par cette conférence de presse, nous tenons donc à saisir publiquement toutes les autorités concernées : il en va de notre devenir, de notre lien à la terre, de notre attache à nos coutumes. Nous ne nous laisserons pas faire. Accepter ce diktat insidieux, c’est accepter la mise au pas de notre société. Accepter ces nouvelles mesures, c’est ouvrir la boite de Pandore de la soumission, de la servitude, de l’absolutisme. Nous prendrons toutes les initiatives qui s’imposent pour faire valoir nos droits, pour défendre nos libertés, inscrivant notre démarche dans ce dessin commun pour l’avenir de notre pays et de notre peuple. Nous en appelons à l’ensemble des forces patriotiques et progressistes pour dire avec nous NON au renoncement, au mensonge, à la turpitude, à l’assujettissement. Tempu di chjarificazioni hè ! Simu di sta tarra e nessun ci inghjinu nchjarà ! A lotta cuntinughja. PATRIOTTI IN LOTTA

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