(Unità Naziunale, Kyrn Magazine, Storia di a LLN) Publié en juin 1978 dans le magazine Kyrn, l’article « FLNC : un coin du voile » revient sur l’importante opération policière menée début juin à Cardu, près de Bastia, qui conduit à l’arrestation d’une vingtaine de militants nationalistes et à la découverte d’armes, d’explosifs et de documents appartenant au FLNC.
L’auteur souligne que ce coup de filet, intervenu quelques jours avant la visite en Corse du président de la République Valéry Giscard d’Estaing, constitue un succès majeur pour les enquêteurs, même s’il résulte largement d’un concours de circonstances plutôt que d’une infiltration des réseaux clandestins. Les investigations permettent notamment de mettre au jour une partie de l’organisation du FLNC et d’identifier plusieurs militants actifs.
L’article insiste cependant sur un point central : contrairement à certaines représentations de l’époque, les militants arrêtés n’apparaissent ni comme des membres du grand banditisme, ni comme les agents de puissances étrangères. Le FLNC est décrit comme un mouvement puisant essentiellement ses forces dans les classes populaires corses, composé notamment d’ouvriers, d’employés et d’artisans. Les armes saisies sont majoritairement d’origine française et les explosifs proviennent de circuits locaux.
Le texte souligne également l’efficacité du cloisonnement interne de l’organisation clandestine. Malgré les arrestations, les enquêteurs ne parviennent qu’à entrevoir une partie du fonctionnement du mouvement, dont les structures demeurent largement protégées. La police elle-même reconnaît alors que de longues investigations seront encore nécessaires pour poursuivre les démantèlements.
L’affaire est aussi marquée par l’arrestation controversée de l’avocat autonomiste Vincent Stagnara, finalement remis en liberté après son inculpation. L’article estime que cette interpellation repose sur des éléments fragiles et pourrait relever d’un amalgame entre les mouvements autonomistes légaux et l’organisation clandestine.
Enfin, l’auteur s’interroge sur les conséquences politiques de l’opération. Si certains Corses apportent leur soutien aux militants emprisonnés, notamment à travers la création de comités de soutien aux familles, d’autres restent réservés face à la violence clandestine. L’article conclut que l’affaire de Cardu ne règle en rien la question corse mais révèle davantage l’existence d’un mouvement enraciné dans une partie de la société insulaire, dans un contexte de confrontation persistante entre revendication nationale et réponse sécuritaire de l’État.
Contexte historique : cette séquence intervient en 1978, année durant laquelle plusieurs centaines d’actions clandestines sont recensées en Corse. Quelques jours après les arrestations de Cardu, Valéry Giscard d’Estaing effectue une visite officielle de trois jours dans l’île afin de réaffirmer l’autorité de l’État et de condamner le recours à la violence politique.
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« FLNC : derrière le mythe, un peuple en lutte » quoi qu’en pense Valéry Giscard d’Estaing…

