(Unità Naziunale, Corsicainfurmazione.org, Publié le 31 mai 2026) Plusieurs milliers de personnes ont manifesté ce samedi entre Algorta et Berango, au Pays basque, pour soutenir les 16 militants qui seront jugés à partir du 8 juin devant l’Audience nationale espagnole.
Les poursuites concernent leur participation à un « Ongi Etorri » (« bienvenue »), organisé il y a quatre ans à Berango pour accueillir le prisonnier basque Ibai Aginaga après vingt années de détention.
La mobilisation, marquée par la présence de nombreux drapeaux basques, palestiniens et de banderoles réclamant l’amnistie, a parcouru plusieurs kilomètres avant de rejoindre le centre de Berango. L’événement s’est poursuivi par différentes interventions culturelles et politiques, notamment la lecture d’un message envoyé depuis la prison par le détenu basque Mikel San Sebastian.
Les organisateurs dénoncent un procès qu’ils considèrent comme une nouvelle étape de la répression menée contre les militants basques. Ils estiment que la participation à une cérémonie d’accueil constitue une expression politique relevant de la liberté d’expression et de réunion. Le procès du 8 juin est présenté comme un enjeu dépassant les seuls accusés et touchant plus largement aux droits civils et politiques au Pays basque.
Dans leur intervention, 2 des 16 accusés ont d’abord remercié les nombreuses marques de solidarité reçues depuis quatre ans à travers l’ensemble du Pays basque ainsi que de plusieurs pays étrangers. Ils ont salué le travail du comité de soutien créé à Berango et souligné l’importance symbolique des « Ongi Etorri » comme expression de solidarité envers les prisonniers basques.
Les intervenants ont présenté leur situation judiciaire comme la conséquence directe de leur engagement politique. Selon eux, le procès vise à criminaliser l’action militante, la liberté d’expression, le droit de réunion et les manifestations de soutien aux prisonniers.
Ils ont également inscrit leur affaire dans le contexte plus large du conflit politique basque, estimant que les États espagnol et français poursuivent une politique de répression nationale à l’encontre du peuple basque. Les accusés ont réaffirmé leur soutien aux prisonniers basques détenus dans les prisons espagnoles et françaises et ont renouvelé leur revendication d’une amnistie générale.
Concernant le procès, ils ont indiqué refuser toute démarche qui reviendrait, selon eux, à reconnaître le caractère délictueux de leur action ou à criminaliser les générations futures de militants. Ils ont annoncé leur intention de faire de l’audience du 8 juin une tribune politique pour défendre ce qu’ils considèrent comme les droits nationaux du peuple basque.
Les deux militants ont également rappelé les peines encourues par les prévenus : un total de 36 années de prison, 171 années d’interdictions diverses et 76 000 euros d’amendes. Ils ont affirmé que l’issue politique de l’affaire se mesurerait davantage à la mobilisation populaire qu’au verdict judiciaire.
Enfin, ils ont conclu leur intervention en appelant à l’unité des forces militantes, à la poursuite du combat politique en faveur de l’amnistie et à la défense des droits civils et politiques au Pays basque.
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