(Corsicainfurmazione.org, Unità Naziunale, Publié le 18 avril 2026) Dans le cadre de la journée internationale de solidarité avec les prisonniers politiques, la Corse a connu, le 17 avril, une double mobilisation structurée et complémentaire, à Bastia puis à Ajaccio, révélant une stratégie militante articulée entre dénonciation locale et inscription dans un cadre international.
À Bastia, en matinée, le rassemblement organisé devant la préfecture par Aiutu Paisanu et Core in Fronte a constitué le premier temps de cette séquence. Dans une conférence de presse commune, les intervenants ont dressé un état des lieux précis de la situation des prisonniers dits politiques corses, estimés aujourd’hui à moins d’une dizaine, tout en élargissant le propos à l’ensemble des dispositifs judiciaires qui encadrent la répression du mouvement national. Ont été particulièrement visés les mécanismes relevant des juridictions antiterroristes, qualifiés de « justice d’exception », ainsi que les mesures périphériques, contrôles judiciaires prolongés, assignations à résidence, inscriptions au FIJAIT, perçues comme autant d’outils de contrainte durable. Les organisations ont également insisté sur la continuité historique de cette répression, inscrite selon elles dans le temps long du mouvement national corse depuis les années 1970. Si la libération récente de Stéphane Ori a été saluée, elle n’a pas atténué le constat global d’une pression persistante, ni celui d’une attente politique jugée sans réponse, notamment depuis les annonces formulées lors de la visite ministérielle de février 2025.
Quelques heures plus tard, à Ajaccio, la mobilisation s’est prolongée dans un format différent mais complémentaire, avec la conférence organisée par l’associu Sulidarità au Palais des Congrès, réunissant près de 150 personnes. Ici, la dimension s’est voulue plus analytique et internationale. Aux côtés des militants corses, des délégations venues de Catalogne, de Kanaky (Nouvelle-Calédonie) et du Pays basque ont pris part aux échanges, installant d’emblée une lecture transnationale des situations évoquées. À la tribune, les prises de parole ont alterné entre témoignages directs et analyses juridiques. Les récits ont mis en évidence la violence des interpellations, leurs conséquences psychologiques, notamment sur les familles, ainsi que l’impact de l’éloignement géographique des détenus ou des gardes à vue désormais majoritairement effectuées à Paris. Présent dans la salle des militants du PNC et de Femu a Corsica, de Nazione…
Les avocats présents ont apporté un éclairage technique sur ces pratiques. Plusieurs d’entre eux ont dénoncé des interventions jugées disproportionnées et rappelé que certaines méthodes pouvaient être appréciées au regard du droit européen, notamment en matière de traitements inhumains ou dégradants. La notion de « torture blanche », évoquée à propos de certaines conditions d’interpellation ou de détention (privation sensorielle, transferts, isolement), a été publiquement assumée et discutée. Par ailleurs, la critique s’est étendue au-delà de l’incarcération stricte, englobant des formes de contrainte judiciaire plus diffuses, comme le contrôle judiciaire de longue durée, considéré comme une peine implicite sans jugement effectif.
L’intervention de représentants de la Ligue des droits de l’homme a élargi encore le cadre, en mettant en garde contre les effets structurels des dispositifs antiterroristes et leur banalisation. Une critique plus globale de l’approche de l’État s’est ainsi dessinée, accusée de maintenir une lecture sécuritaire de la société corse, contribuant à légitimer la pérennisation de mesures d’exception.
Dans ce second temps, la dimension symbolique a également été fortement marquée, notamment par la présence d’un drapeau palestinien dans la salle. Ce choix visuel et politique renvoie directement à l’origine de cette journée internationale, initiée en 1975 par les prisonniers palestiniens, avant d’être reprise et élargie en 2004 par plusieurs nations sans État, dont la Corse et le Pays basque. Ce rappel historique a permis d’ancrer la mobilisation corse dans une continuité de luttes, dépassant le seul cadre insulaire pour s’inscrire dans une logique de solidarité entre peuples engagés dans des combats de reconnaissance nationale.
Ainsi, entre Bastia et Ajaccio, loin d’être deux événements isolés, ces mobilisations apparaissent comme les deux volets d’une même séquence politique. Le premier, ancré localement, pose le diagnostic et interpelle directement les autorités ; le second, plus ouvert et structuré, élargit la focale, met en réseau les expériences et construit un discours partagé à l’échelle internationale. Ensemble, ils traduisent une volonté claire : faire de la question des prisonniers politiques un levier central dans le rapport de force politique, tout en consolidant des alliances au-delà de la Corse.
AnTo FpcL
Revue de presse
(RCFM) (Corse Net Infos)
Journée des « prisonniers politiques », le contexte international et #Corse depuis plus de 50 ans.
Le communiqué de Core In Fronte : Dipoi u 2004, u 17 d’aprile hè una ghjurnata di sulidarità internaziunale cù i prigiuneri pulitichi in u mondu. Sta ghjurnata ci permette di purtà una sulidarità incù i populi in lotta, pè i so diritti pulitichi, è chì sò tocchi da l’inghjustizia. A ripressione pò esse feroce incù incarcerazione, abusi in u trattamentu di l’omi in prigiò, ghjudicamenti arbitrarii, cundanne à morte. In Corsica, u cumbattu di u populu corsu hè quellu di i so diritti naziunali à a supranità è l’indipendenza. Dipoi a leva di u settanta, parechje centinaie di patriotti corsi sò stati incarcerati, per esse stati militenti di u FLNC ò per avè pensatu corsu. Ancu s’è no salutemu u ritornu di Stéphane Ori in terra soia, dopu esse statu inprigiunatu à La Santé in Parigi è sottu braccialettu eletronicu in Aix, Core in Fronte è Aiutu Paisanu anu tenutu sta mane, in Bastia, una cunferenza di stampa pè raminta ch’ella cuntinueghja sempre a ripressione contr’à u Muvimentu Naziunale : Incarcerazione, esiliu, cuntrolu ghjudiziariu, emende, FIJAIT, FINIADA. Dipoi a visita di Gerald Darmanin, di ferraghju di u 2025 in Aiacciu, s’aspettanu sempre misure d’appaciamentu puliticu. Sta situazione mostra una mancanza di vulintà pulitica. A quistione di i prigiuneri pulitichi face parte di a ricerca d’una vera soluzione à u prublema naziunale corsu. Cuntinueghja u cumbattu pè una Corsica Nazione è libera.
Le communiqué du PNC – Partitu di a Nazione Corsa : Oghji, u PNC era raprisintatu à u Palazzu di i Cungressi d’Aiacciu pà a ghjurnata internaziunale di i prigiuneri pulitichi urganizata da l’Associu Sulidarità. A nostra prisenza tistimunieghja di a nostra sulidarità patriotica à quelli chì pagani u prezzu di i so ideii, luntanu da a so terra è da i soii. A situazioni di i prigiuneri pulitichi corsi ferma una ferita aparta, chì ùn pò più essa messa d’accantu. Basta à a ripressioni!

