(Corsicainfurmazione.org, Unità Naziunale, Publié le 27 mars 2026) La flambée des prix des carburants plonge la Corse dans une crise sociale et économique aiguë, avec des tarifs atteignant jusqu’à 2,40 € le litre, insoutenables pour les ménages comme pour les entreprises.
La situation est aggravée par le blocage des dépôts pétroliers de Lucciana et du Vazziu, ainsi que par la fragilité d’un réseau de distribution menacé, révélant les limites d’un système dominé par des logiques de monopole.
Pour Femu a Corsica, cette crise n’a rien d’inévitable : elle découle d’un modèle verrouillé qui pénalise durablement l’économie insulaire et le pouvoir d’achat. Le mouvement exige des réponses immédiates, notamment l’extension du plafonnement des prix à l’ensemble des enseignes, afin d’éviter toute spéculation opportuniste sur fond de tensions.
Au-delà de l’urgence, Femu a Corsica appelle à une transformation structurelle : mettre fin aux situations de monopole dans l’approvisionnement et le stockage, rétablir une véritable concurrence et garantir une transparence accrue dans la gestion du secteur.
Enfin, cette crise illustre, selon le mouvement, la nécessité d’un changement politique majeur : doter la Corse de pouvoirs réels pour réguler ses marchés stratégiques, adapter la fiscalité et maîtriser les prix. L’autonomie proposé par Femu, dans un destin français, apparaît ainsi comme une condition essentielle pour sortir durablement de cette impasse et protéger les intérêts des Corses.
Jean Rossi
Le communiqué de Femu a Corsica : 𝐂𝐚𝐫𝐛𝐮𝐫𝐚𝐧𝐭𝐬 : 𝐮𝐧𝐞 𝐬𝐢𝐭𝐮𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐢𝐧𝐬𝐨𝐮𝐭𝐞𝐧𝐚𝐛𝐥𝐞 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐥𝐞𝐬 𝐂𝐨𝐫𝐬𝐞𝐬 — 𝐥’𝐄́𝐭𝐚𝐭 𝐝𝐨𝐢𝐭 𝐚𝐠𝐢𝐫, 𝐥’𝐚𝐮𝐭𝐨𝐧𝐨𝐦𝐢𝐞 𝐬’𝐢𝐦𝐩𝐨𝐬𝐞 Femu a Corsica exprime sa plus vive inquiétude face à la crise économique et sociale majeure que subit actuellement la Corse, aggravée par l’explosion des prix des carburants dans un contexte international sous tension. Aujourd’hui, les Corses paient leur carburant entre 2,10 € et 2,40 € le litre. Ces niveaux de prix sont totalement insoutenables pour les familles, les travailleurs et les entreprises. Dans le même temps : • Les dépôts pétroliers de Lucciana et du Vazziu sont bloqués par les distributeurs ; • Près de deux tiers des distributeurs sont menacés de disparition en raison d’une structuration spécifique du réseau de distribution dans l’île. Un accord entre le gouvernement et un grand opérateur comme Total, bénéfique à la pompe au niveau national, ne peut suffire dans ce contexte en raison des distorsions qu’il entraîne. Cette situation n’est pas une fatalité. Elle est le résultat direct d’un système verrouillé, dominé par des logiques de monopole que Femu a Corsica dénonce depuis des années. Ce système pénalise lourdement notre économie et frappe de plein fouet le pouvoir d’achat des Corses. 𝐅𝐚𝐜𝐞 𝐚̀ 𝐥’𝐮𝐫𝐠𝐞𝐧𝐜𝐞, 𝐅𝐞𝐦𝐮 𝐚 𝐂𝐨𝐫𝐬𝐢𝐜𝐚 𝐞𝐱𝐢𝐠𝐞 𝐝𝐞𝐬 𝐦𝐞𝐬𝐮𝐫𝐞𝐬 𝐢𝐦𝐦𝐞́𝐝𝐢𝐚𝐭𝐞𝐬 𝐞𝐭 𝐬𝐭𝐫𝐮𝐜𝐭𝐮𝐫𝐞𝐥𝐥𝐞𝐬 : 𝟏) 𝐄́𝐭𝐞𝐧𝐝𝐫𝐞 𝐬𝐚𝐧𝐬 𝐝𝐞́𝐥𝐚𝐢 𝐥𝐞 𝐛𝐨𝐮𝐜𝐥𝐢𝐞𝐫 𝐭𝐚𝐫𝐢𝐟𝐚𝐢𝐫𝐞 𝐚̀ 𝐭𝐨𝐮𝐭𝐞𝐬 𝐥𝐞𝐬 𝐞𝐧𝐬𝐞𝐢𝐠𝐧𝐞𝐬. L’accord limitant les prix à 2,10 € avec Total doit être généralisé à l’ensemble des acteurs, notamment VITO et EMI. Il en va de la survie de notre tissu économique et de la protection des consommateurs. Nous ne tolérerons pas que, dans les prochains jours, les prix repartent opportunément à la hausse en prenant prétexte de la crise actuelle. 𝟐) 𝐌𝐞𝐭𝐭𝐫𝐞 𝐟𝐢𝐧 𝐚𝐮𝐱 𝐬𝐢𝐭𝐮𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐬 𝐝𝐞 𝐦𝐨𝐧𝐨𝐩𝐨𝐥𝐞. Une réforme profonde de l’approvisionnement et du stockage des carburants est indispensable afin de rétablir une concurrence réelle et de faire baisser durablement les prix. 𝟑) 𝐃𝐨𝐧𝐧𝐞𝐫 𝐚̀ 𝐥𝐚 𝐂𝐨𝐫𝐬𝐞 𝐥𝐞𝐬 𝐦𝐨𝐲𝐞𝐧𝐬 𝐝’𝐚𝐠𝐢𝐫 : 𝐥’𝐚𝐮𝐭𝐨𝐧𝐨𝐦𝐢𝐞. Cette crise démontre, une fois de plus, l’urgence absolue de doter la Corse de pouvoirs effectifs : • pour réguler les marchés stratégiques et encadrer les situations de concentration ; • pour permettre à l’Assemblée de Corse de fixer des règles adaptées en matière de prix, de plafonnement et de fiscalité, afin de réduire les surcoûts liés à l’insularité ; • pour garantir la transparence, en associant la Collectivité de Corse au fonctionnement des infrastructures pétrolières par la création d’une Société d’Économie Mixte réunissant acteurs publics et opérateurs privés. La Corse ne peut plus dépendre de décisions prises ailleurs et contre ses intérêts. Face à l’urgence sociale et économique, il est temps de changer de modèle. Femu a Corsica continuera à se battre pour protéger les Corses et construire une économie plus juste, plus transparente et plus autonome.

