(Corsicainfurmazione.org, Unità Naziunale, Publié le 27 mars 2026) Le blocage des dépôts pétroliers du Vazziu et de La Marana, ainsi que les actions menées au port de commerce de Portivechju, marquent une montée en tension révélatrice d’un malaise profond en Corse.
Aux côtés des militants de Core in Fronte, de nombreux acteurs économiques — gérants de stations-service indépendantes, pêcheurs, taxis, infirmiers libéraux — expriment une colère désormais généralisée face à l’explosion des prix du carburant.
Loin d’être une revendication sectorielle, la hausse du coût de l’essence frappe l’ensemble de la population insulaire, déjà durement touchée par la vie chère et la dépendance structurelle à la voiture. Le nouveau choc pétrolier, alimenté par les tensions au Moyen-Orient, vient aggraver une situation jugée insoutenable pour les ménages corses, contraints de subir les conséquences d’une crise géopolitique qui les dépasse.
Dans ce contexte, l’inaction de l’État français est vivement dénoncée. Contrairement à plusieurs pays européens ayant mis en place des mécanismes d’anticipation et de régulation, aucune réponse concrète et durable n’est apportée à la Corse. Une situation d’autant plus incompréhensible que l’île bénéficie en théorie d’un taux de TVA réduit à 13 %, sans que cet avantage ne se répercute réellement sur les prix à la pompe.
Face à cette injustice persistante, Core in Fronte appelle à une réponse politique forte et structurelle : mise en place d’un véritable encadrement des prix et des marges, et application du décret Lurel — déjà en vigueur dans les territoires ultramarins — afin de garantir transparence et équité. Pour le mouvement, il est urgent de sortir de l’improvisation et d’apporter une solution définitive à une question vitale pour l’économie et le quotidien des Corses.
J.R Balzano
Le communiqué de Core In Fronte, groupe à l’Assemblée de Corse : Les dépôts pétroliers du Vazziu et de La Marana sont bloqués depuis hier. Des militants de Core in Fronte se sont rendus sur les sites. D’autres actions de blocage ont eu lieu, comme au port de commerce de Portivechju. Nous entendons la colère des gérants indépendants de stations services, ainsi que les revendications de plusieurs professions comme celle des pêcheurs, des taxis ou des infirmiers libéraux. La hausse des coûts de l’essence n’est seulement catégorielle. Elle concerne tous les Corses, ceux qui travaillent et qui se déplacent, au quotidien. Le conflit au Moyen Orient a créé un nouveau choc pétrolier. Nous subissons les effets de l’augmentation du prix du carburant, dans une île déjà confrontée aux méfaits de la vie chère. Le portefeuille des Corses n’est pas extensible et ils n’ont pas à payer les conséquences d’une escalade militaire en Iran. À contrario d’autres Etats européens, comme l’Espagne, le Portugal, l’Italie ou la Grèce, l’Etat français n’a pas anticipé la situation et ne propose pas de réelles solutions. En Corse, depuis de nombreuses années, la question des carburants est capitale. Il faut qu’elle soit traitée politiquement et définitivement. Nous l’avons dit : Il n’est pas normal que le différentiel de TVA entre la Corse (13%) et la France (20%) ne se retrouve pas au prix à la pompe pour les consommateurs. La Corse doit bénéficier d’une véritable régulation des prix de l’essence, avec un blocage des prix et des marges. Pour le groupe Core In Fronte – Assemblea di Corsica, le décret Lurel en vigueur en Martinique, Guadeloupe, Guyane, La Réunion et Mayotte, doit s’appliquer à notre île.

