« 30 ans de combat, de mémoire et de résistance sur Internet » By Tuninu

En mai prochain, deux anniversaires, dont un en mode Monta Seca, le premier sera les 50 ans de la création du FLNC, et le second, 30 ans de présence sur internet pour AnTo ‘loco’ FpcL.

Tuninu, a réalisé un historique de la présence de la lutte sur internet de la présence du premier site Corsica Nazione, à l’arrivée massive de toutes les structures (réticentes au début) sur tous les outils sociaux présents sur la toile résistante.

« i 30 anni », me permet de réecrire l’histoire numérique, afin de ne pas oublier, un parcours internet, dans une toile limitée, sans les réseaux sociaux actuels et les smartphones. Quand la lutte sur internet rimait avec censure et répression, « reconstituion de ligue dissoulte » et « apologie du terrorisme ». Où à la moindre incartade, la garde à vue, la perquisition, et la saisie du matériel rimait avec « délit d’opinion virtuel ».

Sans oublier, les petites mains qui ont fait d’Unità Naziunale, une référence pendant des années, avant de devenir un dinosaure de la toile comme site d’archive ou d’information générale. Daniel Aubin, Corsicamania, Yves, Cyrille, Marcel, Jacques, le PPI, A cuncolta Pariggi, j’en oublie surement, qui ont cru en moi et en l’internet…

Petit montage de seca avec un soupçon d’arrogance :

« Article Antoine Albertini : Samedi 21 avril 2007. Entre l’imposante grille barrée du mot « police » qui interdit l’accès à la partie supérieure du cours Paoli et des dizaines de manifestants nationalistes gonflés à bloc, un drôle de bonhomme se promène tranquillement un caméscope à la main. Il change de plan, vérifie son appareil, effectue quelques réglages puis remarque une vieille dame apeurée sur le trottoir. Elle tente de rejoindre le vestibule de son immeuble. Posément, le drôle de bonhomme enfourne le caméscope dans une des poches de sa veste, prend le bras de la dame et la guide jusqu’au portail, indifférent aux pavés, aux grenades lacrymogènes et aux manches à balais qui volent entre les deux camps. Quelques mètres plus loin, l’envoyé spécial d’une chaîne de télévision nationale interroge des confrères de la presse locale : »

« C’est qui ce dingue? »

Dès 1987, Anthony Simonpoli est séduit par les idées d’A Cuncolta, il s’en rapproche idéologiquement, en corse et à paris, il est un téléspectateur de la lutte dès le début des années 80 grace à ses amis d’enfance militant au sein de la CGNC, archive tout ce qui concerne l’actualité en corse, puis en spectateur, participant à quelques réunions à Paris. Il intervient également comme auditeur libre à Radio Paese, une radio de soutien aux prisonniers politiques incarcérés en région parisienne.

À partir de 1991, en Corse, notamment à Portivechju, il fréquente les militants d’A Cuncolta Ghjuventù et sa première participation à une action de soutien aux interpellés devant la gendarmerie de Portivechju marquera sa décision de militer structurellement plus tard. Il participe aussi à la campagne des territoriales de 1992 sur paris pour Corsica Nazione (L’espace Cyrnéa) et en corse avec ses amis, toujours comme observateur engagé. Il est aussi présent aux procès comme spectateur, nottament celui de Paul Poggi et Pierre Paoli.

Le 5 mai 1992 constitue un tournant majeur : il est présent lors du drame de Furiani et en garde des séquelles, comme beaucoups d’autres victimes. Cet événement provoque chez lui un déclic profond et ancre définitivement son engagement pour la corse et les corses :  « C’est là que j’ai vraiment pris ma décision. Quitte à mourir, autant mourir en Corse. ». Il participera en aout 1992 à ces premières journées internationales (E Ghjurnate Internaziunale) avec son ami Christophe.

Entre 1991 et 1998, il prend part à diverses réunions, manifestations et actions, encore de manière progressive, à la fois spectateur et acteur timide de la lutte en restant très proche de la Cuncolta, nottament avec son meilleur ami qui militait dans la section « Fium’orbu ». Milieu des années 90, il décide de militer en section, mais l’actualité en décide autrement. Ce qui n’altère pas sa décision de militer structurellement, et de rester proches de ses idées, liées à la démarche d’A Cuncolta Naziunalista. Il sera présent à Paris, le jour où les militants d’A Cuncolta dont son ami, déposeront le dossier POSEICOR. En 1998, suite à la première scission, il sera attentif à la démarche de l’ANC et s’abonnera à son magazine A Fiara, afin de constituer sa bibliothèque d’archives (avec le Ribombu, et en 1991 avec Paese par la suite).

Dans le même temps, dès 1995, le mouvement Corsica Nazione comprend l’intérêt d’Internet (après celui du minitel avec 3615 uRibombu) et lance l’un des premiers sites politiques nationalistes, percutant et militant (http/www.corsica-nazione.com/), à une époque où Internet débute à peine en Corse, avec des accès limités au RNIS ou au RTC.

En 1996, avec son arrivée sur Internet via AOL, Anthony Simonpoli devient un acteur actif de la lutte antirépressive sur les premiers réseaux sociaux, yahoogroupes et sur les forums déjà en ligne utilisant plusieurs pseudo donc capimachja. En 1997, il crée le premier site militant nationaliste personnel en ligne, “Libertà” (http://cursichella.free.fr/). Il s’inscrit dans une liste de site sur la corse déjà présent et très actif qui seront des partenaires importants (Le site de Daniel Aubin ou encore Corsicamania.) Ce site marque une étape importante : il diffuse la première pétition virtuelle de soutien aux prisonniers politiques, recueillant environ 600 signatures en quelques jours, provenant notamment des États-Unis, du Pays basque, d’Italie et de France. L’objectif est alors clair : centraliser les informations sur la répression, médiatiser la situation des Corses et structurer un espace militant sur Internet.

En 1998, dans le contexte des arrestations massives sous le préfet Bonnet, il est interpellé dans le cadre de la « piste informatique » de l’affaire Erignac, sous commission rogatoire 1338 pour assassinat et complicité, puis sous commission rogatoire 1337. Il est finalement libéré sans suite, mais son matériel informatique et ses documents sont saisis et ne seront jamais restitués. Cet épisode marque l’apparition d’un véritable « délit d’opinion virtuel ».

En aout 1999, fort de cette expérience, il crée le site Unità Naziunale (http://www.unita-naziunale.org/portail/), initialement conçu pour défendre la Corse et les Corses. Au fil du temps, ce site devient un véritable portail politique de la Lutte de Libération Nationale. Il propose des communiqués, des reportages photos et vidéos, une base de données militante complète, des textes politiques, une lettre d’information, une liste de diffusion via mail et via SMS, et une revue de presse. Le site retrace plus de 30 ans de lutte et de répression à travers plus de 500 pages et environ 700 mégaoctets de données, avec notamment 166 affiches militantes archivées. Les outils de diffusion regroupent environ 1200 membres issus de différents pays. En termes d’audience, le site génère entre 300 et 500 visiteurs par jour, environ 4000 pages vues quotidiennes, et atteindra jusqu’à 2 millions de visiteurs cumulés pour 100 000 pages visitées.

En mars 2000, à la suite de la diffusion d’un pamphlet sur son forum visant notamment la gauche et les communistes, il est convoqué puis placé en garde à vue pour « divulgation de données personnelles visant la considération ou l’intimité de la personne ». Il est libéré sans suite, mais son site est visé par une motion de l’Assemblée de Corse.

À partir de 1998 et surtout après 2001, il s’implique structurellement dans plusieurs organisations : le Comité Anti Répression à partir de 1998 de manière timide, mouvement de soutien aux militants incarcérés ; l’Associu Sulidarità dès 2001, où il deviendra son permanent en 2007 et développe notamment un site internet ainsi qu’une boutique en ligne (http://www.boutiquesulidarita.org/) active jusqu’à 2012, vendant des produits ribellu ; il rejoint également Indipendenza, puis Corsica Nazione Indipendente, et participe comme web journaliste à la structuration de la ligne politique qui mènera à Corsica Libera puis à Nazione.

Parallèlement, il développe de nombreux sites : associu-sulidarita.org, car-corsica.com (site du Comité Anti Répression), corsicainfurmazione.org (site d’information), revuedepressecorse.org (revue de presse du dossier corse), aiacciucitacorsa.org (démarche municipale), nazione.chez.com (journal A Nazione du PPI), ainsi que le site isulinzarinchi.com consacré à l’histoire de son village.

Début des années 2000 apparait le premier chat en ligne sur la Corse #Corsica sur l’IRC géré par Zegolden et une pelletée d’administrateurs. Il devient sur cet outil social, l’un des organisateurs de la propagande de la lutte, subissant bannissement sur banissement au début, utilisant une multitude de pseudos, pour finir par devenir un admin de ce réseaux social avant l’heure. L’une des plus belles réussite dans ce domaine. Qui reviendra sous une autre forme lors de la crise du Covid en 2020.

L’occupation de tous les terrains, prendra sa forme aussi sur internet avec la publication des informations d’Unità Naziunale, sur plus d’une vingtaine de réseaux sociaux, qui apparaissaient et disparaissaient au fur et à mesure des années. Ainsi que sur toutes les revues de presse, comme Google News. Il occupe aussi le terrain réels en participants à de nombreuses manifestations, en tant que manifestants, puis photogrape amateur militant. Participant ainsi à la diffusion de nombreuses photos et vidéos sur internet.

En 2005, après la diffusion d’un communiqué du Fronte Patriottu Corsu (FPC), mouvement clandestin, il est placé en garde à vue pendant près de quatre jours, sur demande du Juge Thiel considérant qu’il avait un lien direct avec cette organisation clandestine. Pendant sa garde à vue, alors qu’il démonte aux enqueteurs qu’il a juste relayé le communiqué via l’agence france presse, le juge ordonne son maintien en garde à vue. Il est libéré sans suite le lendemain, mais son matériel est une nouvelle fois confisqué et jamais restitué.

En 2007, un article du journaliste Antoine Albertini dans le magazine Corsica dresse son portrait. Né le 10 août 1968 à Neuilly-sur-Seine, il est connu dans le milieu militant sous le pseudonyme AnTo FpcL. Il est alors considéré comme une figure centrale de la « natiosphère » et comme un archiviste du mouvement, consacrant quotidiennement trois à quatre heures à la mise à jour de son site. Son travail constitue une base documentaire unique regroupant affiches, textes, archives et mémoire du nationalisme corse. Il défend une vision unitaire du mouvement, refusant les divisions entre tendances.

En 2007 aussi, il est présent sur le terrain (IRL) lors des manifestations, notamment à Bastia, où il filme les événements et intervient pour protéger des civils, des journalistes ou apaiser les tensions. Il joue également un rôle dans la mise en place d’une forme de « jurisprudence journaliste » visant à réduire les agressions contre les reporters lors des manifestations nationalistes.

En janvier 2008, à la suite d’une manifestation et de l’occupation de l’Assemblée de Corse, il est interpellé pour « dégradation ou détérioration du bien d’autrui par un moyen dangereux pour les personnes ». Il est placé deux fois en garde à vue dans cette affaire, puis libéré sans suite. Son matériel informatique est à nouveau saisi et non restitué.

Entre 2008 et mars 2011, son infrastructure numérique subit des attaques informatiques importantes, entraînant la perte de trois années d’archives. Parallèlement, ses pages sur les réseaux sociaux font l’objet de censures répétées.

Dans ce contexte, il développe Corsica Infurmazione, un site d’information reposant sur une revue de presse enrichie d’éditoriaux, de billets d’humeur, de communiqués et de contenus issus des réseaux sociaux. Ce site s’impose progressivement comme un outil central de diffusion. Sa page Facebook atteint 28 600 membres au bout de quelques mois, jusqu’à obtenir 80 000 abonnés avant la censure, tandis que celle d’Unità Naziunale sur twitter en compte 12 000, et son compte AnTo FpcL 17 000 abonnés. L’ensemble du dispositif s’appuie sur une diffusion via Google News, flux RSS et Netvibes. Avant les attaques informatiques, le portail global générait plus de 2000 visites quotidiennes en moyenne.

En 2010 et 2011, les réseaux sociaux deviennent un espace central de la lutte politique. Les principales structures nationalistes (Femu a Corsica, PNC, Corsica Libera…) investissent massivement Facebook. AnTo Fpcl est alors à l’origine de la création de nombreuses pages officieuses qui ont été récupérée par les mouvements officiels (Corsica Libera et Femu A Corsica…). A partir de flux RSS, il publie sur les réseaux sociaux des articles, communiqués et autres des structures sur chaque page de structures qu’il a mis lui même en place avant que ces mouvements n’y pensent.

Le mouvement national atteint alors plus de 30 % des voix. Corsica Libera domine l’espace numérique avec plus de 6000 membres, suivie par Sulidarità (6000+) et Femu a Corsica (environ 3000).

En décembre 2011, après la diffusion d’une vidéo du FLNC Union des combattants lors d’une soirée Natale Per i Patriotti, il est de nouveau placé en garde à vue, puis libéré sans suite.

Au fil des années jusqu’en 2026, il poursuit son activité de web journaliste et de structuration de la communication politique en ligne. Il constate que l’Internet est devenu un outil central mais comporte des risques : dilution du discours militant, montée d’un individualisme numérique, détournements idéologiques. Il défend donc la nécessité d’un réseau unifié et cohérent, en ligne comme dans la réalité, autour du principe d’Unità Naziunale.

Sur le plan personnel, il se distingue par un mode de vie atypique dans le milieu militant : il ne boit pas, refuse que l’on fume dans sa voiture et se tient à distance des codes traditionnels. Il est décrit comme rigoureux, droit et idéaliste, avec une forte discipline personnelle.

Enfin, son influence numérique est significative malgré les censures : 17 000 abonnés sur Twitter pour son compte personnel (censuré), 12 000 pour celui de Corsica Infurmazione (également censuré), 80 000 abonnés sur Facebook pour Unità Naziunale (page censurée), 272 000 likes et plus de 3 millions de vues sur TikTok avec 15 000 abonnés, 720 000 vues sur YouTube, et 2 millions de vues sur Dailymotion avant suppression des contenus.

Ainsi, depuis 1997, Anthony Simonpoli a construit un écosystème numérique militant complet, du site Libertà au portail Unità Naziunale, jusqu’à Corsica Infurmazione, malgré les interpellations répétées (1998, 2000, 2005, 2008, 2011), les gardes à vue, les saisies de matériel, les censures et les attaques informatiques. Son action a contribué à faire d’Internet un outil central de la lutte de libération nationale corse, avec pour objectif constant l’unité, la mémoire et la diffusion internationale de la cause corse.

Sa contribution militante « de mise à disposition des archives de la lutte contemporraine de manière gratuite et publique » a été aussi relayé dans différents livres ou DVD, comme « Murs Rebelles » d’Hélène Bussière aux autres reportages comme « Génération FLNC » de Samuel Lajus et Gilles Perez, « A Voce Ribella, parfum d’arquebuses«  de Marianna Thibout-Calandrini ou bien encore « Corse, la blessure identitaire » de Pierre Andreucci, Claude Fortunato et Patrick Thouvenin.

Pierrot Poggioli, ancien cadre du FLNC, dans ses derniers livres utilisent ses photos et extraits de textes, pour l’histoire de la résistance corse de 1970 à aujourd’hui, ses photos sont utilisées dans quelques livres à but touristique, le plus souvent sans aucune autorisation et sans relais de ses outils. Ses archives servent parfois aussi, à des reportages de la presse audiovisuelle.

Milieu des années 2010, un bureau d’avocat spécialisé dans le respect des copyrights engagent par mail une procédure pour l’utilisation d’une photo de Carlu Pasqua diffusé dans le magazine Corsica et publié sur Corsicainfurmazione.org. Après quelques mails, la procédure qui réclamait 1500 euro de dédomagement avant un procès supposés, passe à 750e.  Après avoir travailler sur le terrain avec la presse locale et la mise en place de la « jurisprudence journaliste », de nombreux journalistes laissent utiliser les photos et articles sur son site, sans demande spécifique en retour. Les sites gérés par AnTo Fpcl citent les sources, ainsi que le crédit photo et vidéo, de chaque médias diffusés tant que faire se peut.

Mondialement connu dans son quartier, il reste l’un des anonymes de la lutte.

#Corse – après Génération FLNC – Des archives d’unità naziunale ce soir dans un documentaire de Canal+ ?

Simonpoli Anthony – AnToFpcL™ Milit@nt

. . A l'accorta annant'à Google Infurmazione For Latest Updates Follow us on Google News Nos dernière informations sur Google Actus

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