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#Corse « Le Burkini : Derrière la paille ne pas occulter la poutre ? »

« Relever les nouveaux défis en restant ferme sur ses convictions et valeurs, refusant le salafisme expansionniste » Petru Poggioli

Après les polémiques sur le Burkini, il faut avoir à l’esprit que tout vêtement renvoie consciemment ou non, à un code, et que tout code vestimentaire obéit à des contingences allant au-delà de la simple mode. Pour faire simple, le vêtement est porteur d’un message conscient ou non, reflétant pour le moins la personnalité, les orientations, les penchants de tous ordres, de celle ou celui qui le porte. Dans le cadre du Burkini, sa signification renvoie à une signification étroitement liée à une certaine pratique religieuse et il porte un message religieux ostentatoire au sein de la société et de la sphère publique. Au-delà de l’image des femmes qui se sont battues pour améliorer leur sort et quitter l’obscurantisme qui les opprimait depuis des siècles, ce vêtement renvoie à un recul inacceptable de cette vision de la femme dans nos sociétés modernes. En Corse, u fichù ou mandile renvoie à une époque révolue, où les femmes subissaient, plus qu’elles n’adhéraient, dans leur majorité, et ce pour de multiples raisons (dont le deuil notamment suite aux guerres). Désormais, ces pratiques dans l’île appartiennent au passé, un passé loin d’avoir été toujours aussi idyllique que l’on aurait voulu ou souhaité.

A contrario,  le burkini, le niqab, hidjab, tchador ou burqa… constituent eux une pratique qui tend à se développer et c’est un des aspects de l’Islam salafiste qui pose et posera problème de plus en plus, y compris en Corse. Cette pratique, et l’on ne peut nier les pressions subies aujourd’hui  par nombre de ces femmes musulmanes, jeunes ou moins jeunes, est souvent celle de femmes qui, il y a quelques années seulement, étaient elles-mêmes habillées à l’européenne. Il s’agit donc d’une démarche nouvelle tendant à imposer peu ou prou de nouvelles règles, totalement en opposition aux normes actuelles, au sein de notre société. Le port de ce vêtement ne peut donc se limiter à un débat sur les effets de la mode.

Au-delà, les véritables questions, interrogations et inquiétudes

Au-delà des attentats islamistes et du djihadisme international, au-delà des débats sur le Burkini, le niqab, hidjab, tchador ou burqa… et leur signification profonde par-delà la simple approche vestimentaire, le véritable problème que tout un chacun, politiques, institutionnels, associatifs comme les médias, corses y compris, minimisent ou occultent, feignant d’ignorer  les évolutions profondes  qui se sont amorcées et qui prennent de l’ampleur, y compris dans notre société corse, est le Salafisme rampant mais conquérant qui vise à la mise en place progressive d’une contre-société en France et demain en Corse.

Le radicalisme, le fondamentalisme musulman (salafisme, wahhabisme..) est un tout… Différencier le salafisme quiétiste du salafisme politique, tout en rejetant fermement le salafisme révolutionnaire (djihadisme) peut sembler la voie de la raison et de l’intelligence…

http://www.lemondedesreligions.fr/actualite/quietistes-politiques-djihadistes-qui-sont-les-salafistes-30-11-2015-5122_118.php

Mais la littérature scientifique sur le sujet nous apprend que la porosité entre les courants, au-delà du djihadisme violent,  est grande, surtout entre les deux premiers courants. La réalité est que le Salafisme, fût-il quiétiste, s’oppose frontalement aux valeurs de nos sociétés, y compris donc la société corse, et pas seulement par rapport à  la conception de la femme qu’il véhicule. Le Salafisme tend à imposer une dimension publique ostentatoire et bénéficie d’une dynamique internationale qui le pousse à l’expansion. Et le vêtement n’est que la partie visible de l’iceberg.

Dissimulation des corps mais aussi visages de femmes qui jusqu’alors s’habillaient à la mode occidentale, séparation des sexes à l‘école, en sport, dans la cour, refus de médecins hommes pour les femmes, piscines séparées,… a liste des pratiques qui posent problème est loin d’être exhaustive

Selon des études gardées « confidentielles », la situation, au-delà de Bastia et Ajaccio, est en train de se détériorer dans certaines microrégions de l’île où la population musulmane est importante… et l’on commence notamment à en subir les conséquences dans le milieu scolaire ou les activités sociales et sportives… Ces études pointent du doigt les proportions d’enfants qui subissent les pressions de ce salafisme rampant, mais on n’en parle pas.

Les syndicats d’enseignants ont – dans leur diversité – alerté sur les incidents qui se multiplient ces dernières années du fait d’une interprétation de plus en plus rigoriste de l’islam, sous l’influence de courants fondamentalistes en développement. La façon de se vêtir est souvent au centre de pressions exercées à l’encontre de mères de famille. Cette évolution est inacceptable. Il est désormais impossible de considérer le phénomène comme anecdotique, alors qu’il participe d’une démarche de déstabilisation de notre société

Pasquale Paoli donna le droit de vote aux Juifs et entretenait de bonnes relations avec le monde musulman. Durant l’occupation, les Juifs furent à l’abri dans l’île, et la Corse fut qualifiée d’île des justes »

En Corse, les chiffres, rien que les chiffres  parlent d’eux-mêmes mais on les « oublie ». Depuis les années 1960, plusieurs dizaines de milliers de travailleurs maghrébins, venus en Corse avec l’installation des Rapatriés, vivent dans l’île.  Leurs enfants et petits-enfants sont nés ici. Depuis des années ils vivent avec les Corses en bonne intelligence. Beaucoup d’entre eux pratiquent l’Islam, sans que cela n’ait jamais engendré le moindre problème. Les plats de substitution dans les cantines scolaires ont toujours été servis sans donner lieu à discussion, encore moins à polémique. La laïcité corse a toujours été une laïcité tranquille Aujourd‘hui, le patronat local, avec la politique de tout-tourisme et l’expansion immobilière provoquée,  a fait venir d’autres immigrés… Ceux-ci sont de facto moins intégrés aux Corses, alors qu’ils sont sollicités plus pou moins fermement par des missionnaires ou des imams salafistes qui leur enjoignent de changer leur mode de vie s’il apparait un peu trop occidentalisés, et de pratiquer plus, avec plus de conviction, voire d’agressivité, leur religion. C’est ainsi que depuis quelques années, sont apparues de nouvelles pratiques relevant d’un intégrisme conquérant, que nous devons refuser sur notre terre de Corse. Et cela est d’autant plus inquiétant que les musulmans (même si les chiffres sont minimisés) représentent aujourd’hui dans l’île un cinquième de la population toutes origines confondues.

Depuis l’émergence du nationalisme corse, malgré les attaques systématiques des médias et bien-pensants français (voire corses) l’anti-racisme a constitué une des valeurs des mouvements dans leur ensemble, et nombre de responsables nationalistes ont manifesté leur refus du racisme y compris dans la rue, refusant et condamnant toute dérive ou velléité de démarche allant dans une approche raciste de la notion de peuple et de société corse. Les Corses ne doivent pas oublier, comme les nationalistes nouveaux pu anciens, que depuis les années 70, le  nationalisme corse ont toujours eu l’extrême-droite et le FN en face et les hostilités n’ont  jamais été pacifiques, loin de là…

Nouveau contexte, nouveaux débats

PoggioliArchiveCorsica (2)C’est dans le contexte actuel, en Corse et à l’extérieur de l’île, que doit être replacé le débat. Aujourd’hui, au-delà de l’évolution des mœurs et des comportements dans toute société… le véritable problème est la peur du développement rampant de l’idéologie salafiste… d’autant que l’image que les Corses ont à l’esprit, est la vision d’une société française où les excès en ce domaine, attitudes et comportements outranciers (école, santé, sport…espaces publics) sont autrement plus importantes, et passent pour être  tolérées, voire admises  par les autorités de tous ordres.. Les conséquences d’une culture issue de l’avancée du Salafisme au sein de la société imposent bon gré mal gré petit à petit de nouvelles valeurs et une nouvelle façon de vivre auxquelles doivent se plier tout un chacun, y compris celles et ceux qui ne sont pas d’accord (1).

Ces comportements ne révèlent nullement une inclination à vivre en bonne harmonie mais relèvent au contraire d’une affirmation agressive, tout autant politique que religieuse, et d’une volonté de « marquer le territoire ».

Nous devons réaffirmer avec force que nous refusons de telles pratiques et comportements discriminatoires et ostentatoires et dire avec force que l’intégration à la Corse, à ses valeurs, à ses traditions passe d’abord par le respect, sinon il faut quitter l’île et aller faire du prosélytisme ailleurs.

Notre refus du racisme, mais aussi du salafisme ou de tout fondamentalisme, l’islam doit rester du domaine de la sphère privée, doivent passer aussi par le respect des Corses, le respect du peuple corse et de ses droits fondamentaux sur sa terre.

(1) Salafisme-France-Une contre-société s’organise-Musulmans: majorité de laïcs, plus1/4 de rigoristes,sondage http://tempsreel.nouvelobs.com/topnews/20160918.AFP7944/musulmans-de-france-une-majorite-de-laics-un-quart-de-rigoristes.html … via @LObs

Les musulmans de France, une population jeune et diverse http://www.lemonde.fr/religions/article/2016/09/18/une-enquete-de-l-ifop-offre-un-portrait-nouveau-des-musulmans-de-france_4999468_1653130.html

PETRU POGGIOLI

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