#Corse @Petru_Poggioli « La question sociale, une réalité cruciale dans l’île »

Plus de 22000 demandeurs d’emploi en mars 2016. En un an, le chômage a augmenté de 13,7 % (Dans l’Hexagone, autour de 10 %).

Les emplois précaires, les stages-impasses, les emplois ¾ temps (grande distribution) le non respect des droits de salariés et de la législation sociale dans le droit du travail, et bien sûr la non corsisation de l’emploi à compétences égales…. sont monnaie courante dans une économie du tout-tourisme où seuls les Tours-opérators et les compagnies Low-coast (l’été bien sûr), voire le BTP (avec sous-traitance à de grands groupes et très peu d’emplois occupés par des locaux, sans compter le nombre d’entreprises, petites ou moyennes non-corses dans ce secteur grâce aux résidences secondaires destinées à la m location ou très peu habitées sur l’année qui poussent comme des champignons) tirent leur épingle du jeu (accentuant la dépendance économique de l’île vis à vis des grands circuits de distribution extérieurs) et où les jeunes Corses ne peuvent plus, quant ils ne sont pas concurrencés par d’autres venus d’ailleurs (France, pays du Maghreb ou de l’Est) dans leur majorité que choisir le chômage, la sous qualification ou le départ ailleurs… et pourtant on nous rabâche les oreilles sur le développement de l’île… Alors à l’heure où les évolutions institutionnelles occupent la une et les débats, n’oublions pas que sans réflexion sur les réalités et les problématiques sociales et sociétales de l’île, débouchant sur des solutions appropriées et adaptées, un accompagnement et leur prise en charge après leur prise en compte, la construction de la Corse de demain ne pourra déboucher sur une société plus juste, plus humaine et surtout plus solidaire entre tous et toutes au sein du peuple corse, avec une plus grande justice sociale et une meilleur répartition des richesses et des bénéfices de notre économie au profit du plus grand nombre…. Et elle ne pourra alors que reconduire, voire accentuer les injustices sociales que nous devons cerner, dénoncer et combattre aujourd’hui

Quelques rappels

Dans les années 1970, alors que se développe un mouvement de contestation dans l’île, et que le problème corse occupe la une de l’actualité, les salariés corses décident de lutter quotidiennement pour l’amélioration de leurs conditions de travail et de leurs salaires. Ils sont au départ regroupés dans des syndicats dits traditionnels et s’inscrivent dans des schémas de lutte et de réflexion découlant des analyses et des actions de mobilisation impulsées à l’échelon national français. Avec la montée en puissance de la contestation en Corse, suite au développement notamment de la lutte clandestine du Front de Libération Nationale de la Corse (FLNC), des adhérents corses de ces syndicats traditionnels veulent impulser la prise en compte par ceux-ci de revendications spécifiques. Ils tentent de les mobiliser autour des thèmes des conditions de travail et d’emplois propres à la Corse, en tirant leurs analyses et leurs prises de position d’une approche spécifique de la situation économique et sociale de l’île.

C’est ainsi que ces pionniers, entraînant à leur suite de nombre de militants autonomistes puis nationalistes, investissent dans un premier temps les syndicats dits traditionnels, surtout la CFDT, réussissant à faire évoluer leurs structures régionales. Celles-ci prennent alors des positions beaucoup plus « politiques » et « originales » en tenant compte de l’élargissement des idées autonomistes puis nationalistes au sein des différentes couches sociales de la société corse.

Au début des années 80, cette stratégie de « l’entrisme » va connaître ses limites et le mouvement nationaliste alors en pleine ascension va en tirer les enseignements. A l’initiative du FLNC, est élaborée la stratégie des contre-pouvoirs politiques, économiques, sociaux, culturels, associatifs et syndicaux. C’est la fin de la politique de « l’entrisme » syndical prôné et encouragé jusqu’alors, et la mise en chantier d’une structure syndicale spécifique de défense des salariés corses.

La création du STC

Le 1er mai 1984, lors du rassemblement d’officialisation du nouveau syndicat, place des Palmiers à Ajaccio, le « Sindicatu di i Travagliadori Corsi », STC, prend la suite des premiers « Associi Naziunalisti » crées dans diverses entreprises, administrations ou secteurs économiques durant les mois précédents et coordonnés au sein de la « Cuncolta di l’Associii Naziunalisti » (CAN). Le nouveau syndicat au fil des années et des luttes sociales, va confirmer une progression constante dans tous les secteurs d’activité de la société corse.

En décembre 2002, arrivé en tête aux élections prud’homales, il devient officiellement le premier syndicat de Corse, confirmant sa place prépondérante dans le paysage social de l’île.

Le STC qui se définit comme un syndicat de classe au sein du mouvement de libération nationale du peuple corse, peut alors dresser un bilan plus que satisfaisant lors de son congrès de 2003 et à l’occasion de la célébration de ses vingt années d’existence en mai 2004. En 2014, u Sindicatu di i Travagliadori Corsi, STC, a confirmé sa première place d’organisation syndicale dans l’île en remportant les élections de la Fonction publique territoriale en Corse

PETRU POGGIOLI
1er mai 2016

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