#Corse @F_Alfonsi « Budget de la CTC La dérive de tout un système »

La session qui a débattu des orientations budgétaires de la CTC a été l’occasion du grand déballage sur la débâcle financière de la Collectivité Territoriale de Corse. Mais le débat n’a pas eu lieu : Paul Giacobbi et plusieurs ténors de son ancienne majorité ont préféré fuir l’hémicycle en se faisant porter pâle.

L’excuse du « lumbago » n’a semblé crédible à personne, ni aux journalistes, ni à la majorité, ni à la droite, ni même aux quelques représentants de son propre groupe qui avaient bravé l’appréhension d’un débat qui ne pouvait que leur être difficile. Dès lors la cause était entendue et les défausses annoncées lors des déclarations faites la veille à la presse ont fait long feu. Non, les factures en attente (100 millions d’euros !) n’étaient pas un simple report de factures de fin d’année, ou d’engagements pluriannuels qui devaient encore être budgétés, mais un long empilement de factures émises pour des dépenses jamais inscrites au budget, et dont il n’existe pas le premier sou pour les honorer.

L’insincérité des budgets est attestée, et pour qui voulait bien ouvrir les yeux, elle était facile à déceler. Mais l’Etat et ses services du contrôle de légalité, la Chambre Régionale des Comptes et ses rapports tronqués, n’ont jamais fait les contrôles approfondis que la situation budgétaire de la Collectivité Territoriale exigeait, car nombreux étaient les signes révélateurs des dérives de la gouvernance « no limit » de l’ancien Exécutif.

La méthode, largement déjà éprouvée au Conseil Général de Haute Corse, est en fait l’expression concrète d’un mode de gestion d’une clientèle électorale avec un seul projet : consolider et garder le pouvoir que l’on détient. A la manœuvre, un cartel de conseillers, bien connus, presque tous anciens du Conseil Général de Haute Corse qui avaient suivi Paul Giacobbi quand il a été élu à la présidence de la CTC.

A la tête d’une gauche éclatée, la trajectoire majoritaire de Paul Giacobbi tenait en deux principes : le débauchage et l’assujettissement. Assujettir les siens pour s’assurer le leadership, débaucher chez les autres pour constituer un socle majoritaire. Ainsi, le Conseil Général 2B avait consolidé sa majorité à la faveur du ralliement de l’essentiel des Conseillers Généraux de droite tous liés à des prébendes du budget départemental. A la Collectivité Territoriale de Corse, même scénario et les résultats dans les urnes des 6 et 13 décembre derniers n’ont pas manqué de confirmer les hypothèses quant à des ralliements qui auraient pu, c’était leur pronostic, déboucher sur la réélection de Paul Giacobbi. Ce que la poussée sans précédent entre les deux tours de la liste nationaliste a rendu impossible.

A partir de là, toute promesse qui consolidait le score électoral de leur leader devenait prioritaire, et le cabinet de la Présidence, par où passaient tous les dossiers de la CTC, n’était en fait qu’un comité de campagne permanent. Les débordements initiaux entraînent ensuite la spirale des dérives toujours plus dépensières. Car une réalité s’impose : sans la réélection du leader, ce sera la débâcle, une situation financière mise à nu, et l’assurance des pires difficultés. Et c’est ce qui advint.

FrancoisAlfonsiObjet d’un désaveu sans précédent, Paul Giacobbi n’est pas la seule victime de ses propres errements. Il entraîne dans sa débâcle ses co-listiers qui n’ont pas tous le profil de l’emploi, et, bien plus grave, la Collectivité Territoriale de Corse toute entière, ses finances, ses services complètement démobilisés par une gestion où tous les critères décisionnels pour tel ou tel dossier étaient ceux de la performance électorale escomptée par le cartel de conseillers, et même la nouvelle majorité qui se trouve dans l’obligation de boucher les trous avant de songer à mettre en œuvre le programme sur lequel elle a été élue.

Sortir la Corse du clanisme pour mettre enfin ses institutions au service du développement, c’est la mission que se sont fixés les nationalistes. Le scandale de la situation financière de l’Assemblée de Corse tel qu’ils l’ont découvert au lendemain de leur élection confirme qu’il s’agit bien là d’une mission de service public. Et qu’eux seuls peuvent réellement la mener.

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