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L’actualité des blogs politiques – Les Jardins de la Corse par U Rinnovu Naziunali

Les événements d’Aiacciu ces derniers jours mettent la Corse sur le devant de la scène et engagent de nouveaux défis.

Pas de zones  » 9-3″

Depuis des décennies, dans certaines zones des banlieues franciliennes, les policiers, les pompiers, les médecins du samu ne sont pas les bienvenus. La société française s’est parfois fragmentée dans des logiques de territoires. « On est chez nous ». Qui est le « on » qui est le « nous » ? Terres de délinquance, terres de deal, terres de prosélytisme islamiste. Tout le monde est choqué , mais il parait que c’est ainsi que va le monde.

Depuis les attentats islamistes en Europe et dans le monde, un courant anti islam parcourt les opinions européennes. C’est un fait.

Depuis longtemps le peuple corse est nié. Il se perçoit bien comme une communauté vivante, mais faute de reconnaissance, de moyens, face aux défis, sa machine intégrative se bloque. C’est un problème politique, dont l’Etat a la clé, mais il refuse de s’en servir.

Depuis quelques années, la Corse se banalise, son art de vivre est confronté aux chocs idéologiques. Le marché est tout, l’individu s’atomise. Où se trouve le collectif, le commun ? Qui est le « on  » qui est le « nous » ?

Depuis quelques mois, les discours de haine contre l’arabe ou le musulman, l’immigrant ancien ou récent alimentent la planète « identitaro je ne sais pas quoi », en particulier sur le net. Tout se brouille.

Depuis quelques jours la Collectivité de Corse est dirigée par des nationalistes. La France pourra donc ressortir sa panoplie de zorro, « une et indivisible ». Ils ne passeront pas, ni les corses natios, ni les djiadistes, ni les lepénistes. Les bobos feront front, alliés au bon peuple, sous la houlette de Barbier, Guaino, Vals, Mélenchon. Et comme de bien entendu en surenchère, les nationalistes français de Marine s’en prendront aux nationalistes corses, et demanderont à ce mou de Hollande d’envoyer les paras pour mater les indigènes. Chance, ils sont déjà à Calvi, sur zone. Paris veille.

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Tous les ingrédients étaient en place.

Une agression odieuse contre les pompiers, la solidarité, la colère, la volonté de faire justice là où l’Etat laisse pourrir.
Et malheureusement, des débordements contre les symboles visibles (salle de prière, kebab) de ceux que les logiques simplistes vont appeler « eux ». Qui est le « eux » ?

Les pompiers sont en Corse un symbole de notre art de vivre, plus qu’ailleurs. Beaucoup de jeunes aspirent à faire ce métier, beaucoup sont pompiers volontaires. Notre mentalité s’y retrouve : goût de l’uniforme, volonté de servir. Un peu un substitut aux vocations militaires d’antan. Les pompiers font partie de notre lien social.
Notre mouvement est naturellement solidaire de leur souffrance et de leur état de « choc culturel » après ce qui s’est passé le 25 décembre.

La Corse ne sera jamais une banlieue française, la preuve, l’opinion corse s’est cabrée dès le premier dérapage important.

Cultivons notre jardin

Comme pour la prise de pouvoir de nationalistes à l’Assemblée de Corse, les élites françaises se sont déchainées. Ce peuple (qui n’existe pas) est un peuple raciste, violent et xénophobe. La boucle est bouclée. Les Corses et leur fameux « repli identitaire », Marine le Pen, Daesh, le Klu KLux Klan, tous ensemble, tous ensemble. Qu’on se le dise dans le monde entier.
Au passage tordons le cou à cette formule creuse qu’on nous présente comme le crucifix à un possédé: le « repli identitaire ». Elle sert à liquider toute volonté pour un peuple toujours colonisé comme le notre de relever la tête. L’identité est un phénomène complexe, mis à mal par la mondialisation, les valeurs marchandes. Et il faudrait ne pas trop en avoir ou bien adopter totalement l’identité française ? On ne comprend pas bien. Cette même identité française (qui a la chance de pouvoir s’appuyer sur un Etat reconnu) il faudrait ne pas trop l’exacerber non plus au nom du libre échange, du dialogue ou du métissage des cultures ? Vive l’individu a-identitaire, comme il y a les asexués. Refusons cette dictature des mots et des concepts martelée par des médias incultes.

Au vu de cette curée médiatique visiblement toute prête et toute formatée, comme celle qui a suivi celle du Jeudi 17 décembre, on ne peut s’empêcher de penser à une manipulation de certains cercles dirigeants. Sans rentrer dans la théorie conspirationniste. Cela fait des années, que l’Etat cherche à faire apparaitre une logique de « communautés » en Corse. Les franco-maghrébins, les français tout court, les Corses, …  » arabacci, sales corses, eux, nous ». L’Etat reprend donc son rôle de « pacificateur » , comme au bon vieux temps des colonies.

Les nationalistes corses doivent refuser ce piège.

La main doit rester tendue vers tous ceux qui , quelque soit leur origine et leur religion, veulent devenir les Corses de demain, partageant notre langue (même si il faut parfois la réapprendre ensemble), notre histoire, nos rêves. Rien n’est obligatoire, mais nous avons nous, un idéal qui est monoculturel. Le multiculturalisme, c’est les ghettos, dans les villes et dans les têtes. Même Angela Merkel reconnait enfin que le multiculturalisme est une erreur pour l’Europe. Pour la France, l’intégration abstraite sur les fameuses « valeurs républicaines » (en fait universelles) est aussi en panne. La Corse est donc condamnée à innover.
En attendant, il est heureux d’entendre des jeunes issus de l’immigration dire: « je suis corse aussi ». C’est le signe qu’ils s’assimilent. Par contre, les looks salafistes barbe carrée et cheveux rasés, les voiles ostentatoires, les réflexes raciaux sont eux un signe d’assimilation aux jardins européens du chaos. A Rome fait comme les romains, disait-on.
Rappelons les devoirs de chacun, la main doit rester ferme envers tous : il y a ici un peuple en danger en quête d’émancipation. Il doit Inventer ses modèles, parler au monde, il doit cultiver son jardin.

INFORINNOVU

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