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Corse – Le défi aux clandestins

Les mots avaient été clairs. A l’endroit de cet agresseur qui, comme les représentants du FLNC l’ont expliqué l’autre dimanche aux journalistes invités à retrouver l’odeur du maquis nocturne, dont celui de 24 Ore, n’a pas  » mesuré la portée et les conséquences  » de son action. Il s’agit évidemment de l’exécution de Charles-Philippe Paoli, fin juin. Il y a longtemps que le mouvement nationaliste n’avait pas été ainsi touché à travers un de ses dirigeants. Défié, en son coeur. Ce qui renvoie des années en arrière. Des années qu’on ne voudrait pas revivre… Faut-il le craindre ? Beaucoup, dans l’île, sont inquiets.

Les services de police sont sur les dents. Mais pas qu’eux. Quand un tel acte intervient, les agressés se posent instinctivement deux questions. Qui ? Et que faire ? Si on a bien compris, les clandestins ont répondu à la première. Une main, celle qui a frappé, identifiée sous le vocable générique « groupe mafieux ».

Dans l’affaire Paoli, 24 Ore avait révélé le 7 juillet un épisode troublant : l’interception manquée d’une équipe armée par les gendarmes, le surlendemain du flingage de Folelli. Cette semaine, confirmant et complètant nos révélations, Le Point – qui s’emmèle au passage dans les dates – apporte un nouvel élément. La police a mis des noms sur les visages des deux fugitifs. Deux noms qui renvoient à l’affaire des cercles de jeu parisiens, secoués par une guerre ouverte pour leur contrôle au sein du grand banditisme corse.

Faut-il lier ces deux évènements, le meurtre de Paoli et cette interception manquée ? En off, certains policiers n’hésitent pas à franchir le pas. Avant la conférence des clandestins, au sein du mouvement nationaliste, les avis étaient très partagés concernant la seconde question : quelle réponse donner à l’agression ? Chacun ayant saisi la gravité du moment.

En effet, ce FLN qui a pris la parole en Castagniccia pour démontrer qu’il existe encore a-t-il les moyens de riposter face à un adversaire déterminé ? Entre le banditisme et les clandestins, le pas de deux est ancien. Les voyous ont longtemps du composer avec un Front puissant. On se souvient comment « le problème » des braquages à répétition des fourgons blindés, avec les années 80, avait été réglé. En avertissant que toute incartade serait facturée au prix fort. De la façon dont les assassins de Guy Orsoni avaient payé leur acte, punis jusque dans un lieu où la toute puissance de l’Etat s’exerce.

Ou encore de l’affrontement de Jean-Michel Rossi et des siens avec certains représentants du grand banditisme, entre Balagne, Var et Alpes-maritimes. On sait aussi comment certaines branches clandestines ont viré dans des activités dont la dimension « politique » n’était qu’un cache-sexe qui ne trompait personne. Cette fois, le rapport de force s’est inversé.

La pacification de la violence politique dans l’île est globalement louée par tous les hommes de bonne volonté. Reste que la criminalité s’est engouffrée dans la brèche. Et c’est elle, aujourd’hui, qui impose sa loi. N’hésitant pas à défier ceux qui étaient autrefois intouchables.

21/07/2011 24 Ore n°310
Par Olivier-Jourdan Roulot

http://24ore.club-corsica.com/le-defi-aux-clandestins_110107.html

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