Corse – Colonna condamné : des zones d’ombres

Après la condamnation d’Yvan Colonna, hier, à la prison à perpétuité, bien des zones d’ombres subsistent : beaucoup d’approximations pour une condamnation maximale. Mais on est en Corse, comme sur un autre continent, avec d’autres habitudes, d’autres traditions.

Pourquoi Yvan Colonna a-t-il juré droit dans les yeux de la veuve du préfet : « Ce n’est pas moi qui ai tué votre mari et je compatis à votre douleur », mais pourquoi n’a-t-il jamais condamné cet assassinat abject d’un homme ?

Pourquoi adjure-t-il ses amis du commando de dire qu’il n’y était pas et dans ce cas pourquoi, s’il est innocent, se réfugie-t-il dans le silence s’il est accusé à tort ?

Et que penser de cette cavale qui s’est éternisée même après qu’a été connue l’arrestation des membres du commando… Un Yvan Colonna totalement étranger au meurtre ne se serait-il pas rendu en sachant que ses amis allaient le disculper des soupçons qui pesaient sur lui ? Sans doute ne le sera-t-on jamais. Car il y a trop de mystères, comme ce coup de théâtre étrangement passé inaperçu et qui livre peut-être la clé de cette sordide affaire où ces hommes s’entre-dénoncent avec d’étranges sous-entendus : une phrase qui est prononcée par Pierre Alessandri, ami de trente ans de Colonna, qui s’est lui-même désigné comme le véritable auteur des tirs et qui, depuis, remâche l’échec de son projet fou.

Ce jour la, l’ami de trente ans déclare : « Aujourd’hui, je veux le dire en face à Yvan. « Quand j’ai fait le choix de la violence clandestine, j’ai espéré qu’Yvan ferait partie du groupe. Pour être cohérent avec son discours, il aurait dû franchir le pas. Il a laissé Ottaviani [NDLR : le chauffeur du groupe] et Maranelli partir au charbon, alors que c’est lui qui aurait dû y aller. » N’importe quel accusé aurait dû sauter sur l’occasion. C’était le signe patent de sa non-participation. Colonna a laissé passer cette occasion. Puis lors du premier procès, il demande à ses comparses de le dédouaner et, de ce fait, de reconnaître qu’ils l’avaient dénoncé. La statue du héros se fissure et la mobilisation faiblit. Puis tout se passe lors de ce dernier procès comme si Colonna, en refusant les témoignages en sa faveur, voulait redevenir le martyr corse de la « raison d’État » et de la « justice française ». Comme si Yvan Colonna, après avoir planifié l’attentat avec les autres membres, s’étant défilé, lui qui était le « chef », voulait se refaire une virginité nationaliste pure et dure. Au prix d’une terrible condamnation qui, au mieux, le fera sortir à 73 ans.

Par Jean-Marcel Bouguereau

Revue de presse – http://www.larepubliquedespyrenees.fr/2011/06/21/colonna-condamne-des-zones-d-ombres,199859.php

Faites passer l’information autours de vous en cliquant sur :

Produit CORSU E RIBELLU

bandeauribelluteeshirt (1)

Produits à partir de 13e

WP2Social Auto Publish Powered By : XYZScripts.com
error: