(Corsicainfurmazione.org, Unità Naziunale, Publié le 3 octobre 2026) Les Jeunes Agriculteurs reviennent sur leur participation à la réunion organisée au ministère de l’Agriculture à Paris après la mobilisation agricole corse.
Ils expliquent avoir accepté de se déplacer malgré l’absence de la ministre, dès lors que ses représentants disposaient d’un mandat leur permettant d’apporter des réponses concrètes, notamment sur le dossier de l’ICHN, considéré comme central dans leur mobilisation. Les JA regrettent cependant que le fonctionnement intersyndical n’ait pas été maintenu lors de cette rencontre : alors qu’ils souhaitaient une discussion commune, les délégations ont finalement été séparées, la FDSEA et les JA étant reçus par le directeur adjoint de cabinet. Ils déplorent également les déclarations laissant entendre que leur délégation n’était pas présente à Paris et souhaitent rétablir ce qu’ils considèrent comme la réalité de leur participation.
Sur le fond, les annonces présentées comprennent notamment un dégrèvement de taxe foncière, un second volet du CASI d’environ 700 000 euros, la prolongation du guichet engrais, 200 000 euros supplémentaires pour le GNR, le maintien de l’ISN pour certaines cultures et des possibilités de prise en charge de cotisations sociales via AGRIDIIFF. Mais les JA estiment que plusieurs revendications propres à la Corse restent sans réponse nouvelle : différentiel de l’ICHN, contrôles ASP, classement sécheresse, nouveaux financements du CASI, infrastructures hydrauliques et prise en compte des spécificités insulaires dans la future PAC. Ils considèrent qu’une partie importante des mesures annoncées était déjà prévue ou décidée au niveau national et appellent désormais à poursuivre le travail collectif sur des réponses concrètes, chiffrées et adaptées à l’agriculture corse.
« Per a nostra Ghjuventù Agricula è per l’agricultura di dumane, tocca à noi d’esse forti è uniti per falla campà. »
Jean Rossi

Le communiqué des Jeunes Agriculteurs : À la suite de la mobilisation du monde agricole corse et de la réunion qui s’est tenue hier au ministère de l’Agriculture, nous souhaitons apporter plusieurs précisions sur les échanges auxquels nous avons participé et sur les annonces qui nous ont été faites.
Nous souhaitons tout d’abord revenir sur les raisons de notre présence à Paris.
À l’issue de la réunion en préfecture, nous avions fait part de notre déception de ne pas pouvoir être reçus directement par la ministre de l’Agriculture. Pour autant, nous n’avions jamais fermé la porte à un déplacement à Paris.
Nous avions indiqué que, si la ministre donnait mandat à ses représentants pour apporter des réponses concrètes et disposer d’une réelle capacité de décision sur les revendications portées par le monde agricole corse, nous prendrions naturellement part à cette rencontre, même en son absence.
Cette possibilité était particulièrement importante concernant l’ICHN, dossier majeur de notre mobilisation, pour lequel des discussions concrètes devaient pouvoir être engagées. La présence de l’ODARC à Paris afin de présenter et d’appuyer techniquement le dossier renforçait également la nécessité de participer à ces échanges.
C’est donc dans cet esprit, avec la volonté d’obtenir des réponses concrètes et de faire avancer les revendications portées ces derniers jours, que nous avons décidé de nous rendre à Paris.
Par ailleurs, cette mobilisation ayant été construite et portée depuis le début dans un cadre intersyndical, il nous semblait essentiel que l’ensemble des organisations puisse prendre part aux discussions et défendre collectivement les revendications du monde agricole corse.
Nous regrettons donc que l’unité qui avait jusqu’ici permis au monde agricole corse de parler d’une seule voix n’ait pas pu être maintenue lors de cette rencontre à Paris.
Malgré notre présence devant le ministère et notre volonté de participer à une réunion commune, les délégations ont finalement été reçues séparément : une partie par le directeur de cabinet du ministre, tandis que la FDSEA et les Jeunes Agriculteurs ont été reçus par le directeur adjoint de cabinet.
Cette organisation des échanges est regrettable, car nous restons convaincus que la force du monde agricole corse réside avant tout dans sa capacité à porter collectivement ses revendications et à défendre d’une seule voix les intérêts de nos exploitants.
Les principales mesures présentées lors de cette réunion sont les suivantes :
• Un dégrèvement de taxe foncière compris entre 350 000 € et 550 000 €.
• Un second volet du CASI, à hauteur d’environ 700 000 €. Cette enveloppe était toutefois déjà prévue, l’État n’ayant initialement débloqué que 66 % de l’enveloppe totale. Elle ne constitue donc pas une enveloppe nouvelle.
• La prolongation du guichet engrais, décidée au niveau national.
• 200 000 € supplémentaires concernant le GNR, également dans le cadre d’une mesure nationale.
• Le maintien de l’ISN pour les cultures impactées et éligibles au dispositif.
• Des possibilités de prise en charge de cotisations sociales dans le cadre du dispositif AGRIDIIFF.
Si ces mesures peuvent apporter un soutien à certaines exploitations, plusieurs points majeurs restent à ce jour sans avancée concrète :
• ICHN : la question de l’écart entre les montants moyens perçus par les exploitants corses et ceux du continent reste entière et devra faire l’objet de discussions approfondies.
• Contrôles ASP : un arrêt total des contrôles n’est pas envisagé, ceux-ci relevant notamment des obligations européennes nécessaires à la sécurisation des financements de la PAC.
• Sécheresse : le classement de l’ensemble de la Corse en zone rouge sécheresse n’a jamais été retenu, ce qui limite les réponses pouvant être apportées sur ce fondement.
• CASI : aucune enveloppe complémentaire ne vient, à ce stade, s’ajouter aux quelque 700 000 € correspondant au second volet déjà prévu.
• Infrastructures hydrauliques : aucun financement complémentaire ni mesure de simplification administrative n’est à ce stade prévu pour accélérer la réalisation des barrages et infrastructures inscrits dans Acqua Nostra 2050.
• Future PAC : toute renégociation reste prématurée tant que l’enveloppe attribuée à la France par l’Union européenne n’est pas connue. Une fois celle-ci arrêtée, la prise en compte des spécificités de l’agriculture corse devra pleinement être portée dans les discussions.
Notre constat à l’issue de cette réunion est clair : une grande partie des dispositifs présentés étaient soit déjà programmés, soit issus de mesures décidées à l’échelle nationale. Sur plusieurs revendications spécifiquement corses qui avaient motivé notre mobilisation, aucune avancée concrète nouvelle n’a, à ce stade, été actée.
Dans un souci de clarté et de transparence, il nous paraît indispensable de revenir sur les conditions de notre présence à Paris. Certaines déclarations publiques intervenues à l’issue des échanges au ministère, notamment lors d’une intervention du président de la Chambre d’agriculture sur Via Stella, ont laissé entendre que notre délégation n’était pas présente à Paris, or les JA et la FDSEA était bien présente.
Il nous paraît dès lors difficile de comprendre que notre absence ait pu être publiquement affirmée alors que notre présence est parfaitement vérifiable. Notre volonté n’est pas d’alimenter une polémique, mais simplement de rétablir les faits.
Cette précision nous paraît nécessaire afin d’éviter toute confusion sur le déroulement de cette journée et de permettre à chacun de disposer d’une information fidèle à la réalité des échanges.
Nous regrettons en effet que le monde agricole corse, après avoir porté collectivement cette mobilisation, n’ait pas pu conserver cette même unité à Paris. C’est précisément cette capacité à dépasser les appartenances syndicales et à parler d’une seule voix qui avait fait la force de notre mobilisation.
Les difficultés auxquelles nous sommes confrontés ne connaissent pas les étiquettes syndicales. L’eau, l’ICHN, la future PAC, les contrôles, les infrastructures hydrauliques ou encore la pérennité économique de nos exploitations concernent l’ensemble des agriculteurs corses.
Notre responsabilité est désormais de poursuivre le travail engagé, de maintenir le dialogue et de continuer à défendre collectivement des réponses concrètes, chiffrées et adaptées aux réalités de notre territoire.
C’est sur ces résultats, et sur eux seuls, que nous souhaitons concentrer notre énergie.
Per a nostra Ghjuventù Agricula è per l’agricultura di dumane, tocca à noi d’esse forti è uniti per falla campà.
