« Jean-Marie Le Pen en faveur de la peine de mort pour les crimes terroristes » #Corse

(Corsicainfurmazione.org, Unità Naziunale, Publié le 13 février 1984) Dans cette intervention télévisée du 13 février 1984, Jean-Marie Le Pen affirme explicitement son opposition à l’abolition de la peine de mort et son souhait de voir celle-ci rétablie et appliquée.

Il rejette notamment l’argument selon lequel la peine capitale ne serait pas dissuasive, estimant qu’elle ne peut l’être lorsqu’elle n’est pas effectivement exécutée. Il dénonce parallèlement ce qu’il présente comme une indulgence excessive envers les criminels et les assassins, qu’il juge particulièrement choquante au regard de la justice.

Le Pen réserve dans cette déclaration le rétablissement de la peine capitale à certains crimes qu’il qualifie d’« ignobles », notamment les assassinats d’enfants, les crimes terroristes et les assassinats de policiers. Il présente alors la peine de mort comme un élément central de l’architecture pénale, allant jusqu’à la qualifier de « clé de voûte » du système. Il conteste également la portée effective des peines de détention les plus lourdes, en affirmant qu’elles ne correspondent plus, dans les faits, à la sévérité des anciennes condamnations capitales.

Son argumentaire dépasse enfin la seule question pénale : il relie l’abolition de la peine de mort à ce qu’il considère comme un affaiblissement des institutions et de la morale publique. Il accuse les dirigeants de ne pas répondre à ce qu’il présente comme une aspiration fondamentale de la population : la recherche de la sécurité, qu’il définit comme « la première des libertés ».

Dissolution du FLNC lors du décret du 5 janvier 1983 – #Corse

Le FLNC dissoult en janvier 1983, considéré comme un mouvement « terroriste »

Le contexte des années 80 avec la CFR/FRancia, les centaines d’actions clandestines du FLNC,  la disparition de Guy Orsoni, L’assassinat de Pierre Massimi secrétaire général du département de la Haute-Corse tué par balle le 20 janvier 1983. La dissolution du FLNC par l’état dans la foulée… ne laissent aucun doute sur qui est ciblé, aussi, dans les « crimes terroristes » par Jean-Marie Le Pen. Propos qu’il aura aussi pendant les présidentielles auxquelles il se présentera plus tard.

À la suite d’une mission effectuée en Corse du 28 février au 1er mars 1984, trois sénateurs — Charles Pasqua (RPR), Roger Boileau (Union centriste) et Jules Faigt (PS) — ont présenté un rapport sur la manière dont FR3-Corse et Radio-Corse FM, deux médias du service public, rendaient compte de l’activité des mouvements séparatistes.

Dans leur rapport, les trois sénateurs constatent une dégradation de la situation politique, économique et sociale en Corse qu’ils attribuent notamment à la pression de mouvements séparatistes ayant « choisi d’imposer leurs idées par le moyen du terrorisme ».

Ils s’intéressent particulièrement à l’ex-FLNC et à l’ex-CCN, présentés dans le rapport comme des mouvements dissous. Ils reprochent aux médias publics de leur accorder une place importante, notamment en diffusant leurs communiqués et en relatant leurs actions. Selon les sénateurs, cette couverture pouvait contribuer à « banaliser la violence » et créer un climat favorable aux activités qu’ils qualifient de subversives.

Le rapport relève notamment que lorsque l’ex-FLNC revendiquait un attentat ou une autre activité subversive, les stations de service public en rendaient compte en indiquant que le communiqué avait été « authentifié par le canal habituel ». Les trois parlementaires considèrent cette pratique comme révélatrice de contacts clandestins avec des personnes appartenant aux milieux séparatistes.

Ils concluent à une forme de complaisance des journalistes du service public à l’égard des activités séparatistes et proposent plusieurs mesures, notamment une modification des règles applicables aux groupes dissous et un encadrement plus précis du traitement médiatique de leurs activités. (Source Le Monde)

Extrait de l’intervention de Jean Marie Lepen dans l’emission d’Antenne 2, l’heure de vérité.

« Je suis partisan de l’application de la peine de mort. Parce qu’un certain nombre d’arguments ont été avancés pour l’abolition de la peine de mort, en particulier celui selon lequel elle ne serait pas dissuasive. Or, en effet, elle n’est pas dissuasive quand elle n’est pas appliquée. Et je considère que la faveur qui est faite actuellement aux criminels, aux assassins, est quelque chose d’extrêmement choquant pour le pays et de choquant pour la justice.

Pour, en tous les cas, les crimes ignobles que sont les assassinats d’enfants, pour les crimes terroristes, pour les assassinats de policiers, je pense qu’il est nécessaire de rétablir la peine de mort. Elle est en quelque sorte la clé de voûte de notre système pénal. Et si elle est supprimée, comme elle est supprimée, et comme sont supprimées d’ailleurs immédiatement derrière elle deux des peines les plus graves du code pénal, c’est-à-dire la détention à perpétuité et la détention même à vingt ans, puisque chacun sait qu’un criminel, un assassin condamné à mort, qui serait exécuté sous l’empire des lois d’autrefois, est aujourd’hui condamné en fait à un enfer que douze ou treize ans.

Ceci est, à mon avis, extrêmement choquant et témoigne, je le pense très sincèrement, de la décadence de nos institutions, de notre morale publique et de l’incapacité des dirigeants de notre société à faire face à l’aspiration la plus fondamentale de notre peuple, qui est l’aspiration à la sécurité, première des libertés. »
Jean Marie Lepen, Antenne 2, l’heure de vérité, 13 février 1984. (source)

Avec Presse, AnTo FpcL

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