(Corsicainfurmazione.org, Unità Naziunale, Publié le 13 septembre 2026) A Manca apporte son soutien aux quelque 70 élus, maires et citoyens réunis le 12 septembre à l’Université de Corte, à l’initiative des maires de Lopigna et de Santa-Reparata-di-Balagna, pour promouvoir et défendre les délibérations municipales favorables à l’instauration d’un statut de résident corse
Pour A Manca, la question du logement et, plus largement, de l’accès à la terre frappe particulièrement le monde du travail et la jeunesse. Le mouvement reprend l’expression de « diaspora de l’intérieur » employée par Marcellu Torracinta pour décrire les familles qui ne parviennent plus à se loger dignement là où elles ont grandi. La spéculation immobilière sur le littoral conduirait ainsi des Corses à devoir s’éloigner des villes et à chercher à se reloger dans les villages voisins, lorsqu’ils en ont encore la possibilité.
Dans cette perspective, A Manca considère le statut de résident comme un outil face au risque de dépossession foncière et pour garantir le droit fondamental au logement. Le mouvement estime que cet outil devra reposer sur la justice sociale et le respect de la « communauté de destin », tout en appelant dès maintenant à en adopter le principe. Il appelle enfin à renforcer l’association par de nombreuses adhésions, en rappelant que la force du combat repose sur sa dimension collective.
Irène Poli

Le com : Sustegnu à i merri aduniti — Campà degni in casa nostra, contr’à u spussessu tarraniu. A Manca porta u so sustegnu à i 70 eletti, merri è citatini aduniti issu 12 di sittembre à l’Università di Corti in risposta à a chjama di u merre di Lopigna è di Santa Riparata di Balagna pà prumove è difende e deliberazione cumunale à prò di un’ statutu di residente corsu. Parlendu di « diaspora de l’intérieur », Marcellu Torracinta discrive di modu ghjustu è cun assai finezza i guai di isse famiglie ch’ùn ci la facenu più à truvà un’appartamentu degnu induv’elle sò crisciute. Sicondu noi, una di e prublematiche chì culpisce più forte u mondu di u travagliu è a ghjuventù hè quella di l’alloghju è di modu generale di l’accessu à a tarra. A Corsica custiera, divintata paradisu di a spiculazione immubiliaria, ùn offre più à i so abbitanti a pussibilità di campà in casa soia è i Corsi si ritrovanu à spessu esiliati in tarra soia, custretti ch’elli sò à alluntanà si di e cità pà circà di stallà si ind’è i paesi vicini, quand’ellu ci hè manera. Di sicuru, u statutu di residente hè un’ arnese da aduprà pà risponde à u piriculu di a spussessione tarrania è à u bisognu fundamentale d’avè un’ tettu sopra u capu. À st’armese li tuccarà à esse arrimbatu nant’à fundamenti di ghjustizia suciale, in u rispettu di a cumunità di destinu, ma, pà avà, ci vole à aduttà ne u principiu. Lampemu una chjama à e donne è à l’omi di u nostru paese primurosi di vede ci campà à l’altri cù dignità da ch’elli rinfurzissinu l’associu cù numarose adesione. Ramintemuci ch’ellu ùn hè forza cà cullettiva A Manca Soutien aux maires réunis — Vivre dignement chez nous, contre la dépossession foncière. A Manca apporte son soutien aux 70 élus, maires et citoyens réunis ce 12 septembre à l’Université de Corte, en réponse à l’appel du maire de Lopigna et de Santa-Reparata-di-Balagne, afin de promouvoir et de défendre les délibérations municipales en faveur d’un statut de résident corse. En parlant de « diaspora de l’intérieur », Marcellu Torracinta décrit justement et avec beaucoup de finesse les difficultés de ces familles qui ne parviennent plus à trouver un appartement digne de ce nom là où elles ont grandi. Selon nous, l’une des problématiques qui touche le plus durement le monde du travail et la jeunesse est celle du logement et, plus généralement, de l’accès à la terre. La Corse littorale, devenue un paradis de la spéculation immobilière, n’offre plus à ses habitants la possibilité de vivre dans leur propre logement, et les Corses se retrouvent souvent exilés sur leur propre terre, contraints de s’éloigner des villes pour essayer de s’installer dans les villages voisins, lorsqu’ils en ont la possibilité. Bien sûr, le statut de résident est un outil à utiliser pour répondre au danger de la dépossession foncière et au besoin fondamental d’avoir un toit au-dessus de sa tête. Cet outil devra être fondé sur des principes de justice sociale, dans le respect de la communauté de destin, mais, pour l’heure, il nous faut en adopter le principe. Nous lançons un appel aux femmes et aux hommes de notre pays qui se préoccupent de nous voir tous vivre dans la dignité, afin qu’ils renforcent l’association par de nombreuses adhésions. Rappelons-nous que nous ne sommes forts que collectivement.
