(Corsicainfurmazione.org, Unità Naziunale, Publié le 9 septembre 2026) À l’approche de la présidentielle française de 2027, A Manca analyse un contexte marqué, selon elle, par la progression des droites réactionnaires et par la diffusion de thèmes tels que le rejet des réfugiés, la stigmatisation des chômeurs et la remise en cause des services publics.
Le texte considère que ces forces ont gagné une partie de l’hégémonie culturelle autrefois détenue par les droites traditionnelles et pourraient favoriser de nouvelles convergences entre droite conservatrice et extrême droite. Face à dix années de politique macroniste, A Manca estime que les classes populaires disposent de peu de perspectives, tandis qu’une partie de la gauche aurait abandonné les intérêts du monde du travail.
Dans ce paysage, l’organisation affirme voir dans LFI et la candidature de Jean-Luc Mélenchon une proposition de justice sociale radicale. Elle souligne également ce qu’elle présente comme une évolution importante de LFI sur la question corse, notamment à travers la défense à l’Assemblée nationale du droit du peuple corse à davantage de droits et du projet d’autonomie adopté en Corse. Sur cette base, A Manca appelle dès maintenant à soutenir et à voter pour ce programme, considérant que le choix d’un projet correspondant aux intérêts des classes populaires et des minorités constituerait déjà une première victoire politique dans les urnes.
Mais A Manca refuse de réduire l’échéance présidentielle à un simple vote de barrage à l’extrême droite. Si elle reconnaît que le danger de l’extrême droite est réel, elle estime que le « vote de témoignage » doit laisser place à un vote d’adhésion à un projet, permettant de modifier les rapports de force. L’organisation insiste parallèlement sur la nécessité des luttes sociales organisées, seules capables selon elle d’empêcher les renoncements et les « trahisons » après une éventuelle victoire électorale. Elle défend ainsi une reconquête sociale fondée notamment sur l’augmentation des salaires, une fiscalité davantage orientée vers les profits du capital, le renforcement des services publics, le droit au logement et des investissements massifs dans la transition écologique. L’élection n’est donc pas présentée comme l’horizon du combat, mais comme l’un des leviers de cette reconquête sociale.
Jean Rossi
Le communiqué : Présidentielles françaises 2027 : du vote LFI à la reconquête sociale. Les élections présidentielles françaises qui auront lieu en avril 2027, soit d’ici sept mois environ, interviennent dans un contexte multiscalaire de dynamique des droites réactionnaires: de l’Amérique de Trump à la Saxe-Anhalt d’Ulrich Siegmund, en passant par l’Italie de Meloni, l’Argentine de Milei ou le Chili de Kast, la haine des réfugiés s’ajoute à celle des chômeurs désignés et stigmatisés tels des « assistés », ainsi qu’au désir de démantèlement systématique de la chose publique. Au fond, les droites radicales ont progressivement conquis une partie de l’hégémonie culturelle autrefois détenue par les droites traditionnelles bourgeoises au pouvoir. Elles en ont également récupéré une partie de l’électorat et des thèmes politiques. Cette évolution peut ouvrir la voie à de nouvelles formes d’alliance entre droite conservatrice et extrême droite ethniciste et xénophobe dont l’histoire européenne fournit plusieurs précédents récents. Dans de telles conditions historiques et après dix années d’écrasement macroniste au nom de la « start-up nation » et d’une politique de l’offre assumée, ne restent aux classes populaires et aux différentes composantes qui forment le monde du travail que bien peu de perspectives. Force est de constater qu’à gauche, dans un marasme affligeant où social libéralisme et écologie politique se détournent et enterrent le prolétariat de 2026, émerge le programme de justice sociale radicale de LFI porté par le candidat Mélenchon. De plus, il est à noter l’évolution considérable et historique de LFI concernant le droit légitime du peuple corse à s’acheminer vers davantage de droits puisque, lors des débats récents à l’Assemblée nationale, ce positionnement politique nouveau et le projet d’autonomie voté en Corse ont été défendus par le mouvement insoumis. C’est pourquoi, tous ces paramètres étant avancés, A Manca appelle d’ores et déjà à soutenir et voter pour ce programme. Effectuer pour la première fois un choix programmatique, celui du projet mieux-disant quant aux intérêts de classe des plus modestes et des minorités de tous ordres, sera une première victoire symbolique dans les urnes. Ne nous y trompons pas, la victoire des couches laborieuses aux élections présidentielles de 2027 ne pourra s’obtenir seulement sur un énième mot d’ordre de barrage antifasciste. Le vote par défaut a vécu et se retrouve usé jusqu’à la corde car celles et ceux qui ne peuvent joindre les deux bouts au quinze du mois, qui subissent aux premières loges le dérèglement climatique et le démantèlement des services publics de santé, d’éducation et plus généralement de proximité, ne sauraient se contenter de faire barrage à une déferlante brune annoncée par les sondages et autres commentaires des prophètes médiatiques en un simple vote de témoignage. Au vote de témoignage doit se substituer un vote d’adhésion afin d’inverser par le choix du projet les rapports de force et ouvrir dès lors des perspectives solides en vue d’un véritable changement de société. Le danger de l’extrême droite est réel, mais sa victoire n’est pas écrite d’avance. Si les rapports de force peuvent commencer à se modifier grâce au vote d’adhésion dans les urnes, il en va de notre intérêt de nous convaincre que seules les luttes sociales organisées dans la rue permettent de ne pas signer de chèque en blanc ou de se prémunir contre les renoncements et les trahisons, dont le tournant de la rigueur de 1983 demeure l’un des exemples historiques les plus saisissants. Tirons donc les leçons de l’histoire et préférons le projet et l’élan de 1981, avant le tournant de 1983 et ses petits matins désenchantés et blêmes. Nous, militantes et militants du droit au bonheur, engagé·es dans les combats contre toutes les formes d’exploitation, devons nous réapproprier nos vies et réaffirmer notre droit à la dignité. Cet impératif passe par des mesures d’ensemble aujourd’hui diabolisées par la pensée économique ultra-libérale de la droite et du centre, mesures nous permettant d’aller trouver l’argent là où il se trouve pour imposer une juste redistribution des richesses qui garantissent au quotidien la pérennité de cette dignité et ce, dans tous les domaines. En augmentant les salaires, en adoptant une fiscalité frappant les profits du capital aux dépens du travail, en réparant par l’investissement les services publics, en priorisant le droit au logement pour toutes et tous, en garantissant la transition écologique par des investissements massifs dans une décarbonation de l’économie, par exemple. Nous ne faisons pas de l’élection l’horizon de notre combat : nous entendons faire du vote un levier parmi d’autres de la reconquête sociale. A Manca
