« Éolien offshore : Fà Populu Inseme pose trois conditions pour la Corse »

(Corsicainfurmazione.org, Unità Naziunale, Publié le 8 septembre 2026) Après le projet ATIS, Fà Populu Inseme s’oppose aux conditions actuelles d’implantation des deux projets éoliens flottants Nurax Wind Power et Poseidon Wind Energy, prévus au nord-est de la Sardaigne, à proximité des Bucchi di Bunifaziu.

Les deux parcs représenteraient 105 éoliennes et 1 470 MW, avec des installations situées entre 57 et 81 kilomètres des côtes corses. Le groupe rappelle que sa position s’inscrit dans la continuité de celle adoptée à l’unanimité par l’Assemblée de Corse concernant ATIS : il ne s’agit pas d’un rejet des énergies renouvelables ni de l’éolien offshore, mais d’une exigence pour que la transition énergétique respecte les territoires et permette aux populations concernées de peser sur les décisions.

La première condition posée est environnementale. Fà Populu Inseme souligne la fragilité des équilibres écologiques des Bucchi di Bunifaziu et les enjeux liés au sanctuaire Pelagos, aux mammifères marins, aux oiseaux migrateurs, à la pêche et à la navigation. Le groupe insiste également sur le caractère protégé de cet espace et sur les démarches engagées entre la Corse et la Sardaigne pour renforcer sa protection à l’échelle transfrontalière. Pour les élus, les projets ne peuvent donc pas être étudiés séparément : leurs conséquences propres et cumulées doivent être évaluées dans une approche globale de l’espace maritime commun.

La deuxième exigence est démocratique et institutionnelle : la Corse doit disposer d’un véritable pouvoir de décision sur les projets susceptibles d’avoir des conséquences durables sur son environnement, ses activités maritimes et ses intérêts énergétiques. Fà Populu Inseme défend ainsi un avis conforme de la Collectivité de Corse, des Régions et des territoires directement concernés. Enfin, le groupe pose une troisième condition, celle du partage de la richesse produite : les territoires qui supportent les infrastructures et leurs contraintes doivent bénéficier directement des retombées économiques, fiscales, énergétiques et en matière d’emplois. La ligne revendiquée est donc claire : la transition énergétique doit se faire « avec, pour et par les territoires », dans une stratégie commune entre Corse et Sardaigne conciliant protection de l’environnement, pouvoir de décision et juste répartition des richesses.

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Le communiqué de 3 pages ; Après le projet ATIS au large du Cap Corse, deux nouveaux projets de parcs éoliens flottants, Nurax Wind Power et Poseidon Wind Energy, sont envisagés au nord-est de la Sardaigne, à proximité des Bucchi di Bunifaziu. Ils représenteraient au total 105 éoliennes flottantes, pour une puissance cumulée de 1 470 MW, avec des installations situées entre 57 et 81 kilomètres des côtes corses. Dans le droit fil de la position que le groupe Fà Populu Inseme a récemment portée – et fait adopter par l’Assemblée de Corse à travers une motion votée à l’unanimité – concernant le projet ATIS, Fà Populu Inseme exprime son opposition à ces projets dans les conditions actuellement envisagées. Notre position n’est pas une opposition de principe aux énergies renouvelables ni à l’éolien offshore. La transition énergétique est indispensable. Cependant, elle ne peut se construire au détriment des territoires, de leur environnement et sans que les peuples directement concernés puissent peser sur les décisions. LA PREMIERE EXIGENCE EST ENVIRONNEMENTALE. Les Bucchi di Bunifaziu constituent un espace maritime exceptionnel, caractérisé par des équilibres écologiques particulièrement sensibles. La proximité du sanctuaire Pelagos, les enjeux concernant les mammifères marins, l’avifaune et les corridors migratoires, la pêche, la navigation, notamment, imposent une vigilance maximale. Les premières procédures italiennes ont d’ailleurs fait apparaître des préoccupations relatives aux routes maritimes, aux oiseaux migrateurs et à la faune sous-marine. Ces projets sont envisagés à proximité des eaux protégées au titre de la Réserve naturelle des Bucchi di Bunifaziu(RNBB), dans un espace maritime reconnu comme particulièrement vulnérable par l’Organisation maritime internationale. Ces reconnaissances ne sont pas de simples labels : elles imposent que tout projet susceptible d’affecter cet ensemble soit examiné avec le plus haut niveau d’exigence, au regard de ses effets propres comme de ses effets cumulés. La RNBB couvre près de 80 000 hectares. Son plan de gestion 2023- 2032 fait de la préservation de la biodiversité et de la connectivité écologique des Bucchi di Bunifaziu des enjeux prioritaires. Son inscription en tant qu’Aire spécialement protégée d’importance méditerranéenne (ASPIM), renouvelée en 2021 dans le cadre de la Convention de Barcelone, renforce la responsabilité collective de préserver cet ensemble au-delà des frontières administratives. Ses équilibres doivent être appréciés à l’échelle de l’unité écologique qu’il constitue, et non au gré de projets examinés isolément. Cette approche transfrontalière a trouvé un prolongement concret avec la signature, le 25 janvier 2024, d’un protocole d’entente entre les institutions corses et sardes et les gestionnaires des principales aires marines protégées. Celui-ci vise la création d’une réserve de biosphère transfrontalière Corse-Sardaigne dans le cadre du programme Man and the Biosphere de l’UNESCO. Laisser progresser l’industrialisation de cet espace sans évaluation globale et transfrontalière contredirait directement cette démarche de protection et l’ambition portée auprès de l’UNESCO. La Corse et la Sardaigne ne sauraient être érigées en modèles dans les dossiers environnementaux, puis traitées comme des territoires sacrifiables au moment des décisions. LA DEUXIEME EXIGENCE EST DEMOCRATIQUE ET INSTITUTIONNELLE. Nous ne pouvons accepter que des projets susceptibles d’avoir des conséquences majeures et durables sur l’environnement, les paysages, les activités maritimes et les intérêts énergétiques de la Corse puissent être décidés sans que la Corse dispose d’un véritable pouvoir de décision. Au-delà de la seule consultation prévue par les procédures transfrontalières, nous défendons le principe d’un avis conforme de la Collectivité de Corse ainsi que des Régions et territoires directement concernés pour tout projet de cette nature susceptible d’avoir un impact significatif sur leur espace maritime et leur environnement. C’est aussi cela, l’autonomie : donner à la Corse les moyens juridiques de décider et de peser réellement sur les choix qui engagent son territoire et son avenir. C’est précisément le constat que nous avions posé concernant ATIS : le cadre institutionnel actuel ne permet pas à la Collectivité de Corse de peser pleinement sur les décisions ayant un impact direct sur son territoire. ENFIN, LA TROISIEME EXIGENCE CONCERNE LE PARTAGE DE LA RICHESSE PRODUITE. Si demain des projets d’énergies renouvelables de grande ampleur devaient être développés dans notre environnement maritime, ils ne pourraient répondre uniquement à des stratégies énergétiques nationales ou aux intérêts économiques de grands opérateurs. Les territoires qui accueillent ces infrastructures, qui en supportent les contraintes et dont les ressources naturelles et maritimes sont mobilisées, doivent bénéficier directement de l’énergie et de la richesse produites : retombées économiques et fiscales, emplois, participation locale, maîtrise énergétique et contribution concrète à la souveraineté énergétique de la Corse et de la Sardaigne. La transition énergétique ne peut reproduire une logique dans laquelle les territoires périphériques supportent les contraintes tandis que la valeur produite est captée ailleurs. Protection de notre environnement, pouvoir de décision des territoires et juste partage des richesses doivent constituer les trois conditions indissociables de toute politique énergétique en Méditerranée. La Corse et la Sardaigne partagent un même espace maritime. Elles doivent pouvoir construire ensemble une stratégie énergétique et environnementale méditerranéenne respectueuse de leurs intérêts, de leurs peuples et de leur patrimoine naturel. Par rapport à ATIS comme aujourd’hui à Nurax et Poseidon, notre ligne est constante : la transition énergétique doit se faire avec, pour et par les territoires. L’eletti di u gruppu Fà Populu Inseme.

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