« Une fresque consacrée à Txomin Olhagaray, militant d’Iparretarrak mort en 1980, dans le viseur du préfet français »

(Corsicainfurmazione.org, Unità Naziunale, publié le 28 aout 2026) À Itsasu, la fresque inaugurée le 23 août sur la façade de la salle Sanoki est devenue le point de confrontation entre la préfecture des Pyrénées-Atlantiques et la municipalité. Le nouveau préfet, Simon Fetet, demande son effacement et a saisi la justice, estimant que l’œuvre rend hommage à Txomin Olhagaray, militant d’Iparretarrak mort en 1980, et qu’elle est incompatible avec l’exigence de neutralité attachée aux bâtiments publics.

La fresque, réalisée à l’initiative de l’association Goooxoan et dont l’emplacement a été validé par la mairie, s’inscrit pour la municipalité dans une démarche de mémoire locale. Elle évoque notamment l’histoire du village et présente Txomin Olhagaray comme un jeune d’Itsasu ayant perdu la vie dans une action militante en faveur du peuple basque. L’œuvre porte également une inscription en langue basque évoquant une « promesse d’un pays libre ».

Le préfet considère au contraire que la fresque célèbre un attentat aux intentions meurtrières et affirme qu’elle pourrait relever d’une qualification pénale. Il invoque également les valeurs de la République et le principe de neutralité des collectivités publiques pour demander au maire son retrait. Il indique avoir saisi les instances judiciaires et précise que la procureure décidera d’éventuelles poursuites.

La mairie d’Itsasu, dirigée par Mizel Hiribarren, n’a pour l’heure pas souhaité répondre publiquement au communiqué préfectoral. Elle rappelle toutefois que la municipalité avait expliqué, au moment de l’inauguration, le sens donné à cette œuvre et son inscription dans une démarche de mémoire liée à l’histoire du village.

Face à la demande préfectorale, Ipeh Antifaxista rejette fermement toute perspective d’effacement. L’organisation considère que les luttes, les conflits et les contradictions de l’histoire politique d’Ipar Euskal Herria appartiennent à la mémoire collective et ne peuvent être supprimés par décision administrative. Pour elle, derrière la question de la neutralité des bâtiments publics se pose celle de la transmission de la mémoire d’un peuple.

À travers sa déclaration, Ipeh Antifaxista affirme ainsi que la mémoire basque ne peut être effacée et entend maintenir vivante l’histoire revendiquée autour de la fresque et de Txomin Olhagaray.

Jean Rossi

CORSICAINFURMAZIONE.ORG
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