« Plus de dix ans après la fin de la lutte armée d’ETA, le parquet espagnol réclame de nouvelles peines dans une affaire déjà jugée »

(Corsicainfurmazione.org, Unità Naziunale, publié le 13 aout 2026) Le parquet de l’Audiencia Nacional espagnole a requis 30 ans de prison contre cinq anciens militants basques, dans le cadre de la réouverture d’un dossier concernant l’assassinat du conseiller municipal du Parti populaire Gregorio Ordóñez, tué à Donostia en 1995. Cette nouvelle procédure intervient alors que plusieurs personnes ont déjà été condamnées pour les faits et que l’Espagne poursuit la réouverture de dossiers anciens liés à ETA, plus d’une décennie après la fin définitive de la lutte armée et le désarmement de l’organisation.

Cette offensive judiciaire intervient dans un contexte où 118 prisonniers basques restent aujourd’hui incarcérés, contre près de 700 dans les années 2000, et où 73 % bénéficient désormais de mesures d’aménagement de peine. Plusieurs détenus ont déjà effectué vingt années de prison ou davantage. La question de leur rapprochement, de l’accès au troisième grade et, plus largement, de la fin progressive des longues incarcérations constitue ainsi l’un des enjeux du processus d’apaisement au Pays Basque.

La réouverture de dossiers déjà jugés vise notamment à rechercher d’éventuelles responsabilités au sein de la direction d’ETA, au-delà des auteurs matériels déjà condamnés. Des décisions récentes ont également remis en cause certains aménagements de peine accordés aux prisonniers basques. Cette évolution judiciaire est critiquée par ceux qui considèrent qu’elle entretient une logique punitive alors que la société civile basque et une partie de la société espagnole souhaitent désormais consolider le processus de paix.

Sans minimiser les violences commises par ETA ni la souffrance des victimes, le débat porte désormais sur la manière de tourner la page d’un conflit qui a profondément marqué le Pays Basque. La reconnaissance de toutes les victimes, la mémoire et l’évolution du statut des prisonniers sont présentées comme des éléments indispensables pour éviter que les nouvelles procédures ne ravivent les tensions. L’objectif affiché est de poursuivre la décrue du nombre de détenus basques et de parvenir, à terme, à une situation compatible avec une paix durable.

Jean Rossi

« Espagne : nouvelle offensive judiciaire contre d’anciens membres d’ETA »

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