(Corsicainfurmazione.org, Unità Naziunale, Publié le 27 aout 2026) Le FLNKS annonce qu’il ne participera pas à la mission « transpartisane » prévue à Paris du 1er au 5 septembre, estimant qu’elle ne repose sur aucun mandat politique partagé. Le mouvement indépendantiste reconnaît l’urgence de la situation économique, sociale et financière de la Nouvelle-Calédonie, mais considère qu’une démarche collective doit d’abord être construite localement, à travers une véritable concertation entre les forces politiques du pays.
Le FLNKS conteste également l’opportunité d’un déplacement présenté comme nécessaire alors que plusieurs réponses financières de l’État seraient déjà engagées et qu’une mission interministérielle travaille depuis plusieurs mois sur la situation calédonienne. Il demande que soient clairement établis les objectifs de la délégation, les engagements recherchés et les éventuelles contreparties avant toute mobilisation d’argent public.
Au-delà de la mission parisienne, le mouvement dénonce surtout ce qu’il considère comme une mise à l’écart régulière des élus indépendantistes dans le fonctionnement des institutions. Pour le FLNKS, cette situation est incompatible avec le principe de collégialité issu de l’Accord de Nouméa : une démarche présentée comme « transpartisane » ne peut, selon lui, être engagée après avoir écarté une partie des représentants politiques des décisions prises en Nouvelle-Calédonie.
Sur le plan économique, le FLNKS appelle l’État à privilégier des financements adaptés plutôt que de nouveaux emprunts, afin de ne pas aggraver une trajectoire d’endettement qu’il juge déjà insoutenable. Le mouvement défend parallèlement la construction d’un modèle économique et social davantage autonome et la mobilisation des ressources propres du pays.
Le FLNKS insiste sur la nécessité de distinguer l’urgence économique et sociale de la question institutionnelle. Pour le mouvement, les difficultés financières ne doivent pas devenir un moyen de pression ou un prétexte pour engager des discussions sur l’avenir politique de la Nouvelle-Calédonie. Tout dialogue institutionnel doit, selon lui, s’inscrire dans la trajectoire de décolonisation issue de l’Accord de Nouméa.
Jean Rossi

Le communiqué de la conférence de presse :
Front de Libération Nationale
Kanak et Socialiste
Kanaky, le mercredi 26 août 2026
INFORMATION PRESSE
Le FLNKS ne participera pas à la mission à Paris sans mandat politique partagé.
Le FLNKS ne participera pas à la mission dite « transpartisane » prévue à Paris du 1er au 5 septembre.
Cette mission devait évoquer avec l’État la situation économique, sociale et financière de la Nouvelle-Calédonie. Elle ne repose pourtant sur aucun mandat politique partagé.
Cette décision ne traduit aucun désintérêt pour les difficultés du pays. Le FLNKS mesure l’urgence : retraites, protection sociale, services publics, redressement économique.
Les élus du FLNKS prennent toute leur part à ce travail. Ils portent des propositions de réformes, de mobilisation de nouvelles ressources et de transformation de notre modèle économique et social.
Mais une démarche transpartisane ne se décrète pas au moment de monter dans l’avion. Elle se construit d’abord en Nouvelle-Calédonie.
Or, aucune concertation politique sérieuse n’a permis de définir collectivement les réformes à défendre, les financements à solliciter, les engagements susceptibles d’être pris devant l’État ni le mandat précis de la délégation.
Un déplacement sans objectifs démontrés ni résultats attendus
Dans sa déclaration de politique générale, le président du gouvernement indique que cette mission doit permettre de défendre la place de la Nouvelle-Calédonie dans le projet de loi de finances pour 2027 et de négocier un nouveau soutien de l’État.
Le FLNKS constate cependant que plusieurs réponses financières immédiates paraissent déjà engagées ou en voie de l’être.
L’État aurait décidé de verser la troisième tranche du PGE. Une solution dérogatoire serait également envisagée pour régulariser les comptes et rétablir un compte administratif conforme au principe de sincérité budgétaire.
Dans ce cadre, la délégation doit dire clairement ce qu’elle va chercher, quelles contreparties elle accepte et quels résultats concrets elle attend.
L’État connaît déjà précisément la situation du pays. Une mission interministérielle travaille depuis plusieurs mois en Nouvelle-Calédonie sur les difficultés économiques, budgétaires et sociales, ainsi que sur les réformes nécessaires.
Ses services suivent quotidiennement la trésorerie, les régimes sociaux et les besoins de financement de la collectivité.
Dans ces conditions, le FLNKS estime indispensable de justifier l’opportunité d’engager plusieurs millions de francs d’argent public pour une délégation importante, sans mandat partagé ni objectifs précisément définis.
La collégialité institutionnelle doit précéder toute démarche transpartisane
Cette mission intervient, rappelons-le, dans un contexte où les indépendantistes, qui représentent près de la moitié de l’électorat calédonien, sont régulièrement tenus à l’écart du fonctionnement des institutions.
La Vice-présidence traditionnellement dévolue à l’opposition, la répartition des secteurs au sein du gouvernement, la désignation des représentants de la Nouvelle-Calédonie dans différents organismes et l’élaboration de la déclaration de politique générale en sont les derniers exemples.
Les membres du FLNKS au sein du gouvernement n’ont pas été associés à la préparation de cette déclaration. Ils n’en ont pas été destinataires avant sa présentation au Congrès.
Le FLNKS rappelle que la collégialité constitue un principe fondamental des institutions issues de l’Accord de Nouméa.
On ne peut pas écarter une partie des élus des décisions prises en Nouvelle-Calédonie, puis invoquer la notion de “transpartisane” lorsqu’il s’agit de partir à Paris.
L’État doit privilégier des réponses adaptées plutôt qu’un nouvel endettement
Dans le cadre institutionnel actuel, l’État doit assumer ses responsabilités et respecter les engagements pris envers la Nouvelle-Calédonie. Pour le FLNKS, la dégradation profonde de la situation du pays est indissociable du rapport de force engagé par l’État.
Les nouveaux soutiens sollicités ne peuvent pas accroître indéfiniment l’endettement de la Nouvelle-Calédonie. Le président du gouvernement le reconnaît lui-même : les prêts ont évité l’effondrement, mais ils ont placé le pays sur une trajectoire devenue insoutenable.
Le FLNKS considère donc que l’accompagnement de l’État doit désormais privilégier des financements adaptés à la situation réelle du pays, plutôt que de nouveaux emprunts qui pèseront durablement sur les générations futures.
Notre responsabilité collective est également de construire ici un modèle économique et social plus autonome, de mobiliser davantage nos propres ressources, de réformer durablement nos régimes sociaux et de sortir progressivement de notre dépendance financière.
C’est sur ces réformes de fond que le FLNKS reste disponible pour travailler avec l’ensemble des forces politiques, économiques et sociales du pays.
Enfin, le FLNKS souhaite être parfaitement clair : cette mission est présentée comme économique, budgétaire et financière. L’avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie n’appartient pas au gouvernement et ne peut être tranché par lui.
L’urgence financière ne doit donc pas servir de prétexte pour engager, directement ou indirectement, des discussions sur l’avenir politique du pays, surtout en l’absence d’un partenaire incontournable.
Le FLNKS demeure disponible pour poursuivre le dialogue sur l’avenir institutionnel de Kanaky-Nouvelle-Calédonie dans un cadre politique clairement défini, respectueux de la trajectoire de décolonisation engagée par l’Accord de Nouméa et des décisions de ses instances.
Sa ligne demeure constante : le FLNKS a rejeté l’accord de Bougival tout en maintenant sa disponibilité pour un véritable dialogue avec l’État.
L’urgence économique et sociale exige des réponses immédiates, transparentes et concrètes. L’avenir politique du pays exige un dialogue distinct, sincère et respectueux de la trajectoire de décolonisation. L’un ne peut ni contourner l’autre, ni être utilisé comme moyen de pression.
FLNKS
