Ghjurnate 2026 – « Le Front international de décolonisation dénonce la politique française et revendique le droit à l’autodétermination »

(Corsicainfurmazione.org, Unità Naziunale, Publié le 10 aout 2026) Réunis à Corte le 7 août 2026 à l’occasion des Ghjurnate Internaziunale et du 50e anniversaire de la création du FLNC, les délégués du Front international de décolonisation (FID) confrontent les situations de leurs différents territoires et affirment observer des mécanismes de domination qu’ils jugent similaires : économie coloniale et prédatrice, chômage et exil des jeunes, spéculation foncière, colonisation de peuplement, désinformation et criminalisation des mouvements de décolonisation.

Le FID estime que ces phénomènes s’accompagnent d’une volonté de l’État français de ne pas reconnaître l’existence politique des peuples concernés. Il cite notamment les accords de Bougival en Kanaky, le processus de Beauvau en Corse ainsi que les discussions engagées en Guyane, en Martinique et en Guadeloupe. Les signataires refusent que ces territoires soient ramenés au statut de simples communautés « insulaires » et revendiquent leur qualité de nations historiquement constituées.

S’appuyant notamment sur les résolutions de l’ONU, dont la résolution 75/123 adoptée en décembre 2020 concernant la quatrième Décennie internationale de l’élimination du colonialisme, le FID annonce vouloir intensifier ses démarches afin de faire inscrire ou réinscrire ses nations sur la liste des territoires à décoloniser. Il affirme ainsi vouloir donner une dimension internationale renforcée à sa stratégie commune, tout en laissant à chaque nation le choix de sa propre voie vers la décolonisation.

La déclaration se termine par un hommage à Jean-Marc Rodriguez, présenté comme l’un des artisans essentiels de la création du FID.

Les signataires saluent son expérience, sa lucidité politique, son intégrité, son sens du dialogue et son engagement en faveur de l’unité des forces d’émancipation. La déclaration est signée par des représentants de la Corse, de la Guadeloupe, de la Guyane, de la Kanaky, de la Martinique, de Mayotte-Comores et de La Réunion.

Jean Rossi

Le texte entier :

FRONT INTERNATIONAL DE DÉCOLONISATION :

DÉCLARATION DE CORTE

 

Réunis en Corse, ce vendredi 7 août, à l’occasion des Journées Internationalistes de Corte qui célèbrent aussi le cinquantième anniversaire de la création du FLNC, les délégués du Front International de Décolonisation ont procédé à un large échange sur la situation respective de chacun de leurs pays.

Ils observent ainsi, en dépit d’inévitables différences liées aux caractéristiques de chacune de nos nations, un schéma identique de soumission de nos peuples :

la perversion d’un système économique colonial et prédateur qui pille nos richesses, génère la cherté de la vie et fabrique un chômage massif qui condamne une partie significative de notre jeunesse à l’exil, aux dérives de toutes natures ou encore au RSA;

la spoliation éhontée de nos terres au profit de la spéculation et d’intérêts extérieurs, souvent avec la complicité de la « justice » française;

la poursuite de la colonisation de peuplement qui vise à nous rendre minoritaires dans nos propres pays;

une désinformation systématique et la criminalisation de l’action des mouvements de décolonisation alors même que l’Etat français criminel, dans la plus totale impunité, exerce des violences inacceptables contre des militant.e.s des mouvements de résistance et décide d’un non lieu dans le scandale de l’empoisonnement à la chlordécone des peuples de Martinique et de Guadeloupe.

Sans préjuger du choix de chacune de nos nations dans sa stratégie de décolonisation, les délégués du FID notent, tant dans les accords de Bougival en Kanaky que dans le processus de Beauvau en Corse ou dans les discussions en cours en Guyane, Martinique et Guadeloupe, une même volonté de l’Etat français de refuser de reconnaître l’existence de nos peuples et de nos nations.

Nos peuples ne sauraient, pour se plier à la vision coloniale de la France et à ses diktats d’une époque révolue, être ramenés au statut de vagues et vulgaires communautés « insulaires ».

Ce sont des nations historiquement constituées qui, à ce titre et conformément au droit international, disposent du droit imprescriptible à l’autodétermination.

En se fondant sur les résolutions de l’ONU, singulièrement sur la 75/123 de décembre 2020 qui proclame la quatrième Décennie internationale de l’élimination du colonialisme (2021-2030), le FID intensifiera son action pour faire inscrire ou réinscrire nos nations sur la liste des pays à décoloniser.

Le FID tient enfin, sur la terre corse pour laquelle il s’est tant battu, à rendre hommage à Jean-Marc RODRIGUEZ, dirigeant de Nazione. Jean-Marc RODRIGUEZ, grâce à sa longue expérience, à sa lucidité politique, à son intégrité, à son sens du dialogue et à sa conscience aiguë de l’urgence de l’unité des forces d’émancipation des dernières colonies, a apporté une contribution essentielle à la création du Front International de Décolonisation. Qu’il en soit remercié. Il a accompli sa part du labeur.

HONNEUR ET RESPECT !

CORTE
Vendredi 7 août 2026

SIGNATAIRES

CORSE: François BENEDETTI (NAZIONE);  GUADELOUPE: Jean-Jacob BICEP (UPLG) FID Guadeloupe (UPLG,PCG,FKNG,CIPN,MIR); GUYANE:
GUYANE : Cindy POLLUX (MDES);  KANAKY :QENEGEI Dimitri (FLNKS);
MARTINIQUE : Francis CAROLE (PALIMA). FID Martinique (CNCP-APAL, MIM, MIR, MODEMAS, PALIMA, PKLS);
MAYOTTE-COMORES : Sania Assoumani (Mabedja Panafricaniste), FID Mayotte (Mabedja Panafricaniste, Comité Mahorais);
RÉUNION : Cédric FAMIBELLE-PRONZOLA (KA UBUNTU)

CORSICAINFURMAZIONE.ORG
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