« Le Tavini Huira’atira réaffirme son combat pour l’indépendance »

(Corsicainfurmazione.org, Unità Naziunale, Publié le 19 juillet 2026) Le Tavini Huira’atira critique sévèrement les prises de position de Moetai Brotherson concernant les relations entre la Polynésie française et l’État français, estimant qu’elles s’éloignent du combat historique pour la pleine souveraineté porté par le parti depuis sa création en 1977 par Oscar Manutahi Temaru.

Le mouvement rappelle que la réinscription de la Polynésie française sur la liste des territoires non autonomes des Nations unies, obtenue en 2013, constitue le fondement juridique et politique de son combat pour la décolonisation. Selon le Tavini Huira’atira, l’État français demeure une puissance administrante soumise à des obligations internationales et ne saurait être considéré comme un « partenaire », comme l’a pourtant affirmé le président du Pays.

Le parti reproche également à Moetai Brotherson de multiplier les déclarations présentant l’indépendance comme une simple étape ou comme un objectif conditionné à des préalables économiques, sans calendrier précis. Pour le Tavini Huira’atira, cette position relève davantage d’une gestion autonomiste que d’une démarche souverainiste conforme au mandat donné par les électeurs en 2023.

Le mouvement estime qu’aucune avancée concrète n’a été obtenue auprès de l’État français en matière de décolonisation et considère que l’action du gouvernement polynésien s’inscrit aujourd’hui dans le cadre classique du statut d’autonomie de 2004, que le parti a toujours dénoncé comme un instrument de maintien de la tutelle coloniale.

Le Tavini Huira’atira appelle ainsi Moetai Brotherson à clarifier publiquement son positionnement politique et l’accuse de mener un combat autonomiste sous des habits indépendantistes. Il réaffirme enfin que la lutte pour la pleine souveraineté de Ma’ohi Nui demeure au cœur de son engagement politique.

Jean Rossi

Le communiqué – Moetai Brotherson et l’État français : L’imposture souverainiste d’un autonomiste Depuis sa fondation en 1977 par M. Oscar Manutahi Temaru, le Tavini Huira’atira porte un combat unique, constant et sans ambiguïté : l’accession du peuple polynésien à la pleine souveraineté. Ce combat a été consacré le 17 mai 2013 par la résolution 67/265 de l’Assemblée générale des Nations Unies, qui a réinscrit la Polynésie française sur la liste des territoires non autonomes à décoloniser au titre de l’article 73 de la Charte. C’est sur ce mandat que le peuple polynésien a porté nos listes à la victoire le 30 avril 2023. Trois ans plus tard, le Tavini Huira’atira est contraint de dresser un constat accablant : les prises de position répétées de M. Moetai Brotherson sur les relations entre l’État français et la Polynésie française ne relèvent pas du combat souverainiste qui l’a fait élire, mais bien d’une gestion autonomiste non assumée, drapée dans un vocabulaire indépendantiste vidé de sa substance. Dès septembre 2023, devant l’Assemblée de la Polynésie française, M. Moetai Brotherson revendiquait avoir « tissé des relations fortes avec l’État », qu’il qualifiait de « partenaire ». Or l’État français n’est actuellement pas un partenaire : il est, au regard du droit international, la puissance administrante d’un territoire à décoloniser, laquelle est débitrice d’obligations envers le peuple polynésien, dont l’organisation d’un processus de décolonisation refusée obstinément depuis 2013. Assimiler la puissance administrante à un partenaire, c’est renoncer au cadre onusien que plus de trois décennies de lutte pacifique et légale du Tavini Huira’atira ont permis d’arracher en 2013. Se déclarant « profondément républicain et démocrate », puis se positionnant en octobre 2025 comme « indépendantiste républicain », M. Moetai Brotherson a inventé une catégorie politique qui n’existe dans aucun texte du Tavini Huira’atira. On ne peut pas, dans le même souffle, se réclamer de la décolonisation d’un peuple et de la République qui le colonise. Cette formule, complaisamment reprise à Paris, n’a qu’une fonction : rassurer l’État français sur le fait que l’indépendance ne viendra pas de M. Moetai Brotherson, et qu’il fera même tout pour l’empêcher. Lors du congrès du Tavini Huira’atira d’avril 2025 à Faa’a, M. Moetai Brotherson s’est ouvertement démarqué des fondamentaux portés par notre président Metua, allant jusqu’à déclarer : « Si le but c’est juste d’atteindre l’indépendance, ça ne m’intéresse pas. » En avril 2026, il précisait ne pas voir l’indépendance « comme une fin en soi », mais comme une simple « étape ». Chaque mois qui passe apporte une nouvelle formule de relativisation : l’indépendance devient conditionnelle, différée, subordonnée à des préalables économiques dont le calendrier n’est jamais fixé, soit exactement le discours attendu par l’État français. Pendant ce temps, aucune avancée concrète n’a été obtenue de l’État français sur l’ouverture d’un dialogue de décolonisation conforme aux résolutions onusiennes. Pire, l’actuel président du Pays se félicite de sa relation avec l’Élysée quand l’État français annonçait amputer de 160 millions d’euros ses engagements budgétaires envers les Outre-mer pour 2026, et continue d’ignorer les travaux de la Quatrième Commission des Nations Unies. Le bilan des relations entre le gouvernement Brotherson et l’État français est celui d’un exécutif autonomiste ordinaire : négociation de conventions, quête de financements étatiques, gestion des transferts de compétences dans le strict cadre de la loi organique du 27 février 2004, ce statut d’autonomie que le Tavini Huira’atira a toujours dénoncé comme instrument de perpétuation de la tutelle coloniale. À aucun moment l’actuel président du Pays n’a mis la question de la décolonisation au centre du rapport de force institutionnel et légal avec Paris. Il en a fait un élément de langage pour les tribunes médiatiques, jamais un objet de négociation ancré dans le réel. Le Tavini Huira’atira dénonce solennellement l’imposture politique de M. Moetai Brotherson envers le combat souverainiste historique du parti. Se réclamer de l’héritage de M. Oscar Manutahi Temaru et des militants qui ont porté légalement la réinscription de la Polynésie française à l’ONU, tout en qualifiant la puissance coloniale de « partenaire » et l’indépendance de simple « étape » sans échéance, c’est trahir la parole donnée au peuple polynésien. Le Tavini Huira’atira appelle M. Moetai Brotherson à un exercice élémentaire de vérité : qu’il reconnaisse devant le peuple polynésien que le combat politique qu’il mène est un combat autonomiste, et qu’il cesse de tromper l’électorat polynésien en se parant des couleurs de la liberté et de la souveraineté. Le peuple polynésien a le droit de savoir qui le gouverne aujourd’hui : un gestionnaire de sa dépendance. Le combat pour la pleine souveraineté de Ma’ohi Nui continue, car il ne s’arrêtera ni aux calculs politiciens d’un homme au service d’intérêts extérieurs, ni aux commodités d’un mandat électoral dévoyé. Tavini Huiraatira

CORSICAINFURMAZIONE.ORG
Retrouvez-nous aussi sur Telegram
Actualités, archives, dossiers historiques et publications relayés directement sur votre téléphone.
Rejoindre le canal Telegram →
bandeauribelluteeshirt (1)

Produits à partir de 13e