(Corsicainfurmazione.org, Unità Naziunale, Publié le 11 juillet 2026) Le mouvement indépendAntiste estime que l’annulation par le Tribunal administratif de Bastia du Plan territorial de prévention et de gestion des déchets constitue un désaveu total de la politique menée par la majorité territoriale.
Selon le mouvement, cette décision met en évidence les insuffisances d’un document qui n’a jamais défini clairement les choix stratégiques de la Corse en matière de traitement des déchets.
Le mouvement reproche à l’Exécutif d’avoir laissé se développer des projets comme le centre de surtri de Monte ou les futures unités de CSR, qu’il juge contraires aux engagements pris depuis 2015, à la maîtrise publique de la gestion des déchets et aux intérêts environnementaux de la Corse.
Pour Nazione, seule une réécriture complète du plan, fondée sur la maîtrise publique, le développement du tri à la source et une fiscalité plus équitable, permettra de sortir de cette impasse. Le mouvement considère enfin que cet échec s’ajoute à d’autres dossiers qu’il juge emblématiques du renoncement de la majorité territoriale et appelle à reconstruire un projet politique recentré sur les revendications nationales.

Le communiqué : 𝘼𝙣𝙣𝙪𝙡𝙖𝙩𝙞𝙤𝙣 𝙙𝙪 « 𝙥𝙡𝙖𝙣 𝙙𝙚́𝙘𝙝𝙚𝙩𝙨 » 𝙙𝙚 𝙡𝙖 𝘾𝙤𝙡𝙡𝙚𝙘𝙩𝙞𝙫𝙞𝙩𝙚́ 𝙙𝙚 𝘾𝙤𝙧𝙨𝙚 : 𝙪𝙣 𝙛𝙞𝙖𝙨𝙘𝙤 𝙥𝙤𝙡𝙞𝙩𝙞𝙦𝙪𝙚 𝙞𝙣𝙩𝙚́𝙜𝙧𝙖𝙡 Ce vendredi 10 juillet, le Tribunal administratif de Bastia a annulé, en sa totalité, le Plan territorial de prévention et de gestion des déchets de la Collectivité de Corse. Cette décision vient malheureusement confirmer la faillite intégrale de la politique menée par la majorité territoriale dans ce dossier et la rédaction totalement bâclée du document. Le plan territorial est censé fixer non seulement les choix politiques des élus de la Corse en matière de gestion des déchets mais aussi des règles claires qui découlent de ces orientations et qui s’appliquent, de façon contraignante, aux différents acteurs de ce secteur (Syvadec, Etat, communautés de communes). Or, la majorité territoriale n’a en aucun cas assumé la compétence qui est la sienne en disant clairement quelles infrastructures de traitement elle souhaitait favoriser (stockage, surtri, CSR, incinération ?), où celles-ci devaient être localisées et quelle devait être leur capacité. Cette absence de choix politiques clairs a d’ailleurs conduit à valider des projets contraires à tous les engagements pris depuis des années par le mouvement national et contraires aux intérêts corses. C’est ainsi que le projet de centre de surtri de Monte a pu suivre son cours au mépris de tous les principes affichés par les majorités territoriales nationalistes depuis 2015. Il s’agit, en effet, d’un projet qui contrevient au principe de maîtrise publique de la gestion des déchets, rempart aux multiples dérives que connaît ce secteur, et qui favorise un modèle industriel générant, certes, du profit pour quelques sociétés mais surtout un coût environnemental et économique pour les Corses. Par ailleurs, l’exécutif de Corse annonçait, il y a quelques semaines, sa « volonté politique » de création d’usines de combustibles solides de récupération (CSR), sans validation préalable par les élus de la Corse. Ces « chaufferies » – dont l’une est notamment prévue à Monte – constituent un mécanisme d’incinération extrêmement décrié comme étant un système coûteux, néfaste pour la santé publique et l’environnement, et incompatible avec une politique de réduction des déchets produits. L’annulation du plan, couplée à la validation des autorisations relatives à la construction de l’usine de Monte, acte donc le fiasco d’une gestion dont les Corses et leur terre paieront l’addition. Seule la réécriture du plan en concrétisant les objectifs de maîtrise publique du traitement, de soutien effectif au tri à la source et de mise en œuvre d’une fiscalité équitable et incitative pourra permettre de sortir de cette impasse. Après l’enterrement de première classe de la compagnie maritime public de transport, la dérive budgétaire, ou encore l’abdication par la Collectivité de son rôle de protecteur des espaces stratégiques agricoles et environnementaux du PADDUC contre la spéculation et la bétonisation, l’échec du plan déchets marque un nouvel abandon des promesses de transformation et de renouveau faites aux Corses au moment de l’accession des nationalistes aux responsabilités. Face à ce constat préoccupant, qui s’ajoute à l’échec annoncé du « Statut de Beauvau » Nazione appelle à redéfinir un projet politique global recentré sur les bases de la revendication nationale. Hè più chè ora !
