« Déchets en Corse : le mouvement indépendentiste voit dans la justice un désaveu de la politique menée depuis vingt ans »

(Corsicainfurmazione.org, Unità Naziunale, Publié le 27 juin 2026) Le mouvement indépendentiste se félicite des conclusions du rapporteur public du Tribunal administratif de Bastia concernant plusieurs dossiers liés à la gestion des déchets en Corse.

Le magistrat a notamment proposé l’annulation du Plan territorial de prévention et de gestion des déchets (PTPGD) de la Collectivité de Corse ainsi que celle du permis de construire du futur centre de surtri de Monte.

Le mouvement rappelle avoir été le seul groupe à voter contre le Plan déchets à l’Assemblée de Corse en juillet 2024, estimant qu’il reposait sur des évaluations insuffisantes et des données incomplètes. Il pointe notamment l’absence d’expertise approfondie sur le volume des déchets ménagers produits en Corse, largement supérieur à la moyenne nationale, le manque de précisions sur les déchets du bâtiment ainsi que les incertitudes entourant le traitement des combustibles solides de récupération (CSR) et leurs conséquences environnementales.

Concernant le projet de Monte, il rappelle s’être mobilisé à plusieurs reprises contre un centre de tri jugé démesuré et coûteux. Le parti souligne également que le terrain concerné est classé en zone agricole et naturelle par la carte communale, tout en s’interrogeant sur l’avis favorable rendu à l’époque par la Commission de préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers (CTPENAF).

Le mouvement salue enfin l’action du collectif « Piaghja di Golu », composé de citoyens et d’agriculteurs de la Marana, estimant que leur mobilisation a permis de faire émerger ce dossier devant la justice administrative.

Core in Fronte dresse un constat sévère de la politique des déchets menée en Corse depuis vingt ans. Selon le mouvement, toutes les majorités territoriales successives, de droite, de gauche comme nationalistes, ont échoué à mettre en place une solution durable, tout comme le Syvadec, dont il demande désormais la dissolution.

Pour sortir de l’impasse, le parti plaide pour un transfert des compétences déchets à la Collectivité de Corse et la mise en œuvre d’un véritable plan de tri à la source, accompagné d’une fiscalité incitative destinée à encourager les bonnes pratiques environnementales.

J.R BALZANO

Le communiqué : Core in Fronte prend acte de plusieurs décisions du rapporteur public, au Tribunal Administratif de Bastia, concernant la question des déchets en Corse. Des recours étaient introduits par plusieurs associations de protection de l’environnement. En premier lieu, la demande d’annulation du Plan Territorial de Prévention et de Gestion des Déchets de la Collectivité de Corse. En juillet 2024, à l’Assemblée de Corse, Core In Fronte avait voté contre ce Plan Déchets proposé par l’Exécutif. Nous avions été les seuls. Dans ce rapport, il y avait un manque fondamental d’expertise sur la situation des déchets. Sur le nombre des DMA (Déchets Ménagers et Assimilés) qui représentaient plus de 700 kg par an et par habitant alors que la moyenne française est autour des 500 kg, avec un tri, tout confondu, à 67% en France contre 41% en Corse. Sur la quantité des déchets du bâtiment qui n’était pas évaluée sur des bases rationnelles. Sur un manque de précisions sur le tonnage annuel prévu en ce qui concernaient les CSR (Combustibles Solides de Récupération) qui peuvent entraîner des polluants comme le REFIOM, qui sont des produits d’épuration des fumées, ou les mâchefers. Le rapporteur a, aussi, proposé l’annulation du permis de construire du centre de surtri de Monte. Le TA doit se prononcer sous 10 jours, sur ce dossier. La commune de Monte possède comme document d’urbanisme, une Carte Communale qui ne prévoyait aucune construction sur le site du centre de surtri. L’endroit était considéré comme une zone agricole et naturelle. La CTPENAF avait donné, de son côté, un avis favorable pour ce centre de surtri, ce qui pose, une nouvelle fois, la question du fonctionnement de cette commission. Core In Fronte s’était mobilisé en mars et juillet 2025 contre la construction du centre de tri, démesuré et couteux, de Monte. Cette demande d’annulation du permis de construire valide, aussi, l’abnégation et la justesse des revendications du collectif “Piaghja di Golu”, qui regroupe des citoyens et des agriculteurs de La Marana. Bravo à eux, sans qui rien n’aurait été possible. Depuis des décennies, la question des déchets en Corse est un véritable serpent de mer, sans solution pérenne. La Corse produit 180 000 tonnes. C’est, à peine, 10% de ce qui est généré par la métropole Aix-Marseille. Cette situation n’est pas, n’est plus, acceptable. Toutes les majorités territoriales ont été en échec, ces 20 dernières années, sur la politique des déchets en Corse : Droite Gauche et Nationaliste. La situation actuelle signe, également, l’échec cuisant du Syvadec. Depuis 25 ans, certains décideurs ont cherché à privilégier une seule hypothèse de valorisation des déchets : Projet d’incinérateur de Ponte Leccia, centres d’enfouissement et, maintenant, les usines de tri. Pour Core In Fronte, il ne peut y avoir de solution unique ou miracle proposée pour le traitement des déchets en Corse. Core In Fronte rappelle quelques unes de ses revendications : Dissolution du Syvadec et transfert de ses compétences à la Collectivité de Corse; Un véritable plan de tri à la source, avec la mise en place d’une fiscalité positive pour les Corses.

#Corse – Déchets : le sentiment d’Agnès Simonpietri de @FemuaCorsica

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