Projet immobilier à Porto-Vecchio : la commune dénonce des « contre-vérités »

(corsicainfurmazione.org, Unità Naziunale, publié le 10 juin 2026) La municipalité de Portivechju répond à une communication de Core in Fronte contestant un permis de construire délivré en juin 2025.

Dans ce communiqué, la commune défend son bilan en matière d’urbanisme, d’agriculture et de logement depuis 2020. Elle rappelle notamment l’élaboration du PLU, la protection de plus de 3 000 hectares d’Espaces Stratégiques Agricoles, la création d’un plan communal de 1 000 résidences principales et diverses mesures destinées à lutter contre la spéculation foncière.

Concernant le projet immobilier visé par Core in Fronte, la municipalité affirme que plusieurs accusations sont inexactes. Elle conteste notamment l’idée qu’un terrain agricole de sept hectares serait menacé par un programme de quarante logements, précisant que le projet concerne une parcelle d’un peu plus d’un hectare.

La commune soutient également que le terrain n’était pas intégralement classé en ESA, que la consultation de la CTPENAF n’était pas obligatoire et que la DREAL n’a pas validé un projet en présence de contraintes environnementales non traitées.

Elle rappelle par ailleurs que la Chambre d’agriculture avait obtenu le reclassement en zone agricole d’une partie importante du secteur concerné, à l’exception de parcelles sur lesquelles des permis avaient déjà été déposés.

Enfin, la municipalité présente ce projet comme une opération portée par des habitants de Porto-Vecchio, destinée à favoriser l’accession à la propriété et le logement à l’année pour des familles locales.

La contre-attaque de Portivechju
La commune réfute les accusations de Core in Fronte


La Ville de Portivechju répond aux critiques formulées par Core in Fronte concernant un projet immobilier autorisé en 2025. La municipalité rejette plusieurs accusations qu’elle qualifie de « contre-vérités » concernant le classement des terrains, le respect des procédures administratives et les enjeux environnementaux. Elle met en avant son action depuis 2020 en faveur du logement principal, de la préservation des terres agricoles et de la lutte contre la spéculation foncière. La commune affirme que le projet concerné est porté par des acteurs locaux et vise à loger des familles du territoire. Elle estime que les critiques n’ont pas été formulées lors des procédures officielles de consultation.

Scrianzatu

 

Le communiqué : EN RÉPONSE À UNE RÉCENTE COMMUNICATION DE CORE IN FRONTE, À CITÀ DI PORTIVECHJU PRÉCISE : Portivechju «capitale du béton», «paradis des résidences secondaires», «haut lieu du tout tourisme»… Ces propos, largement diffusés sur les réseaux sociaux ces dernières heures, sont bien connus des Porto-Vecchiais et de nombreux Corses.

Parfois légitimes, le plus souvent caricaturaux, voire injurieux, ils relèvent pour l’essentiel du passé de notre cité, et de stratégies d’urbanisme ou d’aménagement contre lesquelles notre équipe a été élue. En effet, dès les premiers jours de notre accession aux responsabilités, en 2020, nous matérialisions, en rupture avec les choix des décennies précédentes, l’ensemble de nos engagements en ce domaine :

• Définition et vote à l’unanimité du DOCOBAS (document d’objectif agricole et sylvicole)
• Élaboration d’un PLU sanctuarisant 3027 hectares d’Espaces Stratégiques Agricoles (alors que le PADDUC lui-même en décline 2800)…
• Création et vote, toujours à l’unanimité, d’un premier plan communal de 1000 résidences, à titre exclusivement principal, pour les Porto-Vecchiais,
• Acquisition de près de 15 Millions d’€ de biens fonciers et immobiliers, en vue de les soustraire à la spéculation et de pouvoir déployer notre stratégie,
• Organisation d’une cellule Logement, au sein de notre administration, et d’un CCAS largement dédié à ces sujets…

Sans même évoquer à ce stade : l’implantation d’une régie agricole au PLU arrêté (pour une approbation prévue le mois prochain), la relance de la filière Bois locale avec l’école de Pifanu, la structuration d’accès et de parkings publics sur l’ensemble du littoral, le soutien aux productions fermières incluant la création de la cuisine municipale, la mise en œuvre d’une police environnementale, etc… Ces actions, conjuguées à tant d’autres, ont notamment donné lieu à un acquis essentiel : le mandat 2020-2026 fut le premier, depuis fort longtemps, à générer davantage de résidences principales (près de 75%) que de secondaires, le tout sans PLU. Les Porto-Vecchiais, et c’est bien l’essentiel à nos yeux, ont massivement reconnu (et soutenu) ce bilan, en nous renouvelant leur confiance dès le premier tour des Municipales de mars dernier. Dans ce contexte, une formation politique vient d’exprimer son refus d’un permis de construire, délivré par la Commune en juin 2025, il y a près d’un an. Cette contestation, au demeurant légitime, serait parfaitement acceptable si elle ne venait s’appuyer sur une longue série de contre-vérités et d’approximations.

Quelques exemples ?

«Un terrain agricole de 7 hectares… aujourd’hui menacé par un projet immobilier de 40 logements» : c’est faux. Le terrain d’assiette du projet est d’une superficie légèrement supérieure à un hectare. «Un permis de construire a été accordé alors que le PLU était encore en cours d’élaboration» : c’est faux. Le PLU de Portivechju a été arrêté à l’unanimité par le Conseil municipal le 21 juillet 2024 (soit près d’un an avant la délivrance du permis) et bien que non approuvé, mettait déjà ces parcelles en zone constructible. «Le dossier n’a pas été présenté à la CTPENAF alors que le terrain est classé en ESA, ce qui est pourtant obligatoire» : c’est faux. La totalité des parcelles n’était pas classée en ESA et, au surplus, aucun texte n’impose la consultation de la CTPENAF au seul motif de la présence d’un ESA. «La DREAL a rendu un avis favorable malgré la présence recensée de 170 tortues d’Hermann et l’existence d’une zone humide sur ce site» : c’est faux. La concertation, en dépit du fait que le permis ait été délivré, demeure pendante avec l’ensemble des services concernés. À notre tour, nous aurions quelques questions, autrement plus sérieuses :
• Pourquoi n’avoir exprimé aucune de ces réserves (ou d’autres encore) lors de l’enquête publique, comme des centaines de Porto-Vecchiais ?
• Pourquoi avoir choisi de ne pas introduire de recours, même gracieux, durant la période d’affichage et de purge du permis de construire ?
• Pourquoi ne pas avoir sollicité de rendez-vous en mairie pour l’aborder avec nos services, ou nos élus, comme des milliers de nos concitoyens l’ont fait ?
Et pourquoi ne pas préciser cette donnée fondamentale : alors que le PLU arrêté prévoyait, parce que situées en agglomération, que davantage de parcelles de ce secteur soient classées en zone constructible, la Chambre d’agriculture s’est manifestée en ces termes lors de l’enquête publique :
«La zone 1AUB est déclarée exploitée par l’un de nos ressortissants sur près de 7,7 hectares. En outre, 3,7 hectares d’ESA du PADDUC sont identifiés au sein de la zone. Demande de retrait de cette zone.» La Commune a alors décidé de retirer ces parcelles de la zone constructible et de les classer en agricoles (A), à l’exception de celles, minoritaires et en limite de voirie, sur lesquelles des permis de construire avaient déjà été déposés. Pourquoi dans ce cas nous accuser, à tort, du contraire ? Pour conclure, parlons du projet lui-même… Porté par des Porto-Vecchiais, sur la parcelle d’une famille historique de la ville, financé par une banque locale et non par des capitaux extérieurs ou des fonds spéculatifs, il a donné lieu à de longs mois d’échanges avec notre cellule Logement. Il consacre au final, d’une façon très nette (et non déclarative, mais dûment conventionnée) l’accession à la propriété et le logement à l’année. Il permettra de loger des familles du territoire, de jeunes salariés, des Porto-Vecchiais en attente d’un véritable projet de vie.

À Portivechju, beaucoup connaissent, et depuis longtemps, les véritables dessous de ce dossier. Aussi, après avoir fourni l’ensemble de ces explications, nous nous en remettons à l’intelligence collective et laissons, comme à l’accoutumée, les Porto-Vecchiais et le peuple corse seuls juges.

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